Synopsis

fin des années 1950, San Francisco, John « Scottie » Ferguson quitte la police car il est victime de vertiges, et cela a coûté la vie à un policier. Gavin Elster un ancien camarade à lui qui réapparaît, fait appel à ses services pour qu’il suive sa femme. Il finit par accepter et il est tout de suite séduit par la beauté de cette femme. Un jour elle se jette dans la baie de San Francisco, il la sauve de la noyade et l’emmène chez lui pour la soigner. Le soir même elle repart chez elle. Mais le lendemain, elle revient remercier Scottie de l’avoir sauvée. Entre Madeleine et Scottie la passion amoureuse les submerge…

CRITIQUE

Un chef d’œuvre du maître du suspens.

Alfred Hitchcock (1899-1980) pose de façon définitive un stéréotype cinématographique sur la blondeur des femmes, la manipulation mentale et le crime. Ces trois concepts liés les uns aux autres. Tout le cinéma qui suivra sera peu ou prou influencé par ce dogme Je ne citerai que deux exemples parmi des centaines « Basic Instinct » (1992) de Paul Verhoeven et « Gone Girl » (2014) de David Fincher.

Jusqu’à présent les femmes fatales étaient plutôt brunes (parfois rousses) dans les films noirs américains. (Gene Tierney, Joan Crawford, Maty Astor, Rita Hayworth, Lauren Bacall, JaneGreer, Ava Gardner…) Seules Veronika Lake et Lana Turner faisant exception, mais ce n’est pas leur chevelure blonde qui fascinait dans les films.

Hitchcok a collectionné les blondes dès se films muets. Et si sa préférée fut Grace Kelly « Le crime était presque parfait » (« Dial M for murder« ) (1954), « Fenêtre sur cour » (« Rear Window« ) (1954) et « La main au collet » (« To catch a thief« ) (1955), celle avec laquelle il atteint le chef d’œuvre intemporel sera Kim Novak.

Hitchcock éprouve une fascination pour les blondes (à condition qu’elles soient froides, et n’affichent pas une sexualité comme Marilyn Monroe) dès ses films muets. Il les films comme des objets d’art, et avec une insistance fétichiste.
Bien entendu elles sont en proie à des perversions, des pathologies, elles sont froides comme la glace et la mort les accompagne.
Dans « Vertigo » Alfred Hitchcock pousse le fétichisme jusqu’au bout. Puisque James Stewart sculpte Kim Novak comme Sir Alfred sculpte ses actrices. Il l’habille, la chausse, lui fait teindre les cheveux à l’image de la femme qu’il aime. Et finalement la sacrifie.

Le film est tiré du livre « D’entre les morts » de Boileau et Narcejac mis en scénario de façon magistrale. L’adaptation du roman qui se situe en France à la fin de la seconde guerre mondiale, puis à la libération transposé à San Francisco est tout à fait remarquable. En outre les scénaristes complexifient le roman.

Alfred Hitchcock parvient à montrer à l’écran un crime parfait, une de ses obsessions cinématographiques, (dans la mesure où même si l’on sait que c’est un crime il est improuvable).

Générique fabuleux de Saul Bass qui nous fait entrer dans les méandres du cerveaux d’entrée de jeu. Avec la musique incroyable de Bernard Herrman.

La photo magnifique signée de Robert Burks (1909-1968) exalte les couleurs comme le rouge le bleu et le vert. Ainsi que la blondeur de Kim Novak.

Alfred Hitchcock travaille plus que jamais sur le graphisme de ses images. Le chignon de Kim Novak en est un des exemples les plus flagrants.
De la même façon il parvient avec des mouvements de caméras simples zoom avant associé à un traveling arrière il crée un sensationnel effet pour montrer à l’image les vertiges dont est sujet le héros du film.

Le film bénéficie en outre d’une interprétation de rêve.
James Stewart (1908-1997) jouet d’une manipulation mentale basée sur sa phobie du vide et sur la beauté de sa cible, est grandiose.
Mais Kim Novak dans un double rôle est elle inoubliable.
Alfred Hitchcock la filme en gros plan à satiété. Et rend le spectateur masculin aussi fou d’elle que James Stewart.

Musique sublime même si parfois un peu trop présente souvent imitée rarement égalée.

C’est un classique du genre. Un des derniers films noirs… en couleur!

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Lucie transformée en Madeleine par Scottie sort de la salle de bain après avoir fait son chignon avec les épingles qu’il s’est évertué à lui trouver. Elle apparaît aux yeux de Scottie dans un halo lumière bleutée. Un aboutissement pour Alfred Hitchcock et pour son personnage principal.

L’ANECDOTE

Dernier film des 4 qui clôt la collaboration entre James Stewart et Alfred Hitchcock.

NOTE : 17/20

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