Synopsis

San Francisco années 1970, un soir, un flic suit un homme dans l’aérogare des bus de la ville. Le suspect après avoir passé un coup de téléphone indiquant à son interlocuteur qu’il est suivi, reçoit les instructions puis se dirige vers un bus et monte dedans. Le flic le suit et s’installe dans le bus. Le véhicule démarre. Un homme au fond du bus ouvre un sac et entame le montage d’une arme. Puis l’arme montée (une mitraillette) il va pour tirer. Le suspect s’adresse alors à l’homme armé qu’il connaît mais celui-ci tire méthodiquement sur tous les passagers. Le massacre achevé, le bus sans chauffeur finit sa course dans un square. L’homme à la mitraillette s’évanouit dans la nature. Le sergent Jake Martin se rend sur les lieux…

CRITIQUE

Film policier très intéressant.

Tout d’abord fait rarissime, il s’agit d’une adaptation d’un roman suédois. La ville de Stockholm est transposée à San Francisco.
Outre le bon travail d’adaptation, les auteurs ont voulu donner un aspect réaliste à l’enquête. En cela prendre le contre-pied du super flic de cinéma de la même ville « L’inspecteur Harry » (« Dirty Harry« ) (1971) de Don Siegel et « Magnum force » (1973) de Ted Post.

Dans ce film l’inspecteur n’est pas un héros solitaire, il est affublé d’un coéquipier, il a une famille, et il ne s’érige pas en redresseur de torts. Il n’a pas non plus la petite quarantaine athlétique de Clint Eastwood mais la cinquantaine bedonnante de Walter Matthau.

La résolution de l’énigme est parsemée de fausses pistes et d’impasses (chaque mort du bus voit sa vie passée au crible, pour tenter de trouver un indice auquel rattacher le massacre). On ne fait pas parler les indics en sortant le flingue, les pressions sont plus à fleuret moucheté et parfois ne fonctionnent pas. L’intrigue est ainsi assez complexe.

La psychologie des deux enquêteurs principaux est tout aussi complexe. Le sergent Jake Martin et l’inspecteur Leo Larsen forment un duo qui se supporte à peine. L’un parlant trop, l’autre pas assez. Le buddy movie est en cela bien troussé.

La ville de San Francisco est superbement utilisée dans les scènes extérieures. Et les scènes d’action qui s’y déroulent profitent à plein des décors naturels de la ville. Les quartiers chics, les quartiers d’affaires, et les quartiers pauvres sont ainsi visités par la caméra.

Stuart Rosenberg alterne très bien scènes fortes et scènes explicatives, sa caméra prend le temps d’aller au bout des scènes. Ainsi la découverte de la scène de crime et les relevés d’indices par la police dans le bus, la scène de l’hôpital, ou encore la poursuite finale dans la ville.

Walter Matthau n’est pas si ricanant que l’annonce le film, mais il mâche le chewing gum comme personne! Son charisme face

La musique de Charles Fox est rare mais quand elle apparaît, elle fait son petit effet. Utilisation intelligente de la musique en rapport aux images. Cela change des pratiques hollywoodiennes actuelles qui consistent à « rentabiliser » chaque note écrite par le compositeur en noyant le film sous des flots de « musiques ». D’autant que toutes les partitions ne sont pas des chefs d’œuvres. Loin delà!

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Le sergent et l’inspecteur, à une terrasse de café, interrogent Bobby Mow un indic spécialiste des armes. Le sujet étant : qui peut bien utiliser une mitraillette, arme d’une fiabilité aléatoire? Mario Gallo très bon.

L’ANECDOTE

Stuart Rosenberg est avec Robert Aldrich le réalisateur qui a fait appel à Catherine Deneuve dans sa très courte carrière hollywoodienne. « Folies d’avril » (« The april’s fool« ) (1969) avec Jack Lemmon n’est pas une réussite.
Son film le plus célèbre est « Luke la main froide » (« Cool Hand Luke« ) (1967).

NOTE : 14/20

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