DOMMAGE QUE TU SOIS UNE CANAILLE (1955)

rueducine.com-dommage-que-tu-sois-une-canaille-1955FILM DE : Alessandro Blasetti
TITRE ORIGINAL : Peccato che sia una canaglia
PAYS : ITALIE
GENRE : Comédie, Comédie à l’italienne
AVEC : Marcello Mastroianni, Sophia Loren, Vittorio de Sica, Giorgio Sanna, Michael Simone…
SCÉNARIO : Suso Cecchi D’Amico, Ennio Flaianno
MUSIQUE : Alessandro Cicognini

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SYNOPSIS : Rome années 1950 en plein été, la ville est quasi déserte. Paolo brique amoureusement son taxi flambant neuf, quand trois jeunes deux garçons et une jeune femme Lina lui demandent de les amener à une plage à 1 heure de route. Mais auparavant ils demandent au taxi de les laisser à une adresse où habite un de leur copain. En fait ils se rendent chez un garagiste véreux avec lequel ils sont en magouilles. Ils promettent de ramener le taxi volé d’ici deux heures. Arrivés à la plage tandis que les deux jeunes s’éclipsent Lina fait du charme à Paolo. Quand l’alarme de son taxi se déclenche…

CRITIQUE : Alessandro Blasetti 55 ans est déjà un vieux de la vieille du cinéma transalpin (il a commencé à tourner en 1929 ) a travaillé sans encombre durant la longue période fasciste, qu’il a exalté dans son film « Vecchia Guardia »  (1934), durant laquelle il réalise une grosse quinzaine de films, et à la libération a échappé à l’épuration, mieux, il se rend indispensable devenant un ardent défenseur et porte parole du cinéma italien face au cinéma américain qui envahit les salles de cinéma.
De cette période post-guerre sur le plan artistique il a quelques difficultés créatives et avec ce film a lieu comme un miracle : L’association d’un acteur qui depuis les années 1940 accumule les apparitions et les seconds rôles, Marcello Mastroianni et d’une actrice qui sort lauréate d’un prix pour miss Italia 1950, et commence à percer au cinéma, Sophia Loren. Ce futur couple de cinéma (12 films en commun) explose avec ce film. C’est dû à leur talent mais aussi et surtout au scénario et aux dialogues.
Film nerveux, et en même temps très dialogué. Le scenario est une grande  réussite. Lina noie littéralement Paolo sous un flot de paroles et de démonstrations qui font retomber à chaque fois la faute sur ce pauvre Paolo trop gentil et trop crédule. Lui, il veut juste rattraper ses voleurs de voitures dont Lina, truande de père en fille est la complice, et les amener à la police.  Mais Lina a bien plus de jugeote et de bagout que Paolo qui une fois seul se rend compte qu’il s’est fait mener en bateau et s’en veut.
Les deux acteurs explosent dans ce film Marcello Mastroianni est déjà un latin looser, et Sophia Loren affole les hommes. Vittorio De Sica en voleur de bagages à la gare Termini de Rome et père protecteur de Lina  fait un grand numéro.
Le film s’ancre dans la comédie à l’italienne : sur un fond social peu enthousiasmant faire une comédie un peu cruelle pour les personnages et leurs travers.
La musique sautillante de Alessandro Cicognini introduit des bruits de klaxons. Effet comique garanti.

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LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE : La grande scène finale du commissariat où Paolo qui pense pouvoir enfin coincer ses voleurs, est enseveli sous les mensonges et évite de peu l’accusation d’un vol de portefeuille. Belle scène très dialoguée et merveilleusement interprétée.

NOTE : 14/20

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L’ANECDOTE : Alessandro Blasetti est le premier a avoir introduit le parlant au cinéma italien « Resurrectio » (1930), le premier à y avoir introduit la couleur, et le premier à avoir introduit des scènes de nudité dans le cinéma transalpin « La corona di ferro » (1941). Il a aussi expérimenté plusieurs genres cinématographiques.

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