rueducine.com-alain-resnaisAlain Resnais avant de faire des longs métrages commence à véritablement se faire connaître par des courts a destination documentaire. Et il trouve la consécration avec « Nuit et brouillard » en 1955 film devenu référent sur les camps de concentrations. C’est l’historien Henri Michel qui s’est spécialisé dans la seconde guerre mondiale qui a demandé à Alain Resnais de réaliser ce film sur lequel il était conseiller historique.
Titillé par la France et la République Fédérale d’Allemagne, le film a quelques soucis avant sa sortie. Depuis le film est souvent utilisé à usage pédagogique pour les classes de 3ème en France.
Alain Resnais est couronné à Cannes avec « Hiroshima mon amour » (1959) écrit par Marguerite Duras. Oeuvre novatrice détestée ou adulée, le film connaît un immense succès en salles.
Deux ans plus tard avec « L’année dernière à Marienbad »  (1961) Alain Resnais avec la complicité de son scénariste Alain Robbe-Grillet (un des chef de file du nouveau roman) continue d’explorer de nouvelles façon de présenter le récit au cinéma. Le film trouve son public mais à moindre échelle que le film précédent.
En 1966 avec « La guerre est finie » écrit par Jorge Semprun portrait d’un militant communiste espagnol réfugié en France qui aide les mouvements antifranquiste de l’autre côté des Pyrénées. Le film soulève un tollé du côté du gouvernement franquiste. Sous la pression le film est retiré du festival de Cannes.
Puis en 1974 Alain Resnais tourne avec Jean-Paul Belmondo, producteur, « Stavisky« . Le film déçoit les fans de Bébel et les tenants du cinéaste Alain Resnais. C’est un véritable désastre à Cannes où il se fait éreinter. Dans les salles pour un film avec la star française c’est clairement un échec commercial.
« Providence » en 1977 remet Alain Resnais derrière la caméra. Film qui emploie la psychanalyse comme thème principal. Mémoire, réalité, fantasmes se confrontent. Alain Resnais réunit une distribution internationale : Dirk Bogarde, John Gielgud, Ellen Burstyn.
rueducine.com-cesarLe film rafle 7 « César ». Dont les plus prestigieux. Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario…
Avec « Mon oncle d’Amérique » (1980) ou le professeur Henri Laborit neurobiologiste et éthologue intervient, Alain Resnais continue de chercher de nouvelles voies d’élaborer le récit cinématographique. Ici il s’applique en trois récit à décrire le fonctionnement du cerveau humain. Le film est décrié par une partie des scientifiques qui jugent puériles les interventions du professeur Laborit.
Le film reçoit le grand prix au festival de Cannes.
Alain Resnais en 1983 tourne « La vie est un roman » film encore une fois en dehors de toute narration linéaire avec à nouveau trois récits qui le composent. Il tourne avec un quatuor d’acteurs qui deviendra le socle d’interprètes de ses futures réalisations. Je parle de Sabine Azéma, Fanny Ardant, Pierre Arditi et André Dussollier. Alain resnais va se constituer au fil du temps une petite troupe de fidèles autour de lui : Lambert Wilson, Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Anne Consigny, Michel Vuillermoz…
Le spectateur les retrouvera dans des films de plus en plus ludiques et cependant artistiquement exigeants. « L’amour à mort » (1984), « Mélo » (1986).
Avec « Smoking«  et « No smoking » (1993) il tourne avec seulement deux acteurs Sabine Azéma et Pierre Arditi qui interprètent plusieurs personnages. Le film exploité dans les salles en deux films est l’adaptation d’une pièce de Alan Ayckbourn composée de 8 mini pièces dont 6 seront adaptées  par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri qui ainsi se rapprochent du réalisateur.

Ils écrivent pour lui en 1997 « On connaît la chanson » le film qui connut le plus gros succès public du réalisateur. Des extraits de chansons interprétées, au milieu des dialogues, en play-back par les acteurs viennent appuyer les dialogues.
A plus de quatre vingts ans Alain Resnais enchaîne les tournages avec la régularité d’un métronome : 2003 il tourne « Pas sur la bouche » d’après une opérette de André Barde et Maurice Yvain. Les acteurs chantent sans play-back. Succès mitigé.
Puis « Coeurs » en 2006 autre pièce de Alan Ayckbourn. Film tourné en intégralité en studio. 2009 « Les herbes folles« , 2012 « Vous n’avez encore rien vu« , et 2014 « Aimer boire et chanter » film qu’il ne verra pas sortir sur les écrans.
Alain Resnais a réussi à fédérer autour de lui un public fidèle à ses facéties et sa constante recherche narrative.
Proche du mouvement de « la « nouvelle vague« , avec Jean-Luc Godard il est le seul à avoir maintenu le côté expérimental de la narration et de la réalisation. Même s’il a tourné des films entièrement en studio, chose honnie par le mouvement, il n’en a âsmoins trouvé le moyen de signer une oeuvre importante au cinéma et originale.rueducine.com-alain-resnais-sabine-azéma-anne-consigny