Synopsis

Paris début des années 1960, Pierre est un doux rêveur qui enfermé dans sa chambre a la tête dans les étoiles et le système solaire. Mais ses parents sont très inquiets car à son âge il n’a pas encore trouvé de femme. Sous l’insistance de sa femme le père de Pierre va le voir et lui explique qu’il est grand temps d’épouser une femme. Il y a bien la jeune fille au pair une suédoise. Mais elle ne parle pas français et la communication est difficile. Pierre décide d’un coup de trouver le bonheur il met ses plus beaux habits et sort en ville…

CRITIQUE

Premier film du multicartes Pierre Etaix (clown, dessinateur, affichiste, et ici scénariste, réalisateur et acteur). Et on peut le dire coup de maître.

Pierre Etaix avec l’aide de l’indéfectible Jean-Claude Carrière avec lequel il collaborera continuellement, nous montre un trentenaire en quête de la femme idéale. Il la cherche dans tout Paris alors qu’elle est dans sa maison.

Le scénario est astucieux, il contient quelques longueurs, mais les idées de mise en scène et les gags fusent.

Nous sommes plus dans la lignée de Jacques Tati que dans celle de Jean Girault qui sort la même année « Pouic-Pouic » (1963) et l’année suivante « Le gendarme de Saint Tropez » (1964). Deux humours et deux façons de réaliser tout à fait dissemblables. Bien que s’appuyant sur un interprète principal omniprésent dans les deux cas, l’une très populaire (celle de Jean Girault) mais dont la l’usure du temps est bien plus préjudiciable que pour celle d’Etaix qui a un succès plus confidentiel mais dont le contenu poétique et, disons le, plus intellectuel, se bonifie au fil des années.

Il faut dire que le travail d’écriture en amont paraît moins superficiel chez Etaix, et que le choix des acteurs a été très étudié comme par exemple les parents du héros qui forment un couple comme on en trouve chez le génial dessinateur Albert Dubout. Une femme grande et longiligne et un homme plus petit et rondouillard mené à la baguette par sa douce.

Les actrices qui entourent l’acteur sont toutes superbes.

La France présentée n’a pas encore connu la révolution sexuelle de la fin des années 1960, mais les plans dragues du héros sont irrésistibles car toutes empreintes d’ingénuité et de maladresses.

J’ai pu voir le film en version magnifiquement restaurée qui rend justice aux contrastes du noir et blanc et à une bande son magnifique.

 

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Pierre se retrouve au  Bois de Boulogne avec une femme qu’il a rencontrée la veille. Elle a des vues sur lui  et l’a amené au bois  pour y faire une partie de cache-cache. Mais Pierre veut vraiment disparaître de la vue de cette femme impossible. Il va jusqu’à effacer son image sur un tableau qu’un peintre a effectué alors qu’il se dissimulait derrière de grands arbres. Hilarant!

L’ANECDOTE

Le film a été très longtemps empêché de toute diffusion pour des problèmes de droits. Ce n’est qu’en 2010 et un jugement au Tribunal de Grande Instance de Paris que Pierre Etaix a pu recouvrer ses droits sur son œuvre. De plus il avait été stocké dans des conditions désastreuses. D’où la nécessité de le restaurer avant de le représenter au public.

NOTE : 16/20

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