CAMARADES (LES) (1963)

rueducine.com-les-camarades-1963FILM DE :  Mario Monicelli
TITRE ORIGINAL : I compagni
PAYS : ITALIE
GENRE : Drame
AVEC : Marcello Mastroianni, Renato Salvatori, Folco Lulli, Gabriella Giorgelli, Bernard Blier, Raffaella Carrà, François Périer, Annie Girardot…
MUSIQUE : Carlo Rustichelli

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SYNOPSIS: Fin du XIXème siècle à Turin, les ouvriers d’une industrie textile subissent des conditions de travail harassantes: 14 heures de travail par jour et une demi heure de pause déjeuner. l’accident inévitable finit par arriver: un homme se fait broyer la main dans une machine. Après avoir fait une collecte pour le malheureux et sa famille. ils décident qu’une délégation irait demander de meilleures conditions de travail à la direction. Mais le directeur de l’usine ne les accueuille pas c’est seulement le chef du personnel entre deux portes qui leur demande d’être raisonnable et de rentrer chez eux gentiment. Révoltés par ce comportement ils décident d’actionner la sirène de fin de journée de labeur une heure plus tôt. Mais cette manoeuvre est un échec car mal préparée. Sur ces entrefaites arrive en ville le professeur Sinigaglia qui fuit Gênes où il est activement recherché par la police pour ses actions syndicales subversives. Mis en contact avec les ouvriers il leur fait comprendre qu’ils n’ont plus le choix: Soit ils retournent à l’usine et continuent à subir l’oppression de la direction, soit ils font une grève générale pour faire plier celle-ci à leur revendications…

CRITIQUE: Mario Monicelli filme un drame écrit par le fabuleux duo Age (Agenore Incrocci) & Scarpelli (Furio Scarpelli) qui écrivirent tant de chef d’oeuvres du cinéma italien de l’après guerre. Ce qui garantit à ce film malgré la lourdeur du sujet quelques moments comiques. En effet le professeur Sinigaglia ou les ouvriers ne deviennent pas dans ce film des icônes de la lutte sociale mais sont représentés comme des gens simples avec leurs forces et surtout leurs faiblesses. L’introduction d’un souffle de comédie allège le propos qui aurait pu être un indigeste hymne à la geste ouvrière. Mario Monicelli filme avec un noir et blanc un peu brumeux cet hiver de fin de siècle durant lequel les ouvriers tentent de survivre face à une classe bourgeoise impitoyable qui fait appel à tous les coups bas pour faire reprendre le travail à ces hommes entrain de devenir des bêtes de somme: mépris, briseurs de grève, paternalisme à peu de frais, et enfin appel à l’armée tout est bon pour faire revenir le personnel au travail et relancer la machine capitaliste grippée. Décors impressionnants, réalisation sans faille et interprétation italo-française au diapason. Ce film est un petit joyau du cinéma italien. Carlo Rustichelli signe une musique discrète et superbe à la fois.

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LA SCENE D’ANTHOLOGIE : Le professeur fraîchement arrivé à Turin le ventre vide voit traîner sur une table un sandwich oublié par un ouvrier dans la salle de réunion. Alors qu’il allait lui jeter un sort, l’ouvrier revient pour récupérer son repas. Le professeur alors précautionneusement remballe le sandwich dans son papier et le tend à l’ouvrier. Marcello Mastroianni magnifique!

NOTE : 16/20

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L’ANECDOTE : Le film à sa sortie n’ a qu’un succès critique. Le public italien surement rebuté par la noirceur du propos a boudé ce film.

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