QUAI DES BRUMES (LE) (1938)

FILM DE : Marcel Carné
PAYS : France
GENRE : Drame
AVEC : Jean Gabin, Michèle Morgan, Michel Simon, Pierre Brasseur, Delmont, Aimos, Robert Le Vigan…
MUSIQUE : Maurice Jaubert

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SYNOPSIS : Le Havre, à la fin des années 1930, Jean un déserteur cherche à fuir la France, en prenant un bateau. Il trouve refuge dans un premier temps chez un dénommé « Panama » qui tient une gargote isolée vers la mer. Ce soir là il rencontre un peintre qui dit des choses étranges et une jeune femme nommée Nelly. Tandis qu’il mange Jean fait connaissance avec Nelly, jusqu’à ce qu’un incident les interrompt: des coups de feu claquent dans la nuit et un certain Zabel pourchassé vient se réfugier dans l’estaminet…

CRITIQUE : « Le quai des brumes » préfigure déjà le chef d’œuvre que Marcel Carné tournera un an plus tard avec « Le jour se lève« . Les bases du drame sont déjà en place un homme qui fuit et tombe amoureux, se retrouve pris dans des évènements dont il n’a pas la maîtrise et qui finiront par lui coûter la vie. Avec pour dialoguiste un Jacques Prévert en pleine possession de son art, le travail magnifique de Alexandre Trauner, la musique somptueuse de Maurice Jaubert. Tous présents dans les deux films. Et bien sûr Jean Gabin icône du petit peuple des années 1930 et du Front Populaire, souvent en révolte et presque toujours broyé par le destin. La grande différence des deux films est que le travail sur la lumière n’est pas aussi exceptionnel sur « Le quai des brumes » que sur « Le jour se lève » et que dans le premier la distribution est un peu déséquilibrée notamment par la contre performance de Pierre Brasseur, qui surjoue un peu trop les petites frappes. Film malgré tout magnifique. C’est un hymne sombre aux petites gens, certains pris par la dépression (le peintre), d’autres par l’alcool (Quart Vittel), d’autres aux mains de malfaisants (Nelly) ou bien dans un étau que la société resserre peu à peu sur eux même (Jean). C’est un film qui touche du doigt une poésie du quotidien dont Jacques Prévert s’est fait le chantre. La fameuse phrase « T’as d’beaux yeux, tu sais »  en est la preuve magistrale. Elle est d’une banalité rare mais dite par un Jean Gabin inspiré, et reçue par une Michèle Morgan dont le gros plan du visage est superbement éclairé, cela ne pouvait que faire mouche auprès du public.

LA SCENE D’ANTHOLOGIE :

NOTE : 16/20

L’ANECDOTE : Jean Renoir alors membre du parti communiste, n’apprécia pas du tout de voir de telles perversions chez les gens du bas peuple. Il lança une polémique sur le film, le surnommant « Le cul des brèmes » par mépris, et traita le film de véhiculer une idéologie fasciste. Il faillit en venir au mains avec Jacques Prévert qui n’apprécia pas du tout les propos. Jean Renoir dût se reprendre et sans se désavouer en disant qu’en voyant le film et le désordre mental des personnages la tentation d’un ordre fasciste faisant irruption dans le film pour y mettre un terme à cette déchéance était forte.

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