LIBERTARIAS (1996)

rueducine.com-libertarias-1996FILM DE : Vicente Aranda
PAYS : ESPAGNE
GENRE : Guerre, Drame
AVEC : Ana Belén, Victoria Abril, Ariadna Gil, Loles León, Jorge Sanz, Blanca Apilànez, Laura Mañà, José Sancho, Miguel Bosé, Claudia Gravy, Antonio Dechent…
MUSIQUE : José Nieto

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SYNOPSIS : 21 juillet 1936 dans une ville du nord de l’Espagne la révolution prend le pas sur le gouvernement espagnol incapable d’arrêter le soulèvement militaire mené par quelques généraux espagnols parmi lesquels Francisco Franco. Le mouvement anarchiste (libertaire) qui tient la ville impose l’athéisme et les miliciennes dont leur chef est Pilar enrôlent. Elles vont jusqu’à investir un bordel et finissent à convaincre quelques prostituées à les suivre dans leur combat. Parmi elles, Maria une novice enfuie du couvent avant son pillage par les anarchistes…

CRITIQUE : Vicente Aranda est un réalisateur qui a toujours mis les femmes au centre de sa filmographie. Souvent ses films sont noirs. Il traite de faits divers « Amants » (« Amantes« ) ou d’adaptation d’oeuvres littéraires comme « La muchacha de las bragas de oro » d’après un roman de Juan Marsé. Pour « Libertarias » il s’agit d’un scénario original écrit Vicente Aranda et Antonio Rabinad écrivain spécialiste de la Barcelona (Barcelone) d’après la guerre civile espagnole.
Le scénario décrit deux révolutions celle dramatique que vit l’Espagne depuis le 21 juillet 1936 et qui fera fera quelques 400 000 morts. Et celle que veulent vivre les femmes de gauche. Une indépendance vis-à-vis des hommes et le désir de disposer d’elles mêmes comme elles l’entendent. C’est ainsi que certaines réclament à le droit d’aller se battre dans les tranchées sur le front de L’Ebro (Ebre) et pas seulement pour faire la tambouille pour les miliciens, mais pour manier le fusil et la grenade. Mais la féminisation de l’armée républicaine implique (il est vrai) des questions sur les relations sexuelles dans l’armée, et la propagation de maladies sexuellement transmissibles qui met hors de combat sans utiliser de munitions…
Cette révolution, elle aussi, finira assez dramatiquement puisque les communistes sortiront les femmes du front et qu’à la fin de la guerre c’est l’ordre fasciste et ultra catholique qui remettra tout ce petit monde dans les foyers et pour quelques dizaines d’années.
Vicente Aranda est très inspiré pour ce film, il parvient à intégrer son histoire dans la grande Histoire (on voit notamment le leader de la CNT Buenaventura Durruti) et il ne cache pas les problèmes internes des partis révolutionnaires (discipline, antagonisme entre communistes et anarchistes, problèmes d’approvisionnement et de logistique pour la nourriture et les armes). Il alterne avec aisance les scènes d’exposition et les scènes de guerre qui sont spectaculaires. Mais il ne quitte pas ces femmes d’une semelle qui luttent pour leur liberté jusqu’au sang. La fin du film est terrible.
Dommage qu’un passage de spiritisme vienne gâcher un peu et couper le rythme du film qui n’en manque pas.
Avec ce film Vicente Aranda s’offre une des plus belles distributions dans un film espagnol. Toutes sont formidables.
Quant à la musique de José Nieto elle est sublime. La composition pour les génériques reprend l’hymne de la CNT (Confederacion Nacional del Trabajo) il le retravaille avec des coeurs. Coeurs masculins au début, coeurs féminins au final.  Superbe travail. Le reste de sa bande original est dominée par des alternances de cuivres et de cordes qui se répondent. C’est splendide.

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LA SCENE D’ANTHOLOGIE : Les deux camps républicain et fasciste sur le front de l’Ebro (Ebre) sont repliés chacun derrière des tranchées sur un front stable. Pour passer le temps ils s’envoient des messages de propagande par portevoix qui finissent invariablement par des insultes machistes ce qui désole les femmes de la CNT.

NOTE : 16/20

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L’ANECDOTE : Victoria Abril est l’actrice fétiche du réalisateur elle a tourné dans 10 films de films de Vicente Aranda :
« Cambio de sexo »
« La fille a la culotte d’or » (« La Muchacha de las bragas de oro »),
« Asesinato en el Comité central »
« Tiempo de silencio »
« El Lute, marche ou crève » (« El Lute camina o revienta« )
« Si te dicen que cai »
« Intruso »
« Amants » (« Amantes« )
« Libertarias »
« Tirant le blanc » (« Tirante el blanco« )

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