VIE DIFFICILE (UNE) (1961)

rueducine.com-une-vie-difficile-1961FILM DE : Dino Risi
TITRE ORIGINAL : Una vita difficile
PAYS : ITALIE
GENRE : Comédie, Comédie à l’italienne
AVEC : Alberto Sordi, Lea Massari, Franco Fabrizi, Lina Volonghi, Claudio Gora, Daniele Vargas, Silvana Mangano, Vittorio Gassman…
SCÉNARIO : Rodolfo Sonego
MUSIQUE : Carlo Savina

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SYNOPSIS : Après l’armistice de Cassibile dit armistice du « 8 septembre« , Silvio Magnozzi a quitté ses études pour entrer dans la résistance contre l’occupant allemand. Etant un des rares lettrés il est chargé des tracts et du journal de la résistance dans la région du lac de Côme. Mais les allemands trouvent l’imprimerie clandestine. Silvio doit fuir. On lui conseille de se réfugier dans une auberge tenue par des gens proches de la résistance. Mais l’auberge dans laquelle il débarque est truffée d’allemands. La propriétaire est donc très prudente et refuse de l’héberger. Un soldat le surprend plaidant sa cause et la supplier de l’héberger. Il l’arrête. Elena la fille de l’aubergiste, tue le soldat allemand d’un coup de fer à repasser. Elle cache Silvio Magnozzi dans un vieux moulin. C’est le temps de manger et et de dormir dans un bon lit, puis il repart. Trois mois après il file le parfait amour dans le moulin avec Elena et n’a toujours pas rejoint ses amis partisans…

CRITIQUE : Ce n’est pas le film le plus connu de Dino Risi. Il mérite cependant d’être introduit dans les belles œuvres du maître de la comédie italienne. Le film a une place stratégique. En effet le début du film fait appel au néoréalisme alors que vers le deuxième tiers du film plonge allègrement dans les parfums doux amers de la comédie italienne dont Dino Risi s’est fait le chantre. Le film annonce les grandes œuvres bilan de Ettore Scola que seront « Nous nous sommes tant aimés » (« C’eravamo tanto amati« ) (1974) et « La terrasse » (« La terrazza« ) (1980).
Dino Risi et son scénariste Rodolfo Sonego montrent une Italie qui sur la fin de la guerre jusqu’au boum économique 15 ans plus tard sort de la monarchie pour se livrer entre les mains de la Démocratie Chrétienne (DC), et ses alliés de fait les ultra libéraux chefs d’entreprise.
Alberto Sordi trace inlassablement son sillon en incarnant une fois de plus (parce que son génie l’impose) un italien moyen.
Ici il est un ancien résistant de gauche, journaliste dans un quotidien dit de gauche mais qui ne transige pas face à la réalité. Silvio Magnozzi  refuse les compromis avec les forces de droites adverses au détriment de son train de vie. Il se retrouve même en prison pour avoir été un peu trop enthousiaste lors d’un mouvement insurrectionnel.
Il finira par payer son manque de réalisme et sa vie de misère par la séparation d’avec sa femme, qui ira se réfugier dans le milieu qu’il hait le plus : le milieu des affaires corrompu et corrupteur auquel il a si fièrement et héroïquement dit: Non!
Dino Risi et Rodolfo Sonego s’interrogent sur l’homme et la doctrine politique gauchiste face à la société qui elle devient de plus en plus libérale.
Film somme qui embrasse les thèmes de la politique, de l’économie, du social, du couple, du cinéma, de la littérature.
Film aussi visionnaire : Comment ne pas voir en cet homme d’affaires Commendatore Bracci qui pour ne pas voir son nom dans les journaux dans une affaire de corruption propose à Silvio, argent, voiture, terrains, et maison : un prochain Cavaliere Berlusconi.

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LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE : Le soir du référendum sur le choix entre république et Monarchie, Silvio et Elena affamés et désargentés après avoir été éjectés de leur restaurant habituel à cause d’une trop grosse ardoise, se voient invités dans une famille de vieille noblesse décadente et pro monarchiste acharnée. Parce qu’ils étaient 13 à table et que cela porte malheur surtout un soir d’élection. Les résultats tombent alors que le repas commence à être servi. La vieille monarchiste apprenant le résultat défavorable à son parti, quitte la table demi morte suivie de toute la famille. Les fetuccini seront mangés par Silvio et Elena. Grande scène d’ambiance.

NOTE : 16/20

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L’ANECDOTE : Le film écrit par Rodolfo Sonego est en partie autobiographique. En effet le scénariste est entré en résistance après le 8 septembre 1943. En 1946 il se rend à Rome et fréquente les milieux artistiques mais connaît la vie de bohème pendant quelques mois.

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