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Synopsis

Madrid années 1980, Diego Montes ex torero tient une école de tauromachie dans laquelle Angel apprend à toréer. Diego Montes prend à part Angel et lui demande s’il ne serait pas homosexuel. Angel s’offusque et repart en disant qu’il prouvera qu’il n’est pas homosexuel. Le soir il suit sa voisine. Il profite d’une ruelle déserte pour la violer. Mais il s’évanouit à la vue du sang quand Eva se blesse en se dégageant de son emprise. Eva est la maîtresse de Diego Montes. Angel rentre chez lui. Sa mère, veuve, est une dévote et reproche à son fils de ne plus aller à confesse. Pendant ce temps une femme tue ses amants avec une épingle à cheveux qu’elle enfonce dans la moelle épinière comme un torero tue le taureau; et deux élèves ont mystérieusement disparues…

CRITIQUE

Si le film a quelques facilités scénaristiques, Pedro Almodóvar montre qu’il a du potentiel narratif et de l’originalité dans ses sujets. Ici le film tourne autour du ritual de la mise à mort en tauromachie appliquée aux humains. L’Espagne sort de la movida (1980-1984) dont Pedro Almodóvar est le plus grand représentant au cinéma, avec des films foutraques et libertaires notamment sur les thèmes de la sexualité et la drogue comme « Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier » (« Pepi, Luci, Bom y otras chicas del montón« ) (1980), « Le labyrinte des passions » (« Laberinto de pasiones ») (1982), « Dans les ténèbres » (« Entre tinieblas« ) (1983) et « Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? » (« ¿Qué he hecho yo para merecer esto?« ) (1984).
Très vite il agrège autour de lui des actrices fidèles. Carmen Maura, Chus Lampreave, Julieta Serrano, Marisa Paredes, Verónica Forqué et plus tard Victoria Abril, et Rossy de Palma, et Penelope Cruz… et tourne des films féministes.


Pour « Matador » les femmes sont des amoureuses passionnées des hommes ou de dieu. Parfois jusqu’à les assassiner.
Pedro Almodóvar joue avec les codes de la tauromachie de la sexualité hétérosexuelle ou pas et de la violence gore. Le cocktail est détonnant malgré une écriture parfois relâché du scénario.
Le fait que les personnages se relient tous est parfois tiré par les cheveux. Que la voisine d’Angel soit la maîtresse de son professeur de tauromachie est tirée par les cheveux et plonge le spectateur dans la perpléxité. De même le passage de « voyance » d’Angel gâche la fin du film.

Les acteurs servent le film avec implication.
Assumpta Serna se révèle être une veuve noire mémorable. Antonio Banderas qui a débuté sa carrière avec « Le labyrinthe des passsions » (1982), est déjà bien lancé lorsqu’il tourne dans « Matador« . Il n’est certes pas encore la star internationale qu’il sera dix ans plus tard.
Julieta Serrano en dévote ramène le spectateur (qui a pu les connaître) dans l’obscurantisme des années du franquisme.

Pedro Almodóvar avec « Matador » clôt la première période du cinéaste et annonce son cinéma (qui aura de plus en plus de moyens financiers) des dix prochaines années avant de basculer dans le romantisme et l’introspection dans les années 2000-2010.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

La première mise à mort de Maria Cardenal pratiquée sur son amant pendant le coït. Une scène qui marque le jeune cinéphile.

L’ANECDOTE

Le film est très mal accueilli par la critique. Le film n’est pas un succès, sans être un échec public. Restauré 40 ans plus tard il ressort en grande pompe au festival de la Mostra de Venise.

NOTE : 14/20

 

 

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