Synopsis

Palerme fin des années 1970 le procès du mafioso Vito Garagno s’ouvre. Sa trajectoire des années 1950 à son arrestation, et de la misère à la violence pour arriver au pouvoir au sein de la mafia dans la ville de Corleone est retracée. Jeune il était l’ami Michele Labruzzo. Ce dernier face à la misère s’est engagé dans la lutte avec le parti communiste. Vito Garagno a choisi de survivre à l’ombre de Don Giusto Provenzano riche propriétaire et un des chef de la mafia sicilienne. Tous deux aiment la belle Rosa Accordino…

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CRITIQUE 

Pasquale Squitieri a dans un style plus spectaculaire que celui de Francesco Rosi, tourné quelques grands films anti-mafia. Notamment « L’affaire Mori » (« Il prefetto di ferro« ) (1977) sur la lutte contre la mafia durant le régime de Mussolini.

Avec ce film le réalisateur et ses scénaristes changent de point de vue. Plutôt que de voir la mafia du côté de la police, le film se déroule du point de vue de celle-ci.
Le film est librement inspiré d’un roman de Orazio Barrese « I complici ».

Pasquale Squitieri conserve son acteur principal Giulianno Gemma qui avait été excellent dans le rôle du préfet de police Cesare Mori, et lui fait interpréter cette fois un homme qui va se hisser au sein de la mafia palermitaine par la violence.

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Film qui en creux semble faire référence à l’ascension irrésistible d’un certain Salvatore « Toto » Riina, corléonais sans foi ni loi (même pas celle de Cosa Nostra), et qui a débuté son ascension durant les mêmes années que celles décrites dans le film. Ce parallèle est assez saisissant pour qui s’intéresse à l’histoire mafieuse sicilienne. Mais il s’arrête à l’ascension.

Pasquale Squitieri filme avec un véritable sens de l’image la violence. Mais le film manque de réflexion, et reste une illustration (certes inspirée visuellement) de la mafia en Sicile.

Le film nous montre l’arrivée de l’industrie du bâtiment dans le blanchiment de l’argent de la mafia, il suggère l’internationalisation de la pieuvre par les accords avec la mafia de New York et Chicago.

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Mais la ou Francesco Rosi avec « Main basse sur la ville » (1963)  et « Cadavres exquis » (1976) réussissait à poser intellectuellement les méfaits mafieux et Damiano Damiani avec « Confession d’un commissaire de police au procureur de la République » (1971) et « Perchè si uccide un magistrato » (1975), la difficulté pour la police et la justice de confondre les membres de la mafia, Pasquale Squitieri ne fait qu’illustrer ce que l’on peut deviner du parcours d’un paysan misérable qui a décidé de se hisser au-dessus des autres par la violence.

Si Giuliano Gemma est tout à fait crédible, on peut regretter la présence quasi anecdotique de Claudia Cardinale (pourtant mariée au réalisateur). Seule sa scène finale lui permet de montrer son talent.

La musique de Ennio Morricone est magnifique de mélancolie notamment le morceau intitulé « Addio a Palermo ». Il s’affranchit des instruments qu’il avait lui-même imposés dans l’imaginaire de la musique mafieuse à savoir la guimbarde (« Le clan des siciliens« ) (1969) et la mandoline (« Gente di rispetto« ) (1975) pour en revenir à une orchestration plus classique.
Le morceau « Corleone » est une marche lente et mortuaire où les basses ont une prépondérance sur l’orchestre, et le piano n’est pas instrument soliste et mélodique mais plutôt percussionniste.

En cette année 1978 ce stakhanoviste de génie illustre pas moins de 9 films et trois séries télévisées.

 

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LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Ouverture du film dans la cour intérieur du palais de justice sous la pluie. Magnifiques images illustrées par la musique tout aussi sublime du maestro Ennio Morricone.

L’ANECDOTE

De 1972 à 1985 Pasquale Squitieri a tourné l’essentiel de sa filmographie basée sur la mafia : « Camorra » (1972), « Lucia et les gouapes » (1974), « L’ambitieux » (1975), « L’affaire Mori » (1977), « Corleone » (1978), et « Il pentito » (1985).

NOTE : 13/20

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