MORFALOUS (LES) (1984)

FILM DE : Henri Verneuil
PAYS : FRANCE
GENRE : Guerre, Comédie, Braquage
AVEC : Jean-Paul Belmondo, Jacques Villeret, Michel Constantin, Michel Creton, Marie Laforêt, François Perrot, Matthias Habich, Michel Beaune…
SCÉNARIO : Michel Audiard, Pierre Siniac, Henri Verneuil
MUSIQUE : Georges Delerue

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SYNOPSIS

Seconde guerre mondiale, ville d’El Ksour en Tunisie, un détachement de la légion étrangère est chargée de récupérer l’or d’une banque pour le convoyer à l’abri des troupes allemandes. Mais sur les hauteurs l’artillerie ennemie décime les légionnaires à l’exception de 4 hommes qui se réfugient dans un bâtiment proche de la banque. Ils y rencontrent l’artilleur Béral qui passe son temps au toilettes victimes de boyaux sensibles… Après une tentative de récupérer des munitions menée par l’adjudant Mahuzard qui se solde par un échec et la mort d’un des rescapés du bombardement allemand, l’artilleur Béral dévoile qu’une pièce d’artillerie en état de fonctionnement subsiste à 400m de leur cachette.

CRITIQUE

Le film est une adaptation du roman éponyme de Pierre Siniac sorti en 1968. Peut-être aussi vaguement inspiré du film de Brian G. Hutton « De l’or pour les braves » (« Kelly’s heroes« ) (1970) mais ce n’est pas évident.
Dernier film de Jean-Paul Belmondo avec Henri Verneuil et aussi dernier film de l’acteur dialogué par Michel Audiard.
Les trois hommes sont sur la planche glissante du déclin cinématographique. C’est un peu leur chant du Cygne que ces « Morfalous« .

Henri Verneuil tournera deux films sur ses souvenirs d’enfance « Mayrig » (1991) et « 588 rue Paradis » (1992) puis s’éteindra en 2002. Pour ce film il est moins attentif sur les lumières mais aussi les décors. Le film est aussi truffé d’erreurs historiques, chronologiques, ainsi que sur les matériels militaires montrés à l’écran. Un genre de bric à brac souvent anachronique.

Michel Audiard il faut le dire, n’y a pas mis tout son savoir faire. Mais il faut dire que même un Audiard en petite forme (il est usé par la vie) vaut par moments le détour, et le film en détient quelques uns. Il décédera en 1985.

Enfin Jean-Paul Belmondo n’atteint plus le million d’entrées à Paris, malgré un démarrage en salles fulgurant en première semaine. Le film éreinté par la critique et par un bouche à oreille désastreux, sombre rapidement.

Reste que la bande des 4 montrés sur l’écran: Michel Constantin, Jacques Villeret, Michel Creton et Jean-Paul Belmondo fonctionne très bien. A la disparition des trois premiers cités dans le dernier quart du film, celui-ci s’enlise pour finir de façon très décevante.

Marie Laforêt fait aussi un beau numéro de garce, la cuisse légère, et la langue bien pendue. C’est elle qui récolte la palme de la meilleure saillie audiardesque du film, en faisant une oraison funèbre, à propos de son mari mort électrocuté en urinant sur un câble haute tension :« C’est bien la première fois qu’il fait des étincelles avec sa bite » .

Georges Delerue (1925-1992) signe une musique qui ne reste pas dans les annales de ses créations les plus mémorables. Cependant la musique sert le film au mieux.

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LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Pendant que le sergent Augagneur conte fleurette à madame Hélène Laroche-Fréon, l’adjudant Mahuzard narre les ficelles de la drague de son subordonné. Et effectivement, la technique du sergent suit une trame immuable mais redoutable d’efficacité!

NOTE : 11/20

L’ANECDOTE

Henri Verneuil dans l’une de ses interviews disait du film qu' »il s’agissait d’une pochade militaire, sans prétention, une farce dans le drame de la guerre avec un Belmondo énorme… [mais] un film très bien fait et très efficace. »

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