Synopsis

Nicola Berlizzi revient après plusieurs années d’absences dans son quartier de Naples. Il a derrière lui une réputation de mauvais garçon des rues. Et ses valises dérobées par des gamins le temps d’un instant de distraction, lui reviennent bien vite à son logement. Dans le même quartier celui qui règne en maître est une gouape nommée Don Gaetano. Il est jeune porte beau et fait la pluie et le beau temps sur son territoire avec ses aides rois de la lame de rasoir ou du couteau…

CRITIQUE

Pasquale Squitieri est napolitain.

Son parcours politique est pour le moins chaotique passant de l’extrême gauche proche de Lotta Continua (LC) dans les années 1960, pour se présenter aux sénatoriales dans les années 1990 du côté de la droite nationale et ultra conservatrice du parti « Alleanza Nazionale » (AN) qui finira noyé dans le berlusconisme pathétique et bouffon.

Mais dans les années 1970 il était un cinéaste prolifique qui s’interrogeait sur les dérives italiennes politiques, mafieuses, violentes.
Avec « Lucia et les gouapes » il s’agit pour Pasquale Squitieri de montrer que la Camorra vit des faiblesses de l’Etat italien. Et qu’un pays qui abandonne ses citoyens dans la misère ne peut au final que récolter une violence qui finit par s’organiser et occuper le vide des institutions.

Pasquale Squitieri et son scénariste Ugo Pirro qui a travaillé pour de très grands réalisateurs italiens : « La mafia fait la loi » (« Il giorno della civetta« ) (1968) de Damiano Damiani,  « Le procès de Vérone » (« Il processo di Verona« ) (1963) de Carlo Lizzani, « Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon » (« Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto« ) (1970) de Elio Petri ou « Metello » (1970) de Mauro Bolognini.

Ugo Pirro fait la démonstration surtout qu’en 1974 la situation napolitaine de la Camorra et son implantation n’a surtout pas diminué,  bien au contraire! Elle fait partie de la culture de la rue et son emprise n’est que plus solide sur l’ensemble de la ville et de la région.
Si la démonstration est bonne, le film, lui est moins réussi. La faute à un scénario pas très bien tenu.

Le personnage que joue Franco Nero est assez (trop?) ambigu.

Le film met aussi beaucoup de temps à décoller et devient passionnant quand enfin une des deux gouapes devient avocat c’est à dire au deux tiers du film.
Fabio Testi et Franco Nero sont plutôt bien servis dans leur rôle, en revanche Claudia Cardinale est un peu terne d’ailleurs dans le titre italien son personnage (Lucia) en est absent.

Raymond Pellegrin en Vidocq napolitain ayant conservé ses manières de voyou compose un flic intéressant.
Pasquale Squitieri fait dans sa réalisation preuve d’une belle maîtrise sur le placement des caméras, l’alternance de scènes sèches et de scènes plus lyriques. Et le passage à la toute fin de la fin du XIX siècle aux années 1970 est remarquable.

On pourra aussi signaler une belle musique de Franco et Gigi Campanino.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Lors d’une discussion sur la destination d’une charrette pleine de sacs de farine, entre la gouape Don Gaetano et l’homme venu chercher le chargement, celle-ci dégénère et finit en bagarre à coups de fouets. Spectaculaire.

L’ANECDOTE

Claudia Cardinale est la femme du réalisateur Pasquale Squitieri.

NOTE : 13/20

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