Synopsis

Colorado années 1980, Jack Torrance se rend dans un hôtel isolé dans les montagnes rocheuses. L’Overlook Hotel.  Là, il rencontre le gérant de l’hôtel qui lui propose à lui et sa famille d’être les gardiens de celui-ci pendant l’hiver. A cause de la neige, celui-ci est complètement isolé et ne peut accueillir de la clientèle. Cela satisfait Jack Torrance ex professeur qui a besoin de calme pour écrire son livre. Le directeur prévient Jack Torrance que le dernier gardien de l’hôtel a eu un accès de démence et a massacré sa femme et ses deux filles jumelles avant de se suicider d’une balle dans la tête…

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CRITIQUE

Ce film est l’adaptation d’un roman de Stephen King qui à l’époque n’avait pas la célébrité actuelle, et « Shining » était le deuxième film issu de l’œuvre du romancier après « Carrie » (1976)  de Brian de Palma.

Stanley Kubrick et sa co-scénariste Diane Johnson parlent du roman comme ayant de bonnes bases de travail pour être adapté au cinéma mais largement perfectible.

Stanley Kubrick et Diane Johnson ont donc changé beaucoup de choses : En ont enlevé beaucoup, en ont ajouté quelque peu, et remplacé aussi. Notamment l’explosion de la chaudière de l’hôtel par la poursuite dans le labyrinthe.

Effectivement Stephen King lui-même ne reconnaîtra pas son travail dans le film et abhorrait le scénario de Kubrick et Johnson.
Après l’échec de « Barry Lyndon » (1975), Stanley Kubrick s’attaque donc au film d’horreur, genre plus enclin à attirer un public. Mais quand on s’appelle Stanley Kubrick, on ne livre pas un film « commun ».

« Shining » bénéficie d’un budget plus que confortable, (la Warner Bros. a toujours protégé son réalisateur), d’un tournage sur une année et d’innovations techniques comme les aime le réalisateur.

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Stanley Kubrick n’est pas le premier à utiliser la steadicam (caméra portée par un homme et munie d’un harnais stabilisateur). Pour les films « Marathon man » (1976) et « Rocky » (1976) la technique a déjà été utilisée. Mais il est le réalisateur qui en a exploré toutes les possibilités dans ce film, qui s’est ainsi transformé en film publicitaire pour ce système de tournage.
Des scènes mémorables comme celles de Danny dans les couloirs de l’hôtel, Wendy la batte de baseball à la main qui empêche Jack de s’approcher d’elle dans les grands escaliers, et la poursuite finale dans les allées enneigées du labyrinthe en sont des exemples.

On pourra dire que pour un film d’horreur le film est finalement assez peu effrayant. On ne sursaute guère sur son fauteuil. Le film ne subit pas d’à coups de violences. Seuls des flots de sangs surgissent d’un ascenseur. Mais point d’égorgement, d’éviscération, de décapitation ou autres joyeusetés du style.
Stanley Kubrick semble soigneusement éviter les clichés du genre pour inventer un cinéma d’horreur qui lui est propre.

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Stanley Kubrick filme la déliquescence, accélérée par l’enfermement, d’une famille américaine. Le père, la mère et le fils finissent frappés d’hallucinations. Les couloirs de l’hôtel parcourus par le jeune Danny sur son vélo, les motifs de la moquette de ces couloirs, le labyrinthe semblent représenter les confusions mentales des trois personnages.

Il n’empêche ce film est remarquable dans sa graduation dramatique. En ce qui concerne les visions ou hallucinations, des différents personnages mais aussi en ce qui concerne la schizophrénie de Jack Torrance.

Stanley Kubrick livre un film dont la conclusion (la photo de 1921) peut laisser perplexe le spectateur qui au final ne sait plus ce qu’il en est de Jack Torrance (Est-il réel?, A t-il vécu une autre vie dans ce même hôtel?, Est-il une créature diabolique?). Il ne sait pas non plus si l’hôtel construit sur un cimetière indien est par lui-même maléfique. Et ne sait ce qu’il advient de Danny et sa mère partis sur un engin à chenilles.
Le spectateur peut aussi sentir une frustration vis-à-vis du pouvoir de Danny qui ne lui est guère utile dans le film.

Le travail sur la musique est tout aussi impressionnant. Stanley Kubrick se refuse à travailler sur des musiques originales quitte à passer des centaines d’heures à choisir des morceaux déjà composés et enregistrés. Ici comme pour « 2001 l’odyssée de l’espace » ou « Barry Lyndon » le résultat est remarquable.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Wendy s’aperçoit que Jack a écrit des centaines de pages avec la même phrase. Mais Jack surgit et comprend que sa folie est démasquée par sa femme. Wendy affolée a saisi une batte de baseball, et recule face à son mari menaçant. Outre le fait que c’est techniquement génial, Jack Nicholson joue un monologue impressionnant où la folie de son personnage le submerge. Le jeu de l’acteur est incroyable.

L’ANECDOTE

Jack Nicholson pendant le tournage dans les studios londoniens d’Elstree, supervisait en même temps la post-production de son film « En route vers le sud » (« Going south« ) (1978). Il n’avait que quelques pas à faire pour aller de l’un à l’autre.

NOTE : 16/20

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