Synopsis

Années 1950, Andrea la cinquantaine, est conducteur de train. Le soir de Noël, en sortant du travail, avec son ami Gigi, il va au bar pour boire. Au foyer sa famille l’attend. Sa fille enceinte tard dans la soirée a un malaise. Toute la maisonnée quitte précipitamment l’appartement. Quand Andrea rentre il ne trouve personne chez lui. L’enfant est mort né. Peu de temps après lors d’un trajet Andrea accroche avec sa locomotive un suicidé. Puis en rentrant en gare, perturbé, il manque un feu et parvient à éviter in extremis un accident ferroviaire entre deux trains. Sa réputation d’alcoolique lui coûtera son poste…

CRITIQUE

Pietro Germi avec son scénariste Luciano Vincenzoni fait un magnifique portrait de la classe ouvrière dans une Italie qui commence à sortir du marasme de la seconde guerre mondiale.

Et c’est au niveau des mœurs que les changements sont les plus marquants. La fille n’hésitant pas à rejeter un mari qui lui avait été imposé. Le machiniste de trains boit et lors d’une grève, décide travailler malgré tout, pour faire rentrer l’argent dans le foyer. Cette vision de la classe ouvrière ne plaira pas du tout à la critique de gauche. Et Pietro Germi sera boudé par cette intelligentsia.

Pourtant Le réalisateur qui s’offre le premier rôle, fait un portrait sensible de cet homme qui voit le monde bouger autour de lui et qui ne sait comment se raccrocher aux wagons. Pietro Germi ne fait pas un film manichéen sur l’alcool.
Il fait un film sur la classe ouvrière. Avec de belles scènes de convivialité.
Paradoxalement la scène de violence envers sa fille qui avoue avoir un amant, survient alors que son personnage n’a pas bu.

C’est aussi un film moral comme l’œuvre de Pietro Germi, notamment ses comédies à l’italienne. Un film qui fait référence aussi au catholicisme puisqu’il se déroule sur une année entre un Noël et le Noël suivant.

Certes l’alcool tue dans le film mais c’est plutôt une belle mort paisible. Il faut rendre aussi hommage au jeune acteur Edoardo Nevola qui joue le très jeune fils du machiniste.

Belle prestation aussi de Luisa Della Noce en femme du machiniste. Coincée entre l’amour pour son mari et l’amour pour ses enfants en rébellion contre le père.

A la différence des films français où souvent les enfants sont mauvais acteurs, en Italie ce cas de figure est plutôt rare.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE 

Le petit Sandro après avoir passé quelques instants dans un commissariat pour avoir brisé le pare-brise de l’amant de sa sœur, dans les escaliers de l’immeuble demande à son père de parler « d’homme à homme ». Magnifique scène père-fils.

L’ANCEDOTE

Sylva Koscina (Sylva Koskinon) actrice d’origine yougoslave apparaît pour la deuxième fois sur les écrans et c’est déjà un rôle de prime importance dans la distribution.

NOTE : 15/20

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