TÉMOIN À CHARGE
- Charles Laughton, Elsa Lanchester, Francis Compton, John Williams, Marlene Dietrich, Norma Varden, Tyrone Power
- Billy Wilder
- Procès
- 1957
- Witness for prosecution
- USA
- Billy Wilder, Harry Kurnitz, Larry Marcus
- Matty Malneck
Synopsis
Londres années 1950, Sir Wilfrid, un avocat brillant et expérimenté, sort d’un séjour prolongé à l’hôpital et doit, , renoncer à s’occuper d’affaires criminelles trop stimulantes. Mais un certain Leonard Vole, accusé du meurtre de madame French, vient lui demander son aide. Il raconte sa rencontre avec la riche madame French, et les moments passés avec elle ainsi que sa frustration à ne pas pouvoir vivre de ses inventions mécaniques. Sir Wilfrid persécuté par une infirmière à domicile afin qu’il se repose, dans un premier temps refuse de s’occuper de l’affaire pour préserver sa santé et conseille un autre avocat: Brogan-Moore, un de ses anciens élèves. Après le départ de Leonard Vole, apparaît Christine Vole, femme de Leonard. Elle est son seul alibi pour le soir du meurtre…
CRITIQUE
Agatha Christie a voué sa vie d’écrivaine à démontrer que le crime parfait n’existait pas… ou presque. En 1925 elle publie une nouvelle « Témoin à charge » qui atteste que le crime parfait existe.
L’assassin Leonard Vole étant acquitté.
Mais ça la turlupine la Christie qui, en 1953, ressort l’histoire sous forme de pièce de théâtre, et y ajoute après le verdict d’acquittement, une scène qui punira le coupable acquitté. Donc si le crime parfait existe, il n’en reste pas moins que l’assassin est châtié.
C’est cette fin qui sera conservée dans le film.
Billy Wilder et les scénaristes remanient la pièce afin de centrer le récit sur l’avocat Wilfrid. Quand on a le génial Charles Laughton comme acteur, c’eût été dommage qu’il n’en fut pas ainsi. L’acteur britannique multiplie les facéties pour se libérer de son infirmière garde-chiourme et lors du procès utilise des procédés retors pour faire apparaître ce qu’il pense être la vérité.
Le génie de l’histoire vient que l’avocat capé, madré se fait manipuler et malgré le pressentiment d’un procès « trop facile » ne parvient pas à déceler la manipulation.
C’est aussi le rôle qu’il a lors du drame final désignant l’arme fatale par les reflets de lumière de son monocle. Monocle qui sert à lui révéler si les personnes qui viennent dans son cabinet lui disent la vérité ou pas mais qui avec le couple Vole s’est révélé inefficace.
Nous l’avons vu Charles Laughton est un génie de l’art dramatique, dans ce film est est comme un poisson dans l’eau. Très bien servi par la mise en scène de Billy Wilder. Il est le contrepoint comique du thriller (notamment avec ses déboires médicaux mais aussi ses manies, comme son addiction à l’alcool, aux cigares et ses jeux de monocle).
Marlene Dietrich est quand à elle le mystère incarné. Ses témoignages accablants pour son mari étonnent le spectateur ainsi que l’avocat Sir Wilfrid qui ne comprend pas ses motivations. Son visage creusé, son androgynie mise en exergue par le réalisateur et le photographe du plateau ajoutent à cet aspect insondable.
Quant à Tyrone Power il joue à la perfection l’innocent pris dans un piège qui l’accable. Sa candeur et sa peur d’une culpabilité indiscutable pour le jury sont parfaitement exécutés.
L’avocat Sir Wilfrid n’est pas le seul manipulé. Le spectateur l’est tout autant car ils détiennent les mêmes informations.
Agatha Christie a dit que c’était la meilleure adaptation d’un de ses ouvrages. Nous acquiesçons.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
Après le verdict, madame Vole retourne dans la salle du tribunal et dévoile à l’avocat la manipulation dont il a été victime.
L’ANECDOTE
Le film concourt aux Oscars en compétition avec « Le pont de la rivière Kwai » (« The Bridge on the River Kwai « ) de David Lean. Ce dernier raflera les statuettes ne laissant que les nominations à « Témoin à charge« .




