BANQUIERE (LA) (1980)

rueducine.com-la-banquiereFILM DE : Francis Girod
PAYS : FRANCE
GENRE : Drame, finance
AVEC : Romy Schneider, Jacques Fabbri, Jean-Claude Brialy, Jean-Louis Trintignant, Claude Brasseur, Marie-France Pisier, Daniel Mesguich, Jean Carmet, Daniel Auteuil, Thierry Lhermitte, Yves Brainville…
MUSIQUE : Ennio Morricone

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SYNOPSIS : Paris années 1920, Emma Eckhert est juive et fille de chapelier, elle travaille pour l’entreprise de son père mais son homosexualité puis son mariage avec Moïse Nathanson escroc notoire, lui fait connaître quelques déboires avec la justice. En 1925 la voici devenue banquière. Mais ses boursicotages et les taux d’intérêts faramineux (jusqu’à 8%) des placements proposés au public lui procurent des ennemis dans le système bancaire et politique…

CRITIQUE : Un des meilleurs films de Francis Girod. Et pourtant… pourtant on ne sait trop où veulent nous emmener le réalisateur et son scénariste Georges Conchon. Veut-il dénoncer le boursicotage et l’inévitable crise qui allait déferler en France dans les années 1930? Faire un pamphlet politique? Faire le portrait d’une femme ayant beaucoup de tares pour l’époque: juive, homosexuelle et ayant un pouvoir financier et donc politique? Voulait-il montrer une France entre deux terribles guerres, tiraillée par ses démons antisémites et réactionnaires? Rien de tout cela n’est très clair. Inspiré de la vie tumultueuse de la banquière Marthe Hanau les deux hommes prennent fait et cause pour cette femme. D’abord physiquement: Romy Schneider étant bien plus belle que le modèle. Mais aussi Georges Conchon et Francis Girod laissent à penser que cette femme était une bienfaitrice de l’humanité en défendant la monnaie d’alors: le franc. Mais aussi en permettant à la petite bourgeoisie de s’enrichir par le biais d’un système légal mais honni de l’institution bancaire sérieusement concurrencée. Le film cependant s’en tire par le portrait de cette Emma Eckhert interprétée magnifiquement par Romy Schneider. Et par une distribution des plus prestigieuse. Seul Daniel Mesguich ne semble pas très à son aise en petit politicien volage et fat. Le film bénéficie aussi d’un gros travail de reconstitution de ces années folles. Les objets art-déco y trouvent une place de choix. Costumes et décors sont éblouissants. Francis Girod pour la seconde fois fait appel à Ennio Morricone pour illustrer musicalement son film. Celle-ci Fait appel à quelques rythmes de cette époque.

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LA SCENE D’ANTHOLOGIE : L’avocat de la défense défend avec véhémence et non sans uncertain bagoût sa cliente en fâcheuse posture. Jean-Claude Brialy épatant.

NOTE : 13/20

L’ANECDOTE : Le film s’inspire de la banquière des années folles Marthe Hanau. Elle met en place un système de rémunération d’actions et obligations à 8% non par par le rendement de ces investissements mais sur la base des investissements des nouveaux souscripteurs alléchés par ces taux impensables. Bernard Madoff en 2008 remit au goût du jour ce genre de cavalerie financière sans sûrement avoir jamais su qu’une certaine Marthe Hanau avait mis en place un tel système frauduleux. Marthe Hanau ne mourra pas assassinée mais se suicidera en 1935.

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