BANDERA (LA) (1935)

rueducine.com-la-bandera-1935FILM DE : Julien Duvivier
PAYS : FRANCE, ESPAGNE
GENRE : Drame, Guerre
AVEC  : Jean Gabin, Raymond Aimos (dit Aimos), Robert le Vigan, Annabella, Pierre Renoir, Gaston Modot, Charles Granval, Little Jacky, Viviane Romance…
MUSIQUE : Roland Manuel & Jean Wiener

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SYNOPSIS : Début des années 1930, Paris rue Saint Vincent au petit matin un Pierre Gilieth sort d’un immeuble, il a les mains tâchées de sang, et fuit. Il part se réfugier à barcelone où il se fait dérober le peu d’argent qu’il avait dan un bouge. Affamé et sans ressources il décide de s’engager dans la légion étrangère espagnole, où il pense pouvoir oublier son passé. Mais très vite, l’assassin a des soupçons sur un camarade de chambrée nommé Fernando Lucas qui ne cesse de lui tourner autour et de le provoquer sur son passé…

CRITIQUE : Julien Duvivier entame en 1935 ce qui sera sa grande période créative qui durera jusque dans les années 1960, certes avec des hauts et des bas pour un réalisateur prolifique, mais des chefs d’oeuvre éclaireront sa filmographie noire et pessimiste.
Le réalisateur adapte un roman de l’écrivain et poète Pierre Mac Orlan. Il est secondé par le grand scénariste du moment qu’est Charles Spaak mais qui dans ce cas est avant tout dialoguiste. Ici la noirceur de l’oeuvre de Julien Duvivier ne déroge pas à la règle: il suit le destin d’un homme qui commence par un crime et finira criblé de balles dans le Sahara espagnol. Et l’amour qu’il aura pour la belle Aïcha la slaoui sera sacrifié par ce funeste parcours.
Très bonne distribution des rôles. Bien entendu avec Jean Gabin qui est dans son registre d’homme modeste qui se retrouve rejeté de la société et contrarié dans sa quête du bonheur. Mais surtout un Robert le Vigan qui joue un mouchard retors de la police, aux trousses de Pierre Gilieth. Et un Aimos dans le rôle d’un trouffion fidèle en amitié nommé Marcel Mulot qui tente de protéger son compagnon. Pierre Renoir frère du réalisateur joue un homme à poigne, le capitaine Weller qui dirige une compagnie de la légion étrangère. Sa performance d’acteur est mémorable.

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LA SCENE D’ANTHOLOGIE : Coincés dans le désert la troupe de la légion étrangère est harcelée par des tireurs embusqués dans le relief de la région. L’eau vient à manquer, et le peu qu’il y a est empoisonné. Ils sont condamnés à mourir de soif ou abattus par les ennemis. Marcel Mulot assoifé préfère mourir la tête dans un seau d’eau et criblé de balles. Une des plus belle mort qu’il m’ait été donné de voir au cinéma.

NOTE : 17/20

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L’ANECDOTE : Le film tourné en 1935 a reçu le soutien logistique du général Francisco Franco récemment muté en Afrique du nord et qui n’y restera que 3 mois avant de regagner Madrid comme chef d’Etat Major. Poste duquel il sera évincé à l’arrivée du front populaire espagnol en 1936 et muté aux île Canaries par le gouvernement de Manuel Azaña. Francisco Franco qui avait clairement des idées d’extrème droite mais qui jusqu’à présent refusait de comploter contre le gouvernement légitime espagnol, n’aura de cesse de se venger de cette mise au placard et prendra part à la guerre civile de 1936, puis la tête du mouvement le 21 septembre 1938 en tant que généralissime. La production remercie ce futur général félon pour son aide apportée à la réalisation du film.

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