rueducine.com-Lino-Ventura-Studio-HarcourtFilmographie sélective.

En 1953 Jacques Becker cherche un italien pour interpréter un gangster qui donnerait la réplique à Jean Gabin pour son film « Touchez pas au grisbi« . Angiolino Giuseppe Pascal Ventura connu dans le métier de la lutte gréco-romaine et dans le milieu du catch sous le pseudo  de Lino Borrini est contacté par le réalisateur. Il essuie un refus de la part d’un homme plutôt timide et pas très exhibitionniste. Mais Jacques Becker revient à la charge et finit par le convaincre. C’est une révélation dans le monde du cinéma et pour le public à la sortie du film. Jean Gabin est immédiatement séduit par cette personnalité.

Après avoir fait quelques seconds rôles Lino Ventura, puisque c’est sous ce nom qu’il fera carrière, truste rapidement les têtes d’affiche. Et devient une valeur sûre du box office français. Il interprétera souvent des rôles virils mais au grand cœur. C’est un acteur d’instinct, et qui possède un physique à nul autre pareil fera de lui l’interprète idéal pour des rôles de malfrats, de flics ou d’espions.

Henri Decoin lui donne un second rôle en 1955 toujours pour donner la réplique à Jean Gabin, dans son film « Razzia sur la chnouf« . Il interprète un trafiquant de drogue dont le gang est infiltré par un commissaire de police se faisant passer pour un des leurs.

Dés 1956 il porte un film sur son nom. Henri Decoin lui donne un des rôles principal pour sa production franco italienne « Le feu aux poudres« . Aux côtés de Lino Ventura on trouve, Raymond Pellegrin, Charles Vanel, Dario Moreno et Françoise Fabian.

La même année il tourne dans le premier long métrage de fiction, un chef d’œuvre, de Louis Malle « Ascenseur pour l’échafaud » dans lequel il interprète un commissaire de police. Il est aux côtés de Jeanne Moreau, Maurice Ronet et Charles Denner. Musique de Miles Davis qui fera le tour de la planète. Tourné à la lumière naturelle et caméra à l’épaule sans toute fois être estampillé Nouvelle Vague. Ce film obtiendra le Prix Louis Delluc.

1957 il retrouve Jean Gabin et Paul Frankeur pour un petit polar de Gilles Grangier « Le rouge est mis » d’après un roman d’Auguste Le Breton.

Toujours en 1958 mais dans un tout autre genre, Bernard Borderie fait appel à Lino Ventura pour interpréter le rôle du Gorille, un barbouze qui doit déloger un réseau ennemi d’espions ayant mis la main sur quelques secrets atomiques français. Film à la fois abracadabrant et viril, « Le Gorille vous salue bien » est le premier film d’une série dont le rôle sera repris par Roger Hanin. Autour de Lino Ventura on trouve Charles Vanel en chef des services secrets peu scrupuleux, Pierre Dux, Jean-Pierre Mocky, Robert Manuel, Henri Crémieux, Jean-Roger Caussimon… C’est la première fois que Lino Ventura tient l’affiche sur son nom.

1959 « Le fauve est lâché » Lino Ventura. Film de Maurice Labro entre polar et espionnage avec Paul Frankeur, François Chaumette, Jess Hahn. Il interprète un ancien truand et ancien de la DST reconverti dans la restauration contraint par les services secrets à reprendre du service. Dans ce rôle il donne une plus étendue palette de ses talents de comédien et de son physique de champion de lutte. Rôle proche du Gorille mais ne faisant pas partie de la saga.

Cette même  année il tourne pour Gilles Grangier un bon polar « 125 rue Montmartre » il interprète un crieur de journaux naïf qui se fait manipuler par un clown et sa maîtresse. Film sec et limpide. de la belle ouvrage. Avec Robert Hirsch, Jean Desailly, Andréa Parisy et Dora Doll.
Il tourne aussi un très bon thriller signé Edouard Molinaro co-écrit par Gérard Oury « Un témoin dans la ville« .

La même année Julien Duvivier  cinéaste d’inspiration noire et pessimiste, rameute une troupe autour de lui pour un huis-clos oppressant duquel doit rejaillir une vérité. Qui a dénoncé le réseau de résistance Vaillance et son chef Castille à la Gestapo?. « Marie-Octobre » est un film choral avec Danielle Darrieux dans le rôle-titre, elle invite ses ex-compagnons de réseau un soir chez elle pour démasquer celui qui a  fait assassiner son mari. Avec Paul Meurisse, Paul Frankeur, Bernard Blier, Lino Ventura, Serge Reggiani, Robert Dalban, Paul Guers, Daniel Ivernel et Noël Roquevert. Très bon film où chacun des protagonistes passe en posture de faiblesse face à tous les autres. Finalement seule la ruse parviendra à identifier le traître.

L’année suivante c’est le grand rôle tragique pour Lino Ventura qui assoira définitivement sa carrure dans le paysage cinématographique français. Claude Sautet fait appel à lui pour interpréter Abel Davos un truand en cavale avec ses deux enfants entre Milan et Paris. Cavale désespérée, « Classe tous risques » est un grand polar. Il y est question d’honneur, de paroles d’hommes et d’amitié. Il a comme partenaire Jean-Paul Belmondo qui sort de « A bout de souffle » de Jean-Luc Godard, et aligne deux grands rôles qui contribueront chacun à conquérir un vaste public.

1961 Lino Ventura tourne ce qui deviendra un classique du film de guerre français: « Un taxi pour Tobrouk » de Denys de La Patellière, avec lui on retrouve, Maurice Biraud et Charles Aznavour. Film antimilitariste et savoureux grâce aux dialogues de Michel Audiard. En Italie il a tourné un film de Luciano Emmer « La fille dans la vitrine » sur la condition ouvrière des immigrés italiens en Europe du Nord.

