J. EDGAR (2011)

FILM DE : Clint Eastwood
PAYS : USA
GENRE : Biographie, historique
AVEC : Leonardo Dicaprio, Naomi Watts, Armie Hammer, Judi Dench, Jeffrey Donovan, Josh Lucas…
MUSIQUE : Clint Eastwood
MUSIQUE ADDITIONNELLE : Kyle Eastwood

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SYNOPSIS : Washington fin des années 1910. J. Edgar Hoover entre au ministère de la justice. C’est un maniaque de l’archivage et un anticommuniste farouche. Après avoir mis au point pendant ses années universitaires l’archivage des volumes de la bibliothèque du Congrès, il rentre au ministère de la justice au service de l’attorney general Alexander M. Palmer qui entame une chasse aux communistes suite à des débordements ouvriers. Il entre dans la tout nouveau general intelligence division (ancêtre du FBI) et met en oeuvre, après un recrutement sévère et par une discipline rigide de ses effectifs, le fichage de plus de 45 000 communistes. Suite à des attentats dont un contre l’attorney Palmer, il participera au « raids Palmer » qui permettront l’arrestation massive de communistes puis leur déportation vers leur pays d’origine…

CRITIQUE : Il y avait longtemps que je n’avais pas vu Leonardo Dicaprio dans un rôle où il n’était pas dans un costume un peu trop large pour ses épaules et je commençais à désespérer. Et le choix de Clint Eastwood de cet acteur pour endosser le costume de cette légende (blanche et noire) des Etats-Unis me faisait craindre le pire.
Donc je suis plutôt agréablement surpris de ce côté là. Et je suis à la fois ravi par l’adresse du scénariste Dustin Lance Black auteur du film « Harvey Milk » qui parvient en 2h15 à faire un beau portrait de cet homme qui a su donner à son pays une police digne de ce nom, mais aussi à cet homme indéboulonnable qui manie le chantage vis-à-vis des présidents et ministres de la justice auxquels il devait des comptes. Sans omettre la vie privée torturée de cet homosexuel refoulé, écrasé par une mère autoritaire voire abusive et cet homme assoiffé de reconnaissance qui n’hésite pas à maquiller les faits pour se les approprier et se forger ainsi une légende.
Certes le film passe sur certains aspects notamment son refus de reconnaître la mainmise de la mafia sur une partie de l’économie dans les années 1940 à la fin des années 1960. Il suggère les écoutes téléphoniques dont ont été victimes des stars du cinéma ou de la chanson, il affleure les divers chantages de Hoover vis-à-vis des présidents Eisenhower, Kennedy, Johnson et Nixon incapables de se débarrasser de cet homme qui commet des abus de pouvoir flagrants.
Mais ce film est aussi un beau portrait de deux personnages clefs dans l’entourage de Hoover: Clyde Tolson bras droit, confident, et amour refoulé de J.Edgar avec lequel il partagera immuablement ses repas du midi et du soir dans le même restaurant de Washington. Et Helen Gandy secrétaire personnelle durant 54 ans du chef du FBI et qui a fait disparaître grand nombre de documents au décès de celui-ci par fidélité. Pourtant ces deux-là ont souffert de ce caractère maniaque, égocentrique, exigent, colérique et abusif. Et c’est un portrait en creux d’une nation qui se construit dans la violence et l’assassinat de personnages influents.
Très bonne réalisation de Clint Eastwood qui arrive à ne pas noyer le spectateur dans tous ces flash-back qui le promènent des années 1919 au début des années 1970. Interprétation au cordeau de tous et reconstitution impeccable par les décors et les costumes.
La musique signée Clint Eastwood est toujours aussi minimaliste (piano solo et parfois chœurs et cordes discrets) mais ça nous change des œuvres toutes de cuivres et tambours des Hans Zimmer ou James Newton Howard.

LA SCENE D’ANTHOLOGIE : Scène récurrente devant le portrait de George Washington qui trône à l’entrée du bureau ovale, J.Edgar Hoover attend patiemment un dossier sous la main que le nouveau président des Etats-Unis veuille bien le recevoir. Ce dossier lui permettant d’assurer sa place de directeur du FBI…

NOTE : 15/20

L’ANECDOTE : Comme souvent, la musique de Clint Eastwood n’est pas disponible en cd ou en ligne sur le net. Non commercialisée, elle reste donc attachée au film.

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