Synopsis

Deux gagne-petit de la délinquance romaine Scintillone et Ruggeretto cherchent à vendre des fusils dérobés on ne sait où. Ils ont besoin d’argent liquide et tout de suite. En chemin ils croisent deux prostituées qui se crêpent le chignon pour une question de territoire. Scintillone et Ruggeretto les emmènent avec eux. Ils se rendent chez leur receleur habituel mais celui-ci est pris par le deuil de sa femme et remet au lendemain la transaction. Impatients Scintillone et Ruggeretto s’en vont mais ils sont rattrapés par le fils du fourgue Gino dit « Bellabella ». Il pense savoir qui va acheter la marchandise…

CRITIQUE

Sur un sujet de Pier Paolo Pasolini et un scénario du même, ce film marque la première grande collaboration entre les deux hommes.

Ils avaient travaillé deux ans auparavant sur le film « Marisa la civetta » mais Pasolini n’était que co-scénariste avec Tatiana Demby et Mauro Bolognini.
Avec ce film les deux hommes vont s’enrichir intellectuellement et offriront aux spectateurs un magnifique « Le bel Antonio » (« Il bell’Antonio« ) en 1960.
Pasolini dans une écriture cinématographique pointue des mœurs italiennes. Bolognini reposant sur un scénario de grande qualité faisant des expériences esthétiques avec sa caméra et ses lumières.

Mauro Bolignini commence à installer une caméra qui dissèque la société italienne. Ici l’influence de Pasolini est marquée par les personnages qui sont tous des marginaux: petites frappes à l’amitié de circonstances, prostituées roublardes, jeunes désœuvrés auxquels l’argent brûle les doigts.
Ainsi de petites fortunes sont claquées en une soirée dans des virées fastueuses. Les lendemains déchanteront mais ils trouveront bien un expédient par le larcin et la rapine qui leur permettra de se remplir le ventre.

Film peu optimiste sur cette Italie dont la jeunesse individualiste est dévoyée, et peu encline au travail. Ou pour les plus pauvres à l’âge d’aller à l’école primaire de travailler en tant que ferrailleur exploités par les parents.
Et le constat sur ce pays en ces années 2010 donne raison au scénariste et au réalisateur. Les jeunes des années 1960 n’ont pas fait grand chose pour leur pays.

On retrouve dans ce film une forte connotation homosexuelle sujet cher à Pier Paolo Pasolini lorsque les 6 garçons sont réunis dans une vaste demeure romaine. Les voici allongés sur de vastes canapés torses apparents et ruisselants de sueur sous la chaleur nocturne romaine échangeant des regards ambigus.

Mauro Bolognini aidé du photographe Armando Nannuzzi officie sur ce film en tant qu’esthète : le noir et blanc est magnifique et certains plans comme le rendez-vous amoureux sous un arrosage est d’une splendeur sans égale.

Jean-Claude Brialy et Laurent Terzieff dégagent tous deux une beauté vénéneuse.
Car si extérieurement ils ressemblent à des Apollons leurs personnages ont une mentalité exécrable. On pressent pour ces deux-là après encore quelques exactions de leur part, une fin tragique dans un caniveau ou quelque chose de similaire.

Piero Piccioni signe une musique jazz dont il est coutumier. Il manque à cette « colonne sonore » une de ces mélodies dont les compositeurs italiens ont le secret.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Allongé sur un canapé dans une superbe maison, Bellabella se met à pleurer parce qu’il n’a pas assisté aux obsèques de sa tante. Mais les larmes vont vite sécher et les coups tordus de sa part ne vont pas tarder.

L’ANECDOTE

Mylène Demongeot raconte ses trois jours de tournages :
Mauro Bolognini me demande de participer, pour un sketch, trois jours de tournage, à son film Les Garçons. En vedette, Laurent Terzieff et Jean-Claude Brialy côté hommes, Elsa Martinelli et Antonella Lualdi pour les dames… Chacune a son attaché de presse privé et n’a guère l’air d’aimer beaucoup l’autre, ce qui est assez folklorique à observer… Mon sketch est un duo avec Terzieff, et mon Dieu qu’il est beau dans ces années-là ! Le charme slave personnifié. Pour la première et unique fois de ma vie, je craque complètement pour mon partenaire avec qui, pour tout arranger, je n’ai qu’une longue scène de rencontre amoureuse !
Je craque, mais Bolognini a craqué, lui aussi…
Ça l’excite de nous regarder nous étreindre, alors, le monstre, il nous fait recommencer les mêmes plans interminablement… Dix prises, quinze prises. Nous nous roulons sur le sol en nous embrassant voluptueusement, à bouche que veux-tu… Je n’en peux plus, je suis une femme fidèle  et je m’en veux d’être aussi troublée ! Le soir, quand je rentre, je pleure et je vais dormir toute seule. Coste (son mari) n’est pas très content — je le comprends —, mais je refuse absolument qu’il vienne sur le plateau. Manquerait plus que ça ! C’est la première fois que ça m’arrive…
Et le lendemain, on remet ça… Trois jours de supplice !

NOTE : 15/20

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