Synopsis

Rome début des années 1970, le juge Mariano Bonifazi achève un dossier immobilier par la destruction d’un immeuble inachevé, quand le dossier de Silvana Lazzorini, une jeune fille suicidée lui parvient. Après avoir reçu ses parents. Il est convaincu que Silvana Lazzorini vivait de ses charmes vendus à de riches industriels, parmi lesquels Lorenzo Santenocito un puissant industriel, pollueur de l’environnement, et grand corrupteur dont le passe temps favori, outre de tromper sa femme, est de prendre les jeunes auto-stoppeur à bord de sa Maserati et de les accabler en paroles pour leur fainéantise, leur idéalisme gauchiste et leur accoutrement de beatniks…

CRITIQUE

On peut dire qu’avec ce film Dino Risi et ses deux magistraux scénaristes Agenore Incrocci et Furio Scarpelli (Age & Scarpelli) font montre d’une vista incroyable. L’Italie berlusconienne est déjà disséquée avec ses grands capitaines de l’industrie et de la finance, arrogants et tout puissants qui jouent au chat et à la souris avec la justice, une corruption généralisée, et un abrutissement des masses notamment avec le football.

« Au nom du peuple italien » (« In nome del popolo italiano« ) nous permet d’entrevoir déjà les party’s qui finissent en Bunga-bunga, les montages financiers alambiqués qui facilitent les évasions fiscales, les finasseries juridiques pour échapper à une éventuelle justice, et aussi les futures opérations « Mani pulite » et « Tagentopoli » qui seront menées par les juges Antonio di Pietro et Gherardo Colombo.

Dino Risi et ses scénaristes, malins, font de cet arrogant personnage de Santenocito un innocent, et donnent à l’ultime scène du film une dimension politique et philosophique assez vertigineuse : Doit-on laisser courir un tel personnage qui se fout de l’Italie et des italiens et ne s’intéresse qu’à sa propre personne, corrompant tout ce qu’il touche? Doit-on l’arrêter par tous les moyens, même les moins reluisants?

Dino Risi embauche Vittorio Gassman « il mattatore » et Ugo Tognazzi  tous deux rois de la comédie à l’italienne qui avaient été brillantissimes dans « Les monstres » (« I mostri« ) du même Dino Risi.
Ugo Tognazzi joue un personnage un peu terne et peu exubérant ( ce qui est attendu de la part d’un juge d’instruction) en contraste avec celui grande gueule de Vittorio Gassman qui éructe des paroles alambiquées et absconses pour signifier son désaccord avec la justice. Son goût du déguisement est assouvi dans la scène de liesse après le match de football. Du grand Gassman.

Carlo Rustichelli signe une musique goguenarde basée sur un seul thème décliné en plusieurs orchestrations.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

La scène de liesse populaire après le match de football où des supporters dégénérés viennent exulter dans la rue, et qui permet au juge Bonifazi d’entrevoir une Italie peuplée de sans-gênes et de néo fascistes qui ont tous la tête de l’arrogant et insolent Lorenzo Santenocito.

L’ANECDOTE

Dino Risi (1916-2008) avant de devenir un des maîtres de la comédie transalpine a débuté en tournant une grosse vingtaine de documentaires et de courts métrages avant de signer son premier long métrage pour grand écran en 1952.

NOTE : 15/20

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