ELLE EST TERRIBLE (1962)

FILM DE : Luciano Salce
TITRE ORIGINAL : La voglia matta
PAYS : ITALIE
GENRE : Comédie, Comédie à l’italienne
AVEC : Ugo Tognazzi, Catherine Spaak, Gianni Garko, Fabrizio Capucci, Oliviero Prunas, Margherita Girelli, Diletta D’Andrea, Luciano Salce, Jimmy Fontana, Stelvio Rosi, Lilia Neyung…
SCÉNARIO : Castellano & Pipolo, Luciano Salce
MUSIQUE : Ennio Morricone

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SYNOPSIS

Antonio Berlinghieri, 39 ans est un ingénieur milanais. Il est divorcé. Il se rend sur la côte pour voir son fils en pensionnat. En route il dépanne une bande de jeunes qui se rendent à deux voitures au bord de la mer pour un week-end. Mais les jeunes se moquent de lui. Parmi eux une superbe fille de 16 ans. Elle lui tourne autour et Antonio ne peut résister. Il décide de suivre les jeunes même s’il a du mal à les supporter…

CRITIQUE

Un mot sur le titre dont la véritable traduction est « L’envie folle » ou « La folle envie ». Cependant « Elle est terrible » fonctionne aussi.

Le film commence par un postulat intéressant. Un quasi quarantenaire travaillé par le démon de midi à cause de Francesca une jeune fille de 16 ans qui va et vient entre ses amis et Antonio et embrasse tout le monde indistinctement. Antonio se sent humilié et rejeté par le groupe mais est trop amoureux de Francesca, pour les quitter.

Le film est cependant trop long. Au bout d’une heure le spectateur a fait le tour de la question. Les scénaristes multiplient les scènes où Antonio passe pour le dindon de la farce et Francesca qui revient pour le consoler. Et cela devient lassant car mise à part une quasi noyade guère de climax. Et celle-ci se trouve encore assez loin de la fin du film.

Les scénaristes Castellano & Pipolo ne sont pas Age & Scarpelli maîtres de la comédie à l’italienne. Pas même Ruggero et Scola scénaristes du film « Le fanfaron » (« Il sorpasso« ) (1962) de Dino Risi auquel « Elle est terrible » fait penser mais ne lui arrive guère à la cheville.

La toute fin est cependant remarquable. Antonio, la voiture, son cœur et son amour propre dévastés, roule à faible allure sur une voie rapide. Une larme coule sur sa joue tuméfiée.

Ugo Tognazzi interprète à la perfection ce quarantenaire qui a fait la guerre même si c’est du mauvais côté, puis qui était aux premiers postes pour donner à l’Italie son Boom économique et qui se trouve dépassé par une jeunesse qui aura la force de l’âge pendant les années de plomb. Et qui vomira tout ce qu’il représente. Film prémonitoire?

Catherine Spaak qui fait le lien avec « Le fanfaron » (elle y tient le rôle féminin principal) virevolte, papillonne, charme comme très peu d’actrices savent le faire. Ses scènes scandaliseront l’Italie catholique.

Problème majeur du film les chansons. Il faut placer celles écrites par Ennio Morricone puis celles de Jimmy Fontana. Et d’autres de divers auteurs. Au total 12 chansons à placer. C’est beaucoup trop.

Ennio Morricone n’est pas encore le grand musicien pour les films qu’il deviendra deux ans plus tard. Sa musique est encore discrète. Première incursion dans la comédie à l’italienne. Un genre (filone) qu’il a très peu illustré.

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LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Antonio roue prudemment avec son Alfa Romeo. Mais la fougueuse Francesca assise à sa droite met son pied sur l’accélérateur. Antonio qui tient le volant n’en mêne pas large. Mais comme il veut prouver qu’il est un homme viril et sans crainte, il ravale sa trouille!

NOTE : 12/20

L’ANECDOTE

Les personnages interprétés par Ugo Tognazzi et Catherine Spaak annoncent tous deux leur âge dans le film. (39 et 16 ans). C’est leur âge véritable au moment du tournage du film.

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