CHRONIQUE D’UN HOMICIDE (1972)

rueducine.com-chronique-d-un-homicide-1972FILM DE : Mauro Bolognini
TITRE ORIGINAL : Imputazione di omicidio per uno studente
PAYS : ITALIE
GENRE : Drame, Politique, Poliziottesco
AVEC :  Massimo Ranieri, Martin Balsam, Valentina Cortese, Turi Ferro, Pino Colizzi, Salvo Randone, Luigi Diberti, Petra Pauly, Mariano Rigillo, Carlo Valli…
MUSIQUE : Ennio Morricone

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SYNOPSIS : Rome début des années de plomb, de jeunes étudiants sympathisants et adhérents du parti d’extrème gauche Lotta Continua, manifestent. Tout cela reste bon enfant jusqu’à ce que la police arrive et que l’affrontement devienne inévitable et violent. Très vite un étudiant meurs tué par balle. Sur la fin de la manifestation, un jeune récupère un poing américain et frappe à la tempe un policier. Celui-ci meurt. Le juge Aldo Sola est désigné pour mener l’enquête sur ces deux morts. Il s’avère que c’est son fils Fabio qui a tué le policier. Et que c’est un autre étudiant, Alfio Ricci, qui a été arrété à sa place. Mais pas plus qu’Alfio ne veut se défendre face au système judiciaire, Fabio n’a l’intention de se dénoncer à la justice…

CRITIQUE : Ceux qui connaissent Mauro Bolognini pour ces grands films d’époque décrivant la société du XIXème siècle, je pense notamment à « Metello » (1970),  « La dame aux camélias » (« La storia vera della signora dalle camelie« ) (1981) ou  « La grande bourgeoise » (« Fatti di gente perbene« ) (1974), dans un style très travaillé sur la lumière, les décors ou les costumes, ne reconnaîtront guère la pâte du maître italien dans ce film. Celui-ci est plus brut de décoffrage.

De même si dans ces films grandioses il s’attachait à dénoncer les faits de la grande bourgeoisie pervertie par l’argent et le pouvoir, avec ce film Mauro Bolognini se préoccupe plus de politique et du fossé idéologique qui sépare deux générations. Les parents qui ont connu la guerre préoccupée par sa réussite sociale et son bien être, leurs descendants plus préoccupés des inégalités sociales qui les entourent alors qu’eux mêmes vivent dans l’aisance et font de grandes études.
Mauro Bolognini signe un des grands films politique des années 1970 qui avec « Confession d’un commissaire de police au procureur de la République » (« Confessione di un commissario di polizia al procuratore della repubblica« ) (1971) de Damiano Damiani, « L’affaire Mattei » (« Il caso Mattei« ) (1972) de Francesco Rosi, ou « Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon » (« Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto« ) (1970) de Elio Petri, tournés en Italie au début de ces années de plomb marquées par une violence armée dans les mouvements d’extrême droite et d’extrême gauche, dont les deux grandes dates seront: L’enlèvement du député ex-président du conseil des ministres de la République et membre progressiste de la Démocratie Chrétienne (DC) Aldo Moro et son assassinat par les Brigades Rouges en 1978 ainsi que le massacre de la gare de Bologne (85 morts et plus de 200 blessés) par des membres d’extrème droite de la loge Propaganda Due (P2) et de membres des services secrets italiens en 1980.
Quand le film est tourné les attentats n’ont pas encore commencé mais Mauro Bolognini nous dépeint une société clivée qui ne peut pas communiquer si ce n’est par la violence. Jeunesse ou police qui représente l’ordre établi par la DC ne peuvent s’échanger qu’insultes et coups. L’avenir semble bien morose pour l’Italie.
Le chanteur Massimo Ranieri tient très bien son rôle. Mais celui qui fait grosse impression est l’acteur américain Martin Balsam en juge confronté à son fils la révolte à fleur de peau. Très belle prestation de Valentina Cortese en mère inquiète pour son fils. Belle actrice comme l’Italie sait nous en offrir.
Mauro Bolognini fait appel pour la quatrième fois au compositeur Ennio Morricone avec lequel il restera fidèle jusqu’au bout.

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LA SCENE D’ANTHOLOGIE : Fabio après avoir dérobé des minutes des interrogatoires de son père et les avoir divulguées par voie de presse demande à être entendu comme témoin. Durant la confrontation son fils lui dévoile la vérité et lui remet l’arme du crime. Belle scène. Martin Balsam exceptionnel.

NOTE : 15/20

L’ANECDOTE : Martin Balsam a débuté sa carrière aux Etats-Unis mais à partir de ce film développa sa carrière entre Italie et Etats-Unis. Il décède à Rome en 1996 à 63 ans.

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