rueducine.com-jean-gabin1Filmographie sélective

Jean Gabin obtient son tout premier rôle dans le film « Ohé! les valises » en 1928 un court métrage présentant un numéro de music-hall. Jean Gabin est chanteur il fait des revues notamment avec Mistinguett. Ce sont les débuts du cinéma parlant et jusqu’en 1930 il fera quelques apparitions dans des rôles liés au music-hall.

Le premier grand rôle de Jean Gabin au cinéma est pour le film « Chacun sa chance » de Hans Steihnoff et René Pujol. Puis en 1932 il tourne « Les gaitées de l’escadron » de Maurice Tourneur d’après Georges Courteline. Il a pour partenaires Raimu et Fernandel. C’est un gros succès.

S’ensuit une collaboration soutenue avec Julien Duvivier. Cela commence en 1934 avec « Maria Chapdelaine » puis en 1935 avec « Golgotha » et « La bandéra » en 1936 « La belle équipe » et en 1937 « Pépé Le Moko« . Ces trois derniers films étant parmi les plus grands films de la filmographie de Jean Gabin mais aussi du cinéma français. Pour ces films les plus grands scénaristes du moment travaillent pour eux, j’ai nommé Henri Jeanson et Charles Spaak

Charles Spaak qui adaptera le roman « Gueule d’amour » réalisé par Jean Grémillon en 1937. Magnifique film dans lequel l’acteur montre une réelle fragilité. Il retrouve Jean Grémillon, Charles Spaak et Jacques Prévert pour « Remorques » à la veille de la deuxième guerre mondiale.

Les chefs d’oeuvres ne cessent de pleuvoir il en tourne trois avec Jean Renoir alors sous l’influence du groupe Octobre et du parti communiste « Les bas-fonds » en 1936 et « La grande illusion »  l’ année suivante et « La bête humaine » (1938) d’après Emile Zola en 1939. Il en tourne deux autres avec Marcel Carné qui est à l’apogée de son art avec comme scénariste et dialoguiste le poète Jacques Prévert qui fait partie du groupe « Octobre ». Ce seront « Le Quai des brumes » (1938) et « Le jour se lève » (1939) qui bénéficient des décors magnifiques d’ Alexandre Trauner. Ces films seront  érigés en chef d’œuvres universels. Tous ces films marquent la venue du Front populaire dans la politique française mais aussi le désenchantement qu’il suscite et le désespoir des classes sociales inférieures qui ne voient pas leur avenir se déboucher. Le pessimisme et le drame sont l’ambiance récurrentes de toutes ces œuvres.

L’entre-deux guerres s’achève les années noires arrivent. Les grandes plumes des scénarios vont se taire, les grands réalisateurs vont quitter la France, Jean Gabin fait comme ses amis Jean Renoir et Julien Duvivier, il s’expatrie aux Etats-Unis tourne deux films sans saveurs mais il rencontre Marlene Dietrich qui sera le grand amour de sa vie. Ils ne seront amants que jusqu’en 1947. Plus jamais la carrière de Jean Gabin ne franchira de tels sommets cinématographiques même s’il tournera encore de très bons films et aura de grands rôles qui marqueront le cinéma.

En avril 1943 Jean Gabin s’engage dans les fusiliers marins de la deuxième division blindée du général Leclerc et participe à quelques victoires. Il est médaillé. A la fin de la guerre il veut reprendre son activité dans le cinéma. Problème: il a les cheveux blancs!

Il retourne dans les studios avec un film de Georges Lacombe « Martin Roumagnac » dés 1946. Il tourne avec Marlene Dietrich ce drame amoureux. Le public suit. En 1949 avec René Clément sur un scénario de Pierre Bost et Jean Aurenche, un nouveau drame « Au-delà des grilles » une coproduction franco italienne. Ce film reçut en 1951 l’Oscar du meilleur film étranger.

En 1952 il tourne un autre drame: « La vérité sur Bébé Donge » de Henri Decoin avec Danielle Darrieux. Si le filme est une excellente adaptation d’un roman de Georges Simenon, il ne rencontre pas son public.

1953 Jacques Becker tourne le premier véritable film noir français: « Touchez pas au grisbi« . Il donne à Jean Gabin le rôle d’un malfrat quinquagénaire et qui veut raccrocher. Ce film est un tournant pour Jean Gabin qui va enchaîner les rôles dans ce registre. La même année il tourne pour Jean Renoir « French Cancan« .

« Razzia sur la chnouf » de Henri Decoin en 1955 confirme son retour dans le film noir ou policier. Entre 1955 et 1956 il tourne quatre grands films.
« Gas-oil » (1955) de Gilles Grangier avec lequel il collaborera souvent.
« Des gens sans importance«  (1956) de Henri Verneuil qui est leur première collaboration. Il retrouve Julien Duvivier pour « Voici le temps des assassins » toujours en 1956. Il retrouve Gilles Grangier cette même année dans: « Le sang à la tête« .

