SOIF DU MAL (LA) (1958) version director’s cut (1997)

rueducine.com-la-soif-du-mal-1958-1997FILM DE : Orson Welles
TITRE ORIGINAL : Touch of Evil
PAYS : USA
GENRE : Film noir, Policier
AVEC : Charlton Heston, Janet Leigh, Orson Welles, Joseph Calleia, Ray Collins, Akim Tamiroff, Marlene Dietrich, Victor Millan, Dennis Weaver, Zsa Zsa Gabor…
MUSIQUE : Henry Mancini

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SYNOPSIS : Ville frontalière du Mexique à la fin des années 1950. Un homme pose une bombe dans une voiture côté mexicain, la voiture passe la frontière et explose côté américain. Les relations entre le Mexique et les Etats-unis risquent de se tendre. Un policier mexicain Mike Vargas en voyage de noce avec sa femme décide de s’impliquer dans l’enquête. Tandis que le District Attorney Adair et le capitaine de police Hank Quinlan mênent l’enquête pour les Etats-Unis. Un mafieu local Joe Grandi exerce des pressions sur la femme de l’inspecteur Vargas…

CRITIQUE : Le film commence par trois minutes de plan-séquence à la grue d’une virtuosité inégalée. Malgré toutes les tentatives de Brian de Palma. Ce film est un chef d’oeuvre commençons de suite par dire l’essentiel. D’abord techniquement Orson Welles maîtrise comme personne le sens du cadrage et de l’évolution des personnages dans le cadre imparti.
De plus en un plan le réalisateur nous inonde d’informations, en passant d’un personnage à un objet du premier plan au second plan en une fraction de seconde. Le film est ensuite réalisé dans un somptueux noir et blanc aux contrastes prononcés signé Russell Metty qui plus tard ressortira cet écrin pour « Les désaxés » (The misfits) de John Huston.
Les décors qui sont aussi importants que les personnages, la scène finale avec les derricks mais aussi la décharge dans laquelle évolue l’inspecteur Vargas sont tout à fait symptomatiques de cette recherche dans la réalisation. La musique de Henry Mancini qui mélange jazz rock ou jazz-mambo qui noircit encore plus le propos est sensationnelle.
Enfin excepté le rôle du gardien de nuit du motel tenu par Dennis Weaver qui sur-joue un débile léger, le reste du casting est au summum de l’interprétation.
Bien entendu Orson Welles en flic véreux se taille la part du lion mais Charlton Heston en flic honnète ou Janet Leigh dans le rôle de sa femme ne sont pas de reste. Enfin le film vaut surtout pour son sujet.
Enquête dans l’enquête, film dans lequel la corruption est du côté inattendu c’est à dire côté USA et non Mexique ce qui en ces années n’allait pas de soi. De plus cette corruption n’a pas un but d’enrichissement ou de pouvoir, c’est juste une perversion nécessaire à alimenter la légendaire infaillibilité de l’inspecteur Quinlan dans ces intuitions policières.

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LA SECENE D’ANTHOLOGIE : Sans surprise la grande scène d’ouverture en plan séquence qui suit une voiture piégée et des piétons dans la ville de Los Robles. Inoubliable!

NOTE : 18/20

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L’ANECDOTE : Charlton Heston choisit Orson Welles qui ne tourne plus depuis 10 ans pour réaliser ce film. Orson Welles quitte les États-Unis après le montage de son film pour tourner en Espagne « Don Quichotte » A son retour le film a été remonté par le studio, des scènes ont été tournées par un autre réalisateur et ajoutées. Orson Welles se fend alors d’une supplique de 58 pages pour justifier son montage et demander (en vain) le remontage de sa version. Charlton Heston (grâce lui en soit rendu) a conservé cette lettre qui en 1997 servira à restaurer le film et à monter une director’s cut.

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