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SYNOPSIS

Le journaliste du quotidien Libération, Denis Robert après plusieurs années de collaboration, sur la base d’un incident avec son rédacteur en chef, démissionne. Il a en perspective d’écrire un livre enquête…

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CRITIQUE

Enfin le cinéma français commence à s’intéresser à la société qui l’entoure. Il y avait eu dans les années 1970 Yves Boisset.  Puis Bertrand Tavernier s’y est essayé « L.627 » (1992), « L’appât » (1995) « Quai d’Orsay » (2013) mais peu suivi par ses collègues. Depuis le début des années 2000 des films comme « L’ivresse du pouvoir » (2005) de Claude Chabrol ou « La conquête » (2011) de Xavier Durringer mais aussi « Présumé coupable » (2011) déjà de Vincent Garenq sur l’ignominie de l’affaire d’Outreau. Enfin des films qui s’introduisent dans les méandres de la politique et des affaires en France. A noter que « La conquête » est tourné 3 ans seulement après les faits. Rarissime en France. Bien plus courant aux Etats-Unis. « Zero Dark Thirty » (2012) est tourné moins de deux ans après les faits.

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« La conquête » reprend l’enquête du journaliste Denis Robert sur l’affaire des frégates de Taïwan et son affaire dans l’affaire : celle de la banque luxembourgeoise « Clearstream ».

La complexité de l’affaire est suffisamment décortiquée pour que le spectateur comprenne les enjeux de ces deux affaires. D’où le grand intérêt du film à rassembler des faits qui s’étalent sur plusieurs en quasi deux heures et de permettre au spectateur de suivre les méandres étranges que prend cette affaire quand elle semble éclabousser le monde de la politique de droite ou de gauche.

Ce film permet surtout de montrer ce que peuvent endurer ceux que de nos jours nous appelons les lanceurs d’alerte, accablés par les procès, les pressions politiques ou affairistes, la destruction de leur vie familiale voire professionnelle.
Denis Robert sort de l’affaire Clearstream, lessivé financièrement, moralement et physiquement.

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Gilles Lellouche retransmet très bien à l’écran cette destruction.
Un autre acteur qui fait une belle prestation c’est Laurent Capelluto qui fait un Imad Lahoud des plus énigmatiques. Un genre de type qui ne peut s’empêcher de magouiller et à qui on confierait volontiers son portefeuille tellement ce garçon semble un homme aimable bien loin de toute perversité mentale.

Sur le plan purement cinématographique le film de Vincent Garenq innove guère. Mais il sert le scénario avec application.

La musique d’Erwann Kermorvant est typique des orchestrations des années 2010. Si elle accompagne le film sans lui nuire, pas sûr qu’elle soit un apport artistique au film.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Denis Robert apprend par téléphone que la liste Clearstream de comptes bancaires est un faux. Le monde se dérobe sous les pieds du journaliste qui comprend s’être fait manipuler par Imad Lahoud.

L’ANECDOTE

Long tournage pour ce film : Environ 9 mois. Mais des alliés financiers inattendus, notamment au Luxembourg.

NOTE : 14/20

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