Synopsis

New York années 1990, Sean Casey est un jeune homme de 33 ans qui a déjà un passé de flic dans la rue. Il décide de s’orienter dans les métiers de la justice et devenir substitut du procureur. L’arrestation manquée d’un dealer dans Harlem, durant laquelle son père flic est grièvement blessé, et trois autres policiers meurent, le propulse directement dans les hautes sphères comme bras droit du procureur. Il est chargé de mener l’accusation publique contre le dealer qui a négocié son arrestation. Le procès se déroule bien. Sean Casey parvient à faire condamner l’assassin de plus d’un siècle de prison. Mais ce dernier a fait des révélations troublantes à propos de pots de vins qui circuleraient dans trois commissariats de New York. D’autant que quelques temps plus tard on repêche le corps du supposé porteur de valises de billets. L’avocat du dealer prend rendez-vous avec Sean Casey et lui exhorte de mener une enquête des plus sérieuse sur la corruption policière dans les trois commissariats dénommés…

CRITIQUE

Dernier film sur le sujet favori de Sidney Lumet: La corruption dans les institutions policières et judiciaires.

Après « Serpico » (1973), « Le prince de New York » (« Prince of the city« ) (1981), « Le verdict » (« The verdict« ) (1982), « Contre-enquête » (« Q & A« ) voici donc « Dans l’ombre de Manhattan » une adaptation du roman de Robert Daley « Tainted evidence ». L’ascension foudroyante d’un fils de policier dans le système judiciaire.
Mais celui-ci se veut incorruptible et il s’aperçoit qu’il est impossible de rester un chevalier blanc dans l’ombre de Manhattan. Il faut à un moment donné pour des raisons personnelles ou professionnelles faire un compromis, passer un marché, faire un « échange de bons procédés ». L’essentiel étant que l’on ne soit pas trop redevable envers qui nous aura rendu un service, et pouvoir refuser une compromission future.

Film remarquable une fois de plus de la part de Sidney Lumet (1924-2011) qui est comme un poisson dans l’eau avec les sujets qui touchent les institutions américaines et leur supposée corruption. Il l’est beaucoup moins dans la comédie ou le drame psychologique.
Mais le personnage principal finit par se corrompre pour obtenir une bonne justice à ses yeux. Lumet interroge donc le spectateur sur l’acceptation de la corruption qui permet d’obtenir une meilleure justice, plutôt qu’une raideur incorruptible qui broie l’être humain.

Il bénéficie d’un casting impeccable.
James Gandolfini, Ian Holm, Ron Leibman sont vraiment excellents.
Andy Garcia et Richard Dreyfuss sont saisissants d’humanité et permettent au réalisateur d’appuyer son discours sur le fonctionnement d’une démocratie lorsque certains rouages sont soumis à la corruption.
Le personnage de Lena Olin est un peu sacrifié mais il faut bien que le film conserve un rythme et rajouter des scènes entre Andy Garcia et elle auraient sûrement alourdi le film.

Bonne musique mélancolique de Mark Isham.
Et superbe générique de début où des traits verticaux de pinceaux finissent par lentement faire apparaître le Manhattan avec ses tours jumelles du World Trade Center aujourd’hui disparues sous les attentats du 11 septembre 2001.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Le repas chez le père de Sean Casey avec père, fils et Joey Allegretto coéquipier de Liam Casey où Joey avoue avoir trempé dans le meurtre prémédité du dealer pour avoir refusé de payer la police. Et son père de lui avouer que son mandat d’arrêt contre le dealer n’était pas valable. Et que donc les deux coéquipiers se sont parjurés lors du procès du dealer. Stupéfiant!

L’ANECDOTE

Entre le film « L’associé du diable » (« Guilty as sin« ) (1993) et « Dans l’ombre de Manhattan« , Sidney Lumet (1924-2011) a écrit un livre « making movies » dans lequel il raconte se souvenirs et donne aussi des conseils techniques sur la réalisation. Livre très prisé dans le milieu du cinéma outre atlantique.

NOTE : 16/20

Video & Photo

1 videos 11 photos

Write a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *