AMEN. (2001)

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FILM DE : Costa-Gavras
PAYS : FRANCE
GENRE : Historique, drame
AVEC : Ulrich Tukur, Mathieu Kassovitz, Ulrich Mühe, Michel Duchaussoy, Ion Caramitru, Marcel Iures, Sebastian Koch…
MUSIQUE : Armand Amar

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SYNOPSIS : 1942, Allemagne, Kurt Gerstein est un chimiste officier de la Schutzsaffel (SS) il est spécialisé dans la désinfection et invente un système rendant potable une eau boueuse. Il cherche aussi à combattre le typhus qui fait des ravages dans les « camps de prisonniers » allemands. La waffen SS fait appel à lui pour, lui dit-on nettoyer les baraquements des germes de typhus. Il utilise des cristaux de cyanure de potassium. Jusqu’au jour ou dans un camp de concentration de Pologne on lui montre la réalité du « nettoyage ». Les juifs sont assassinés par centaines par le gaz toxiques dégagé. Il lui est demandé de créer un gaz qui soit plus efficace car le rendement doit être de 10 000 par jour et par camp. Il faut donc tuer plus vite (abréger l’agonie) et permettre d’évacuer les corps des baraquements plus vite aussi. Kurt Gerstein ne peut se tourner vers sa religion (qui est le protestantisme) coupable d’approuver la politique nazie. Affolé il cherche à faire savoir ce qui se passe dans les camps de concentration. Il contacte en vain un attaché d’ambassade de Suède. Puis à la nonciature du Pape à Berlin où il se fait éconduire. Mais un vicaire jésuite Riccardo Fontana croit ce qu’il dit et lui promet d’en parler au Pape en personne, son père étant haut fonctionnaire au Vatican et proche de Pie XII. Mais le Pape est isolé par un entourage trop heureux que Hitler fasse la guerre aux bolchéviques. Il ne saisit donc pas la demande de Riccardo Fontana. Ce n’est que quand les juifs romains sont raflés que Pie XII demande des comptes et l’arrêt des atrocités mais il est bien trop tard. Les camps de concentration sont au maximum de leur rendement…

CRITIQUE : Costa-Gavras a adapté une pièce de théâtre « Le vicaire » de Rolf Hochhuth qui en son temps (1963) a déja fait beaucoup pour ternir l’image du Vatican du Pape et de ses fonctionnaires. Costa-Gavras coupe des scènes par-ci en rajoute par-là et permet au film de mieux appréhender le fonctionnement autiste de la cité vaticane durant l’extermination des juifs dans les camps polonais. Certes le film ne décrit pas une réalité historique stricte. Kurt Gerstein n’est jamais allé à Rome pour voir le pape. Le prêtre Riccardo Fontana est un personnage qu’il n’a sûrement jamais fréquenté, ainsi que le médecin SS. Mais ces personnages permettent au réalisateur de pénétrer au Vatican et d’y voir alors la politique définie: celle de l’autruche. Le film nous montre sans cesse des trains de marchandises vides ou pleins qui participent à l’infernal anéantissement. Cette scansion jalonne les divers échecs de Kurt Gerstein et de Riccardo Fontana dans leur entreprise de mettre au grand jour l’holocauste. Costa-Gavras ne nous abreuve pas d’images choc en ne filmant pas dans les baraquements le passage du gaz, sachant que le spectateur a pu voir cela dans d’autres films et aussi qu’il est très difficile de filmer l’impensable, et l’ignoble tâche nazie.

Ulrich Tukur est particulièrement bon et convaincant dans le personnage de ce membre de la SS qui joue un double jeu en restant dans le système et en participant malgré tout à ce qui lui fait horreur et qu’il cherche à dénoncer. Ulrich Müheest formidable en médecin nazi qui s’accommode de tout, n’empêche rien, et finit protégé par l’église catholique. André Duchaussoy est magnifique en cardinal obnubilé par la menace bolchévique et donneur de leçons diplomatiques atterrantes. Petit bémol pour Mathieu Kassovitz peut-être un peu tendre pour son rôle. Quant à la musique de Armand Amar elle donne une vraie plus value au film de Costa-Gavras faisant ressentir la machine inéxorable qui anéantit un peuple.

Voir aussi http://www.grignoux.be/dossiers/153/#question10

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE : Noël 1943 Le Pape doit prononcer un discours dans lequel il devrait dénoncer l’extermination des juifs dans les camps de concentrations de Pologne. Kurt Gerstein a chez lui des invités nazis convaincus et dans sa cuisine le jésuite Riccardo Fontana secrétaire du nonce de Berlin devant le poste de TSF. Il doit user de mille ruses pour pouvoir suivre le discours papal…

NOTE : 16/20

L’ANECDOTE : L’affiche signée Oliviero Toscani, photographe et publicitaire, a fait grand scandale. En effet elle prolonge la croix chrétienne en forme de croix gammée nazie. Le film aussi a beaucoup choqué dans les milieux catholiques pour son propos.

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