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Synopsis

Paris, début des années 1970, Charles Masson étrangle une femme dans ce qui semble être un jeu sadomasochiste qui a dérapé. Il a la quarantaine et c’est un chef d’entreprise d’une agence publicitaire. Il se réfugie dans un bar où il avale deux whiskys coup sur coup au comptoir. Puis il se rend aux toilettes où il vomit. Une fois remis, il retourne au comptoir où il est inerpellé par un homme. C’est François Tellier son ami. Celui-ci lui propose de le ramener chez lui dans leur petite ville de banlieue où tous deux ont chacun leur maison. Charles accepte. François invite Charles à prendre un dernier verre au bar de Jeannot. Alors que les apéritifs sont servis François est appelé au téléphone. Il s’absente pour répondre. Quand il revient, il apprend à Charles que sa femme a eu un accident et qu’il doit retourner à Paris en urgence. Charles propose de l’accompagner mais François décline. Charles rentre à pied chez lui où l’attend sa femme ses deux enfants et une fille au pair…

CRITIQUE

Dans ce qu’il est commun d’appeler la période pompidolienne de Claude Chabrol (qui ausculte la petite bourgeoisie française de province ou de banlieue post 1968) « Juste avant la nuit » se situe entre « La rupture » et « Les noces rouges » (1973) ultime film de l’appellation.
Ce film est une adpatation d’un roman d’Edward Selim Atiyah « The thin line » paru en 1951.
La bourgeoisie incarne l’ordre et la morale. C’est elle qui dirige le pays et fait les lois au Parlement.
Mais certains de ses membres peuvent être déréglés. Comme Charles Masson qui ne fait plus l’amour à sa femme et pratique l’amour sadomasochiste (bien qu’il dise ne pas aimer cela) avec celle de son ami et finit par la tuer, soit dans le jeu sexuel qui a dérapé, soit pour mettre fin à ce dévoiement sexuel et moral.


Ce dérèglement qui n’est pas sanctionné par la justice lui devient insupportable. Plus le temps passe plus il réclame son jugement. D’autant qu’un de ses employés qui a piqué dans la caisse est lui bel et bien pris et puni pour son geste, bien minime par rapport à celui d’un assassin.
Claude Chabrol utilise la métaphore du rat qui dérange la quiétude de la famille bourgeoise et finit par payer son audace pris dans un piège.
Charles Masson ne comprend pas que son écart de conduite qui nuit à la société ne le mène pas devant la justice.

Sa femme fera « le travail de la justice ». Ne pouvant supporter les remords de son mari qui s’est déjà confessé à son ami François, qui accepte l’assassinat de sa femme volage et dévoyée, et qui à présent veut se dénoncer à la police et donc mettre en péril l’ordre familial. C’en est trop pour Hélène qui supprimera son mari d’une surdose de somnifère.
Ainsi choisit-elle le moindre mal : la suppression du problème plutôt que faire subir à ses enfants et elle-même un mari en prison pour des années.
D’ailleurs les enfants « commencent à oublier » la disparition de leur père.

Claude Chabrol fait de François l’ami de Charles un personnage étrange. Lorsque Charles lui révèle la vérité : il l’a fait cocu et a assassiné sa femme, François reste mutique et ne semble pas en vouloir à Charles. Car après tout Charles a remis de l’ordre dans sa vie.

Les trois acteurs principaux sont magnifiques. Michel Bouquet rongé par la culpabilité est l’acteur idoine.
Stéphane Audran, alors femme de Claude Chabrol qui lui offre les principaux rôles féminins de ses films et dont la plupart se prénomment Hélène, incarne une femme épanouie dans sa vie de couple bien qu’ils n’aient plus de realtions sexuelles. Elle est heureuse avec ses deux enfants et sa vie de mère au foyer gâtée par les ressources financières de son mari.
Cette quiétude menacée par son mari repentant l’obligera à bouleverser quelque peu l’ordre familial.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Charles est en pleine dépression. Rongé par la culpabilité, il pleure et ne veut plus aller à son travail. Hélène lui propose de passer trois jours au bord de la mer.

L’ANECDOTE

Pierre Jansen est le musicien attitré de Claude Chabrol jusqu’en 1982. Il a illustré par conséquent tous les films dits « pompidoliens » de Chabrol. Musique souvent éthérée avec une prédominance des cordes, mélodique mais sans airs remarquable. Pierre Jansen sert avant tout le film plus que son art.

NOTE : 14/20

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