MONOCLE NOIR (LE) (1961)

rueducine.com-le-monocle-noir-1961FILM DE : Georges Lautner
PAYS : FRANCE
GENRE : Comédie, Espionnage
AVEC : Paul Meurisse, Jacques Marin, Elga Andersen, Bernard Blier, Pierre Blanchar, Albert Rémy, Catherine Sola, Marie Dubois…
SCÉNARIO : Pierre Laroche, Jacques Robert, Georges Lautner
MUSIQUE : Jean Yatove

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SYNOPSIS : Abords du Château de Villemaur, un soir, début des années 1960, une voiture approche surveillée par un homme. Mais celui-ci est aussitôt éliminé et plongé dans la rivière à bord de sa voiture. Après les visites au public, une réunion a lieu dans le château. Le châtelain accueille à sa table un fasciste italien, un héros de guerre français, un russe, et un ancien nazi. Tous rêvent de faire une révolution en France pour installer un nouveau régime d’extrême droite. Tous? Pas sûr…rueducine-le-monocle-noir-photo

CRITIQUE : Georges Lautner lit le roman éponyme du résistant colonel Remy (né Gilbert Renault 1904-1984) publié en 1960. Il le trouve épouvantablement sérieux mais avec ses deux scénaristes en fait une parodie de film d’espionnage. Devant le succès populaire, il sera le premier d’un triptyque « L’œil du monocle » (1962) et « Le monocle rit jaune » (1964).
Humour noir, histoire improbable, interprétation parodique et réalisation soignée, les ingrédients d’une bonne comédie sont là. Effectivement on rit pas mal de ces péripéties où en un lieu clos (ou presque) un nid d’espions s’entre-déchire.
Paul Meurisse nous fait un espion français d’anthologie. Cocardier et dérisoire, flegmatique, à la démarche fantasque, à l’humour douteux et au port du pistolet pittoresque.
Les seconds rôles sont soignés: La belle Elga Andersen joue une espionne redoutable qui joue de ses appâts, Jacques Marin est formidable en fidèle second du commandant Theobald Dromard, prêt à se sacrifier pour lui.rueducine-le-monocle-noir-photo (5)
Et Bernard Blier qui en préface du film nous prévient que ce film n’est pas bien sérieux, interprète formidablement un policier hébété, dépassé par les événements, les cadavres qui s’accumule et les manipulations du commandant Dromard.
Georges Lautner n’a pas encore trouvé Michel Audiard pour lui signer des dialogues soi-soi. Mais Jacques Robert s’en tire plutôt bien.
Georges Lautner soigne ses cadres en se calquant sur ceux de « La dame de Shangaï » (1947) de Orson Welles ou du film de Carol Reed « Le troisième homme » (1949). Son passage dans les souterrains du château semble très inspiré de celui dans les égouts de Vienne.
Enfin la musique de Jean Yatove est plutôt une belle réussite.rueducine-le-monocle-noir-photo (3)

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LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE : Le conservateur Mérignac a ouvert la porte de son appartement à sa secrétaire qui est tombée raide morte, un poignard fiché dans le dos. Mérignac a demandé secours à Dromard. Celui-ci décide d’appeler la police mais quand l’inspecteur arrive sur les lieux… Plus de poignard! Dromard par de petites phrases allusives jette les soupçons sur celui qui lui demandé de l’aide. Jolie scène de cynisme.rueducine-le-monocle-noir-photo (2)

NOTE : 12/20

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L’ANECDOTE : rueducine.com-jacques-marinJacques Marin (1919-2001) est ce que l’on appelle un second couteau du cinéma français. Second couteau prolifique (plus de 150 rôles au cinéma de la simple apparition au grand second rôle).
Mais le statut de cet acteur diffère des autres seconds couteaux (comme Robert Dalban, par exemple) sur le fait qu’il a été le prototype du français pour Hollywood. Sa bouille ronde et ses moustaches y sont sûrment pour quelque chose. C’est John Huston pour « Les racines du ciel » (« Roots of heaven« ) (1958) qui emploie Jacques Marin dans un film américain pour la première fois.
Suivront « Drame dans un miroir » (1960) de Richard Fleisher, « The enemy general » (1960) de George Sherman, « Le grand risque » (1961) de Richard Fleisher,  « Le couteau dans la plaie » (1962) de Anatole Litvak, « Charade » (1963) de Stanley Donen, « Le train » (1964) de John Frankenheimer, « Les centurions » (1966) de Mark Robson, « Comment voler un million de dollars » (1966) de William Wyler, « La nuit du lendemain » (1968) de Hubert Cornfield, « Darling Lili » (1970) de Blake Edwards, « Shaft contre les trafiquants d’hommes » (1973) de John Guillermin, « L’île sur le toit du monde » (1974) de Robert Stevenson, « Marathon man » (1976) de John Schlesinger, « La coccinelle à Monte Carlo » (1977)  de Vincent McEveety et son ultime film « A star for two » (1991) de Jim Kaufman.
Il a ainsi côtoyé  des acteurs comme Cary Grant, Anthony Quinn, Lauren Bacall, Marlon Brando, Audrey Hepburn, Sophia Loren, Anthony Perkins, Peter O’Toole…

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