CALIFFA (LA) (1970)

rueducine.com-la-califfa-1970FILM DE : Alberto Bevilacqua
PAYS : ITALIE
GENRE : Drame, Politique
AVEC : Ugo Tognazzi, Romy Schneider, Marina Berti, Guido Alberti, Roberto Bisacco, Massimo Serato, Gigi Ballista, Eva Brun…
SCENARIO : Alberto Bevilacqua
MUSIQUE : Ennio Morricone

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SYNOPSIS : Région de Parme fin des années 1960, la faillite d’un industriel mettant en chômage quelques 500 ouvriers met le feu aux poudres. Plusieurs entreprises doivent faire face à un dur mouvement ouvrier. C’est le cas pour la cimenterie Doberdò. Un ouvrier meurt pendant les heurts avec les forces de l’ordre. Sa veuve Irene dite « La Califfa » devient une meneuse du mouvement. Elle crache même sur la glace de la voiture d’Annibale Doberdò quand celui-ci quitte l’usine en voiture. Mais au fur et à mesure des rencontres entre la Califfa et Doberdò une attirance réciproque se dessine…

CRITIQUE : A savoir avant toute chose dans la région du Pô, une Califfa est une femme de tête qui sait où elle veut aller et utilise tous les moyens pour y parvenir sans le moindre scrupule.
Premier film de l’écrivain et poète italien Alberto Bevilacqua qui pour l’occasion adopte son propre roman.
Comme Sergio Leone a fait avec Il était une fois dans l’ouest un western opéra. Alberto Bevilacqua fait de même avec le drame politique. Il choisit pour cela le même musicien Ennio Morricone.
Le maestro compose une musique d’un lyrisme sans pareil comme il a pu composer quelques années plus tard pour « Le secret » (1974) de Robert Enrico ou encore « La dame aux camélias » (« La storia vera della signora dalle camelie« ) de Mauro Bolognini. Dès la scène de pré-générique qui annonce la mort du mari de la Califfa la musique d’Ennio Morricone prend toute son ampleur. Faite de morceaux assez courts (2 à 3 minutes) elle est quasi omniprésente au long du métrage.
Si la musique est somptueuse il en est point de même du film. Une réalisation sans réel parti pris poétique ou politique. Des scènes fantasmées mais peu aisées à décrypter au milieu des scènes réalistes, un montage assez elliptique qui donne de trop grosses accélérations au récit.
Le film reprend les tensions sociales des années de plomb qu’a connu l’Italie durant la fin des années 1960 et le début des années 1970.  Les grèves ouvrières qui ont beaucoup paralysé l’économie italienne, la violence policière, et du côté des industriels la seule recherche de profits au détriment de la classe ouvrière. Alberto Bevilacqua pose son regard sur la lutte des classes de façon pessimiste. L’industriel qui se rapproche des ouvriers le sera lâché par sa caste et paiera de sa vie cette trahison. Au fur et à mesure que les liens entre Irene et Doberdò se resserrent des manifestations hostiles iront crescendo contre l’industriel prêt à pratiquer la cogestion de l’entreprise.
Ugo Tognazzi dans ce rôle dramatique fait aisément oublier qu’il est un des mattatore de la comédie à l’italienne et campe un industriel en proie à la passion amoureuse qui lui ouvre la voie vers la cogestion de son entreprise.
Romy Schneider est bouleversante en femme de tête qui devient le lien entre les ouvriers et l’industriel au milieu d’une crise brutale dans laquelle elle a perdu son mari. Alberto Bevilacqua qui dans ses livres donne une grande place à l’érotisme, suit la même voie au cinéma et offre la plastique de l’actrice française nue aux yeux ébahis des spectateurs.

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LA SCENE D’ANTHOLOGIE : Le repas dans un restaurant où Doberdò seul attablé dans une salle déserte finit par être rejoint par la Califfa. Le morceau « La cena » d’Ennio Morricone nous donne des frissons tandis que les vitres se brisent autour des deux personnages qui entament un rapprochement physique et intellectuel.

NOTE : 13/20

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L’ANECDOTE : La fin du film est bien plus dramatique que celle du livre où l’industriel y meurt de mort naturelle.

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