CENT JOURS A PALERME (1984) – article n° 1000 –

rueducine.com-cent-jours-a-palerme-1984FILM DE : Giuseppe Ferrara
TITRE ORIGINAL : Cento giorni a Palermo
PAYS : ITALIE
GENRE : Biographie, Historique, Mafia, Drame
AVEC : Lino Ventura, Lino Troisi, Stefano Satta Flores, Giuliana de Sio…
SCENARIO : Giuseppe Ferrara, Giuseppe Tornatore (Pepuccio Tornatore), Riccardo Iacona, Pier Giovanni Anchisi, Giorgio Arlorio
MUSIQUE : Vittorio Gelmetti

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SYNOPSIS : 9 mars 1979 assassinat à Palerme de Michele Reina secrétaire régional de la Démocratie Chrétienne (DC), 6 janvier 1980 élimination de Piersanti Mattarella président de la région de Sicile,  30 avril 1982 meurtre de Pio La Torre secrétaire régional du parti communiste sicilien farouche opposant à la Cosa Nostra. Tous trois se sont opposés à Giacomo Ciancimino (DC) maire de Palerme de 1970-1971 et soupçonné  de collusion mafieuse. Ces meurtres noyés au milieu des morts de la guerre des clans de la mafia (Toto Riina élimine ses ennemis un à un) finissent par exaspérer le pouvoir de Rome qui décide de nommer le général Carlo Alberto Dalla Chiesa, auréolé de ses succès contre les Brigades Rouges, préfet de Rome avec pour mission de mater la mafia…rueducine.com-cent-jours-a-palerme-1984-3

CRITIQUE : Ce film aurait mérité un peu plus de recul historique. Quand le film est tourné, Tommaso Buscetta menacé de mort par Toto Riina est entrain de révéler les secret de la mafia dans le cadre juridique du « repenti ». Cela oblige les scénaristes à ne pas pouvoir donner le point de vue mafieux de la nomination du général Dalla Chiesa et des cent jours de guerre qu’il va leur mener. Le film pour le spectateur étranger à la politique transalpine est un peu trop sec et ne montre pas suffisamment la collusion entre la DC, qui détient les rênes du pouvoir depuis la fin de la seconde guerre mondiale, et la mafia.
Le film se rapproche donc plus d’un manifeste journalistique et fondamentalement anti-mafia que du film de divertissement. C’est aussi un constat accablant envers l’Etat italien qui envoie au casse-pipe un homme (seul ou quasiment) face à une organisation tentaculaire aux ramifications internationales aux puissances financière et politique inouïes. Le film rend hommage au général Dalla Chiesa qui s’aperçoit que le combat est inégal mais se battra contre la pieuvre jusqu’au soir du 3 septembre 1982 où le couple est abattu dans son véhicule.
La réalisation de Giuseppe Ferrara qui a débuté en tournant des documentaires, bien souvent politiques, est frontale dès les premières secondes du film plongeant le spectateur directement dans la violence mafieuse et lâche d’hommes coincés dans leurs automobiles. La réalisation est sèche et d’une efficacité « journalistique » indéniable. Giuseppe Ferrara ne se préoccupe guère d’esthétique cinématographique et de mouvements de caméras.
La musique de Vittorio Gelmetti reste anecdotique. Je pense qu’il manque une superbe mélodie dont les musiciens italiens ont pourtant le secret et qui aurait été en forme d’hymne hommage au personnage.
Lino Ventura dans son antépénultième rôle au cinéma tient le film sur ses larges épaules. S’il est impérial sur l’aspect « prefectoral » du film, il a du mal à faire passer les moments qui concernent le couple Dalla Chiesa – Setti Carraro (épousée le 10 juillet 1982). Il faut dire à sa décharge que c’est aspect du film est mal écrit. Il incarne avec superbe un général Dalla Chiesa intègre face à un monde de corruption et de déliquescence morale et politique qui le mèneront à sa perte. Mais son combat désespérée en fera une icône de la lutte contre la mafia. Il ne fallait pas moins d’un Lino Ventura pour incarner ce personnage.
Un film qui pour les néophytes des mœurs siciliennes peut sembler rébarbatif et peu clair, mais un élément essentiel du puzzle de la lutte anti-mafia décrit l’échec qui mènera à la création du pool judiciaire anti-mafia créé par Rocco Chinnici (1925-1983) mené à son terme par le maxi procès par Giovanni Falcone (1939-1992), Paolo Borsellino (1940-1992), Antonino Caponnetto (1920-2002) Giuseppe di Lello et Leonardo Guarnotta parmi les plus célèbres des magistrats.rueducine.com-cent-jours-a-palerme-1984-1

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LA SCENE D’ANTHOLOGIE : Pendant un match de la coupe du monde football où l’Italie joue, les rues de Palerme sont désertées, tandis que la police mène un vaste coup de filet parmi les hommes de main de la mafia.rueducine.com-cent-jours-a-palerme-4

NOTE : 13/20

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L’ANECDOTE : Peppuccio Tornatore (diminutif de Giuseppe) crédité pour le scénario et la réalisation de la seconde équipe (en général les scènes d’action). Lui même sicilien, dans ses films « Marchand de rêves » (1995) (« L’uomo delle stelle« ), « Malèna » (2000) , « Baaria » (2009) il fera quelques allusions à la mafia sicilienne mais il ne prendra jamais le sujet à bras le corps.rueducine.com-cent-jours-a-palerme

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