1956: il a pour partenaire André Bourvil et Louis de Funès pour: « La traversée de Paris » de Claude Autant-Lara. Ce film est le plus célèbre de ce réalisateur. Jean Aurenche et Pierre Bost ont la plume acérée et règlent leur compte avec la période de l’occupation qu’ils ont mal vécue (Voir le film de Bertrand Tavernier: « Laissez-passer« ).

En 1957 il retrouve Gilles Grangier pour « Le rouge est mis » avec Lino Ventura, Paul Frankeur et Marcel Bozzufi et à partir de 1958 il tournera avec Gilles Grangier, devenu son réalisateur fétiche, à de nombreuses reprises :

« Le désordre et la nuit » (1958) dans lequel il retrouve Paul Frankeur et Danielle Darrieux. 1959 un rôle à sa démesure: « Archimède le clochard » mis en dialogue par Michel Audiard avec Bernard Blier, Darry Cowl, Paul Frankeur et Dora Doll.

1960 « Les vieux de la vieille » avec Pierre Fresnay et Noël-Noël un festival de cabotinage. 1961 « Le cave se rebiffe » avec Bernard Blier, Franck Villard et Maurice Biraud. Excellent film.

1962 « Le gentleman d’Epsom » avec Louis de Funès, Franck Villard, Jacques Marin et Madeleine Robinson. 1963 « Maigret voit rouge » Il réinterprète le commissaire de Georges Simenon et enchaîne avec « La cuisine au beurre » comédie gentillette avec Bourvil et Claire Maurier.

1964 il enchaîne avec une autre comédie « L’âge ingrat » avec Fernandel. Pour l’occasion il crée avec son partenaire une société de production la GAFER contraction des deux premières syllabes des noms des deux stars. Ce sera son dernier film avec Gilles Grangier.

Mais il a aussi travaillé pour Jean Delannoy: en 1955 pour « Chiens perdus sans collier » avec Robert Dalban et Dora Doll. En 1958 « Maigret tend un piège » où il endosse pour la première fois le pardessus du commissaire enchaînant avec « Maigret et l’affaire Saint Fiacre » l’année suivante.

Puis en 1960 « Le baron de l’écluse » une comédie dialoguée par Michel Audiard qui avait aussi dialogué les deux Maigret. Il le retrouvera dans un film mineur: « Le soleil des voyous » en 1967.

Il rencontrera à plusieurs reprises Henri Verneuil qui seront à chaque fois de grands films. 1961 « Le président« , 1962 « Un singe en hiver« , 1963 « Mélodie en sous-sol« , et 1969 « Le clan des siciliens« .

Jean Gabin tournera aussi quelques films avec Denys de La Patellière de façon plus épisodique:

En 1958 c’est un grand film: « Les grandes familles« . En 1959 « Rue des prairies » film méconnu de l’acteur.

En 1965 « Le tonnerre de dieu » où il retrouve un rôle de patriarche bourru mais au grand cœur. Il tourne en 1968 avec Louis de Funès pour « Le tatoué » film dans lequel il se retouve avec un Modigliani convoité tatoué dans son dos. Une bonne comédie.

Son dernier film avec Denys de La Patellière est « Le tueur » (1972) polar peu inventif qui ne restera pas dans les annales du cinéma.

En 1958 il interprète Jean Valjean passage obligé pour les grands et vieux acteurs français. Jean-Paul le Chanois tourne donc « Les misérables » d’après Victor Hugo avec aussi Bernard Blier et André Bourvil, Silvia Monfort et Serge Reggiani. C’est l’œuvre la plus aboutie du réalisateur et un grand spectacle. Jean Gabin a la grâce du rôle dans ce film.

En 1971 avec Pierre Granier-Deferre il tourne un ahurissant face à face avec Simone Signoret dans « Le chat« . Histoire de deux êtres qui se sont aimés et, devenus vieux, se haïssent. Avec entre eux, un chat qui sera la victime expiatoire de ces deux-là qui ne peuvent cependant pas vivre l’un sans l’autre.

En 1973 José Giovanni ex-assassin reconverti dans le roman policier puis dans le scénario de film noirs et enfin passé lui-même à la réalisation convoque pour la dernière fois Alain Delon et Jean Gabin pour « Deux hommes dans la ville » autour d’eux: Victor Lanoux, Bernard Giraudeau et Gérard Depardieu.

En 1973 Claude Bernard-Aubert le convainc de tourner « L’affaire Dominici » qui sera sa dernière grande composition. Ce film tiré d’un sordide fait divers fera sensation. Pour l’anecdote le réalisateur après ce film, sous le pseudo de Burd Tranbaree, sera un des plus prolifiques réalisateurs du cinéma pornographique héxagonal jusqu’en 1983.

Jean Gabin, en 1976 atteint de leucémie tourne son dernier film « L’année sainte » de Jean Girault tâcheron laborieux de la comédie qui tourna comme chef d’œuvre « Le gendarme de Saint-Tropez » (1964) et ses ineptes suites. Cela n’a donc pas manqué : ce dernier opus de l’acteur mérite à peine qu’on l’évoque.

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