Synopsis

Italie, petite ville de Vénétie (apparemment Trévise), une poignée de bourgeois vont faire la fête. Mais chacun a des arrières pensées sexuelles. Toni Gasparini réputé pour ses multiples frasques arrive en pleurs au cabinet de son ami le docteur Castellan (qui a une bien belle et bien jeune femme) et se plaint qu’il est devenu impuissant. Celui-ci tout en se préparant pour la fête, tente de rassurer Gasparini au milieu de quelques fous-rire. Mais rira bien qui rira le dernier…

CRITIQUE

Age & Scarpelli associés à Luciano Vincenzoni et Pietro Germi, sortent les flingues et tirent sur tout ce qui bouge dans la petite et moyenne bourgeoisie d’une ville de la Vénétie.

La comédie de mœurs est épicée jusqu’à l’amertume. Ces bonnes gens ne pensent qu’à s’amuser des déboires sentimentaux et sexuels de leurs amis.
Ils n’hésitent pas à se cocufier entre eux, ou bien à se refiler les uns les autres, une paysanne encore mineure venue faire quelques emplettes.

endant que les maris courent le jupon, les femmes caquettent ou se plaignent de leur sort aux représentants de l’église. Et quand un homme tyrannisé par sa femme, se jette dans les bras d’une caissière de boulangerie, la ville rejette le couple illégitime jusqu’au retour penaud du mari au foyer où l’attend une vie des plus morose.

Film très corrosif mais hilarant de bout en bout.
Seuls les italiens sont capables d’une telle méchanceté envers eux mêmes. En France les auteurs se regardent le nombril et font des films dépressifs, et le spectateur s’y ennuie ferme.
En Italie, ils croquent la société avec sévérité. Ils la caricaturent: les hommes sont tous veules et sexuellement obsédés, la justice n’est qu’une parodie, les journaux sont à la solde de leurs financiers, les lettres anonymes circulent largement de main en main, l’église met son nez là où elle ne devrait pas et l’honneur se lave à coups de millions de lires qui ne tarderont pas à être dévaluées.

Cet assemblage de consternations et de jubilations que nous restituent les films de la comédie à l’italienne sont de purs moment de félicité.
Pietro Germi maîtrise parfaitement sa réalisation et son montage. Le grand nombre de personnages aurait pu noyer le spectateur, ce n’est pas le cas.
Les acteurs sont tous épatants, Gastone Moschin, en homme brimé par sa femme est sensationnel.
Virna Lisi est resplendissante.

Belle ritournelle de Carlo Rustichelli musicien attitré de Pietro Germi. On y entend les ragots de plus en plus énormes circuler sur la place centrale de la ville et se propager dans tous les foyers.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

La plupart de ces messieurs sont accusés de corruption et détournement de mineure. Après avoir tenté de nier, puis de minimiser les faits, la déposition de l’accusé Lino Benedetti s’avère catastrophique et le procès s’annonce terrible pour tous. La très catholique et cocue Ippolita Gasparini prend les choses en main et somme à chacun de se délester de 2 millions de lires. Elle se rend chez le père de la jeune Alda et va payer son père pour qu’il cesse les poursuites, quitte à être lui, poursuivi pour fausses accusations. Il prendra 5 millions ainsi que la vertu de la bourgeoise. Olga Villi grandiose!

L’ANECDOTE

Le film reçoit le Grand Prix du festival de Cannes (la palme d’or n’existait pas encore) ex-aequo avec « Un homme et une femme » de Claude Lelouch.

NOTE : 17/20

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