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SYNOPSIS

Dans un train en marche, un homme pousse une femme hors du wagon. L’homme s’appelle Berthier, riche homme d’affaires. Une enquête par un juge d’instruction est menée au bout de laquelle il déclare un non-lieu. Le doute quant à l’assassinat bénéficiant au prévenu. Mais c’est sans compter sur Ancelin, le mari, certes cocu, mais qui n’aimait pas moins sa femme et décide de la venger. Il s’introduit nuitamment chez Berthier, met en place une mise en scène. Quand Berthier trouve Ancelin chez lui, celui-ci continue de clamer son innocence, mais Ancelin ne s’en laisse pas compter et après avoir assommé l’assassin de sa femme il le pend et fait croire à un suicide. Mais le crime accompli en sortant de chez Berthier, il croise un taxi qui le voit sortir de chez Berthier. Quand Ancelin réalise qu’il peut être un témoin gênant c’est trop tard. Ancelin va donc tenter de supprimer le taxi dans d’autres circonstances…

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CRITIQUE

Petite perle du film noir français.

Adaptation d’un roman policier de Boileau-Narcejac de la part de Gérard Oury qui se fait la main avant de passer à la réalisation l’année suivante avec « La main chaude » (1960).
Edouard Molinaro co-écrit le scénario. Ce sera une de ses rares incursions dans le genre du thriller avec « Des femmes disparaissent » (1958) et  « La mort de Belle » (1961).

Mais on retiendra surtout ce film parfaitement écrit, avec une belle ambiance de la nuit parisienne au début des années 1960. Mais aussi une intrigue quasi parfaite sur le destin tragique d’un homme qui ne supporte pas l’injustice faite à sa femme défunte, et qui finira comme l’homme qu’il a haï.

La production n’hésite pas à mettre sur l’affiche et au générique du film les radio-taxis comme acteurs. Et effectivement le film s’attache à montrer ce métier méconnu des français (notamment les provinciaux) et le corporatisme qui les soude face à un adversaire qui menace l’un des leur.

C’est aussi le Paris des travailleurs et du petit peuple. Avec ses descentes dans le métro (en bois) à l’époque des poinçonneurs et les attentes aux portillons avant que la rame ne soit entrée dans la station.

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Edouard Molinaro tient bien son film et son sujet par un beau noir et blanc, un montage nerveux qui donne une sensation de quasi temps réel et une direction d’acteur impeccable.

Si Franco Fabrizi qui est là pour des raisons de coproduction franco-italienne, il y est bien moins à l’aise que dans les comédies à l’italienne où il fait partie des piliers du genre.
Reste que Lino Ventura bouffe littéralement l’écran et il parvient à faire osciller en permanence le spectateur entre empathie et antipathie pour son personnage.

Le jazzman Barney Wilen signe une B.O. de jazz, genre musical très prisé en France pour les films noirs. Quoique tout à fait écoutable, la musique du film manque un peu de puissance émotionnelle.

 

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LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

La poursuite finale d’Ancelin par les radios-taxis. Très réussie sur le plan formel et émotionnel.

L’ANECDOTE

Alain Corneau dans son film « La menace » (1977) reprendra cette chasse à l’homme finale. Non pas par des taxis dans Paris mais par des trucks (énormes camions) au Canada.

NOTE : 15/20

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