Genre cinématographique qui commence au début des années des années 1950 avec le déclin du néoréalisme rose jusqu’ à fin des années 1970, où le genre s’éteint quand le cinéma italien décline devant la télévision.
Filon typiquement italien qui dépeint au début les classes pauvres et les expédients utilisés pour survivre dans une Italie en reconstruction.
La comédie à l’italienne prendra des allures protéiformes à partir des années 1960. Elle s’intéressera à la classe moyenne et ses illusions amères. A la classe politique et ses magouilles.
L’Italie est ainsi disséquée par les caméras des plus grands réalisateurs italiens qui feront la renommée de son cinéma. Elle dépeindra aussi une galerie de portraits d’italiens peints au vitriol.
Ce type de comédie amère commence avec le triptyque de Luigi Zampa « Anni difficili » (1948) « Anni facili » (1953),  et « L’arte di arrangiarsi » (1955).

Les plus grands réalisateurs italiens s’y sont essayés :

  • Mario Monicelli un des précurseurs avec deux grands films dans les années 1950 « Gendarmes et voleurs« (« Guardie e ladri« ) et « Le pigeon » (« I soliti ignoti« ) (1958) puis « La grande guerre » (« La grande Guerra« ) dans les années 1960 et « Mes chers amis » (« Amici miei« ) au milieu des années 1970 et enfin à la fin des années 1970 un genre d’adieu à la comédie à l’italienne avec « Un bourgeois tout petit, petit » (« Un borghese piccolo, piccolo« ). Il a réalisé un diptyque burlesque ayant pour contexte historique le moyen âge. « L’armée Brancaleone » (« L’armata Brancaleone« ) et « Brancaleone s’en va-taux croisades » (« Brancaleone alle crociate« ) qui malgré une forme atypique s’insèrent dans le genre de la comédie italienne.
  • Steno qui a collaboré avec Mario Monicelli a tourné seul « Un américain à Rome« .
  • Luciano Emmer  et le très mouvementé dans sa production « Un dimanche d’août » (« Una domenica d’agosto« ), et « Le bigame » (« Il bigamo« )
  • Luigi Comencini avec « A cheval sur le tigre » (« A cavallo della tigre« ), « La grande pagaille » (« Tutti a casa« ) puis plus tard « L’argent de la vieille » (« Lo scopone scientifico« ).
  • Pietro Germi et son magnifique « Séduite et abandonnée » (« Sedotta e abbandonata« ) mais aussi « Divorce à l’italienne » (« Divorzio all’italiana« ) et « Ces messieurs dames » (« Signore e signori« ).
  • Federico Fellini qui amorce le genre sans vraiment entrer dans les caractéristiques de l’humour violent avec « Il bidone » mais surtout « Le cheik Blanc » et « I vitelloni« .
  • Ettore Scola qui illustra magnifiquement le genre avec « Drame de la jalousie » (« Drama della gelosia« ), « Nous nous sommes tant aimés » (« C’eravamo tanto amati« ), « La terrasse » (« La terrazza« ) et l’inénarrable « Affreux sales et méchants » (« Brutti, sporchi e cattivi« )
  • Dino Risi le plus acerbe et satiriste de tous. Se penche plus sur les caractères italiens à la façon d’un La Bruyère encore plus féroce. « Pauvres mais beaux« , « Les monstres » (« I mostri« ), « La marche sur Rome » (« La marcia su Roma« ), « Le Fanfaron » (« Il sorpasso« ), « Fais-moi très mal, mais couvre-moi de baisers« , « Au nom du peuple italien » (« In nome del popolo italiano« ), « Parfum de femme » (« Profumo di donna« ), « Ames perdues » (« Anima persa« ), « Les nouveaux monstres« , « Je suis photogénique » « Une vie difficile » (« Una vita difficile« ) et enfin « Le fou de guerre« . La fin de sa filmographie sera moins étincelante.
  • Pasquale Festa Campanile qui s’est fait de ce genre une spécialité mais sans parvenir aux mêmes bonheurs de ses aînés même s’il est l’auteur de « L’amour à cheval » (« La matriarca« ), « Ma femme est un violon » (« Il merlo maschio« ) Il fait pencher nettement ses films vers l’érotisme qui deviendra l’alpha et l’oméga des productions italiennes pendant le déclin des années 1980.
  • Lina Wertmüller qui fait honneur à ses aînés Pietro Germi et Alberto Lattuada, (pour le fond) Elio Petri et Federico Fellini (pour la forme) avec « Mimi metallo blessé dans son honneur » (« Mimi metallurgico ferito nell’onore« )

Marco Ferreri poussera la comédie italienne jusqu’au paroxysme dans des excès visuels et symboliques introduisant dans ce genre cinématographique la psychanalyse et la psychiatrie, mais aussi un esprit iconoclaste et dérangeant qui bouscule tous les tabous, de la société italienne et au-delà mettant en image les multiples déviances sexuelles « L’ape regina« , le suicide sous toutes ses formes « La grande bouffe« , ainsi que  la politique libertaire quasi anarchiste.

« Le filone » (genre en italien) de la comédie à l’italienne est celui qui résistera le mieux au temps même si en une vingtaine d’années il finit par s’essouffler. Il dure deux fois plus que le western italien (né et achevé en dix années), le giallo où le poliziottesco dont les durées de vie seront encore plus écourtées.
On estime son chant du cygne avec « La terrasse » (1980) même si quelques films de cette veine tâchent toujours de maintenir la flamme. Notamment certains films signés Alberto Sordi « Tutti dentro » (1984).

Les scénaristes les plus représentatifs de ce genre cinématographique sont : Agenore « Age » Incrocci et Furio Scarpelli. Ce tandem écrira durant plus de trente années les plus grands chefs d’œuvres du genre. Age & Scarpelli seront parfois renforcés par Ettore Scola qui a débuté en tant que scénariste. Il faut aussi compter sur la scénariste Suso Cecchi d’Amico ainsi que les grands écrivains que sont Rodolfo Sonego, Luciano Vincenzoni, Ennio de Concini et Ruggero Maccari.

Les acteurs qui ont illustré ce genre sont Totò qui a initié le mouvement avec Aldo Fabrizi et Gino Cervi, Marcello Mastroianni, Vittorio Gassman, Alberto Sordi, Nino Manfredi, Ugo Tognazzi.
Parmi eux quelques invités français : Jean-Louis Trintignant, Roger Hanin, Pierre Brasseur, Philippe Noiret, Bernard Blier, Serge Reggiani.
Chez les actrices nous retrouvons Claudia Cardinale, Sophia Loren, Carla Gravina, Stefania Sandrelli, Catherine Spaak, Monica Vitti. Peu d’actrices françaises sont intervenues dans ce genre. Annie Girardot et Catherine Deneuve sont deux privilégiées.

Le plus grand illustrateur musical de la comédie italienne est Armando Trovajoli, musicien attitré de Ettore Scola et de Dino Risi. Mais Riz Ortolani, Carlo Rustichelli ou Piero Piccioni ont su illustrer ce genre avec grand bonheur donnant à la musique easy leastening ses lettres de noblesse.