COSA NOSTRA – L’AFFAIRE VALACHI – (1972)

rueducine.com-cosa-nostra--l-affaire-valachi-1972FILM DE : Terence Young
TITRE ORIGINAL : The Valachi papers
PAYS : USA
GENRE : Mafia, Thriller
AVEC : Charles Bronson, Lino Ventura, Guido Leontini, Walter Chiari, Joseph Wiseman, Gerald S. O’Loughlin, Jill Ireland, Anthony Dawson, Fausto Tozzi, Angelo Instanti, Maria Baxa, Alessandro Sperli…
MUSIQUE : Riz Ortolani, Armando Trovajoli

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SYNOPSIS : Pénitentier fédéral d’Atlanta début des années 1960. Joe Valachi est un prisonnier qui a passé la cinquantaine. Il est incarcéré pour trafic de drogue. Un jour il s’aperçoit qu’un détenu veut l’assassiner alors qu’il est à la douche. Il parvient à échapper et demande à être mis à l’isolement. Il demande aussi à rencontrer Vito Genovese. Celui-ci est un boss de la mafia New yorkaise et l’ancien employeur de Joe Valachi.  Mais ce dernier fait traîner le rendez-vous, et entre temps le FBI lui met un marché en mains: il balance ses anciens amis et employeurs et il est placé sous la protection gouvernementale des témoins. Il refuse. De nouveau mis en danger par un autre détenu, il le tue. Vito Genovese qui est emprisonné au même pénitentier finit par le recevoir. Joe Valachi jure que ce n’est pas lui qui est à l’origine de leur arrestation. Mais Vito Genovese lui fait le baiser de la mort en l’embrassant sur la bouche. Joe Valachi sait qu’il n’en a plus pour longtemps à vivre. Il décide donc de parler au FBI…

CRITIQUE : Si l’on excepte un manque de soin porté aux décors extérieurs (notamment la présence des tours jumelles du World Trade Center en 1929), le film est plutôt de bonne facture. Il reprend les confessions du mafieu repenti Joseph « Joe » Valachi qui a été le premier à faire comprendre le fonctionnement de la mafia des Etats-Unis et en particulier des 5 familles new yorkaises. C’est aussi lui qui a utilisé pour la première fois le mot de « Cosa Nostra » et décrit les rites initiatiques de la mafia américaine.
Le film est un bon support didactique pour qui veut comprendre le fonctionnement de la mafia italo américaine. Il permet de comprendre les rapports de force qui ont déchiré la mafia entre 1929 et 1931 passant par les morts violentes de Joe Masseria et Salvatore Maranzano durant la guerre des Castellamarese. Il permet aussi de toucher du doigt la mutation de Cosa Nostra passant d’un gouvernement personnel par le « capo di tutti capi » à un gouvernement collegial « la commission » (qui oblige les familles à se parler) imposée par Lucky Luciano pour éviter les guerres de familles. Enfin le film qui s’étend sur une durée d’environ 35 ans (fin des années 1920 au milieu des années 1960) permet au spectateur de voir défiler les plus belles canailles qui ont régné sur la mafia new yorkaise parmi lesquels Vito Genovese.
Bien sûr le film contient ça et là quelques erreurs et omissions, mais l’ensemble est d’excellente tenue. Quant au film en lui-même, il est plutôt efficace car ponctué de nombreuses scènes d’actions (assassinats en tous genres). La réalisation est un peu plate.
La tentation de comparer ce film avec « Le parrain » sorti la même année n’est pas évidente. Car là où Terence Young se veut « historien » ou « journaliste » Francis Ford Coppola tourne une fresque adaptée d’un roman (donc en grande partie une fiction) ayant une vision « romantique » de la mafia italo américaine, inspirée de certains faits réels mais pas forcément mis dans le bon ordre. Forcément la vision de Coppola ne peut qu’avoir plus de souffle qu’une mise à plat du fonctionnement d’une organisation.
Le choix de Charles Bronson n’est peut être pas non plus très judicieux. Non pas que l’acteur soit mauvais. Mais il ne fait pas vraiment italien et sa gestuelle n’est pas très au point.
Enfin le spectateur pourra regretter aussi que deux immenses musiciens comme Riz Ortolani et Armando Trovajoli n’aient pas concocté une musique qui fut inoubliable.

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LA SCENE D’ANTHOLOGIE : Un des membres de la famille a profité de la longue absence de Vito Genovese en Italie, pour coucher avec la femme de ce dernier alors qu’il devait la protéger et la surveiller. Châtiment : l’émasculation.

NOTE : 12/20

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L’ANECDOTE : Terence Young est un réalisateur britannique dont la célébrité est issue de la réalisation des trois premiers films de l’agent 007 James Bond.

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