Le Nouvel Hollywood naît de la conjonction de plusieurs faits. Le premier et le plus important est l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy en 1963, la montée en puissance du « flower power », la plongée de l’Amérique dans la guerre du Vietnam (que l’on est persuadé à l’époque de gagner), tout cela sur une crise du cinéma américain dans les années 1960 face à la télévision qui devient le média préféré des américains, et un manque de renouvellement des dirigeants à Hollywood qui pour la plupart sont assis sur leur siège depuis l’avènement du muet et suivent des vieilles recettes qui n’intéressent plus le public.
Les studios sont en quasi cessation de paiement. De plus la fin du code Hays (sorte d’auto-censure des majors que les réalisateurs se feront un plaisir de détourner d’une façon ou d’une autre tout au long des années 1934 à 1966) ouvre de plus grandes libertés dans la mise en image de la violence et de la sexualité.
En désespoir de cause ils se tournent vers de nouveaux réalisateurs. Cette génération contrairement aux précédentes est cinéphile et notamment influencée par la « Nouvelle Vague » qui a en partie bouleversé le cinéma français.
Trois films lancent le mouvement « Bonnie & Clyde » (1967) de Arthur Penn, « Le lauréat » (« The graduate« ) « Le plongeon » (« The swimmer« ) (1968) de Frank Perry (et Sydney Pollack non crédité).
C’est le western de Michael Cimino « La porte du Paradis » (« Heaven’s gate« ) (1980) et le fracas de son échec qui mettent fin à ce mouvement.
L’Amérique des « winners » de Ronald Reagan revient en force.
Le Nouvel Hollywood s’intéresse beaucoup au marginaux, aux déclassés mis sur le bas côté du rêve américain. D’où peut-être un grand nombre de road-movies qui illustreront cette nouvelle vision de l’Amérique.
Les réalisateurs importants de ce mouvement sont : Mike Nichols « Le lauréat« , Robert Altman « M.A.S.H.« , Peter Bogdanovich « La dernière séance« , Michael Cimino « Voyage au bout de l’enfer« , Martin Scorsese « Taxi driver« , Hal Ashby « La dernière corvée« , George Lucas « American graffitti« , Roman Polanski « Chinatown » et Francis Ford Coppola « Conversation secrète« . On peut aussi y ajouter Woody Allen « Annie Hall » un peu à part dans le système et dans les thèmes.