En 1963 il interprète ce qui sera un de ses grands rôles comiques. Georges Lautner fait appel à lui pour le personnage de Fernand Naudin gangster à la retraite obligé de remettre les couverts pour faire plaisir à son ami mourant « Le mexicain », et de tenir une boutique tiraillée par les ambitions des frères Volfoni et les tentatives homicides de Théo le distillateur. Vous aurez reconnu « Les tontons flingueurs » film culte pour des générations de cinéphiles. les dialogues de Michel Audiard et la fantaisie de Georges Lautner sont pour beaucoup dans le succès du film. Sans oublier les performances des acteurs outre Lino Ventura, Bernard Blier, Jean Lefebvre, Francis Blanche, Horst Frank, Robert Dalban, Venantino Venantini et Claude Rich. La musique de Michel Magne joue aussi un grand rôle dans la réussite du film.

Il enchaîne la même année avec un film de Henri Verneuil qui avait pour ambition de tourner un western à la française mais plutôt que de prendre des chevaux il les remplaça par des camions. Le tournage a lieu dans le sud du Maroc. C’est « Cent mille dollars au soleil« . Grand film du réalisateur avec Jean-Paul Belmondo avec qui il partage l’affiche. Avec aussi Bernard Blier, Gert Fröbe et Reginald Kernan. Lino Ventura (Marec dit « Plouc ») poursuit Jean-Paul Belmondo (Rocco) à travers le désert sur fond de musique de Georges Delerue. Dialogues de Michel Audiard. Plaisir garanti.

1964 Georges Lautner fait appel à ses talents pour une parodie de film d’espionnage, sans queue ni tête ni vraisemblance mais totalement hilarante: « Les barbouzes« . Il est entouré de Bernard Blier, Francis Blanche, Charles Millot, Jess Hahn, Noël Roquevert, Robert Dalban et Mireille Darc. Film de nouveau dialogué par Michel Audiard et mis en musique par Michel Magne.

Claude Sautet en 1965 lui fait tenir le rôle d’un marin aux caraïbes qui recherche un bateau disparu. Lorsqu’il  le retrouve il s’aperçoit qu’un vaste trafic d’armes a lieu au large des caraïbes. « L’arme à gauche » est un film atypique dans la filmographie de Claude Sautet. Adaptation d’un livre de Charles Williams « Aground » ce polar maritime mérite d’être mieux connu même si on peut lui reprocher quelques faiblesses de rythmes. Avec un casting cosmopolite: Lino ventura donc, Sylva Koscina, Leo Gordon, Alberto de Mendoza, Antonio Martin…

La même année pour Robert Enrico, il tourne son premier film en couleur: « Les grandes gueules«  Dans ce film on trouve André Bourvil (Valentin) en héritier d’une scierie. Lino Ventura (Laurent) en ex-détenu venu dans les Vosges accomplir une vengeance avec un ami à lui (Mick). La situation de l’entrepreneur est précaire bousculé qu’il est par un concurrent aux manières peu loyales. La scierie deviendra un repère de malfrats en conditionnelle, et le sauvetage de la scierie un objectif impératif. Film viril sur les rapports d’amitié et de rivalité entre hommes, à travers un métier austère. Avec aussi Jean-Claude Rolland, Jess Hahn, Michel Constantin, Marie Dubois, et Paul Crauchet. Illustré par la musique de François de Roubaix qui signe sa première BO pour un film grand public.

Avec Pierre Granier-Deferre retour à la comédie policière avec « La métamorphose des cloportes » d’après le roman de Alphonse Boudard « Cloportes ». Il tourne à nouveau avec Maurice Biraud et Charles Aznavour. Avec aussi Pierre Brasseur, la savoureuse Françoise Rosay et la belle Irina Demick.

Il retrouve Robert Enrico pour un film encore sur le thème de l’amitié virile pour « Les aventuriers » avec Alain Delon, Serge Reggiani et Joanna Shimkus puis Georges Lautner pour la comédie « Ne nous fâchons pas » avec Jean Lefebvre, Michel Constantin et Mireille Darc l’année 1966. Cette même année il tourne un film d’espionnage de très bonne facture dans les décors naturels de Vienne « Avec la peau des autres » de Jacques Deray. Il a pour partenaires Jean Bouise et Jean Servais.

Mais cette année là Lino Ventura tourne un des chefs d’œuvre français du polar: « Le deuxième souffle » de Jean-Pierre Melville. Il Interprète Gu un truand évadé de prison qui veut faire un dernier gros coup avant de disparaître définitivement. Mais la police qui est sur sa trace emploie des moyens déshonorants pour le faire parler, et le fait passer pour une balance au yeux du milieu qui cherche alors à l’éliminer. Film en noir et blanc très âpre et plutôt désespéré. Casting magnifique: Paul Meurisse, Paul Frankeur, Raymond Pellegrin, Michel Constantin, Christine Fabrega, Marcel Bozzuffi et Pierre Zimmer.

En 1968 il tourne pour la première fois avec José Giovanni ex-truand condamné à mort qui réchappe à la sentence et se convertit à l’écriture de romans puis une fois relâché l’écriture de scénario parmi lesquels: « Classe tous risques« , « Les grandes gueules« , « Les aventuriers« et « Le deuxième souffle« . Ses mises en scène sont souvent en-deçà de celles des réalisateurs pour lesquels il a travaillé. « Le rapace » son deuxième film, en est une démonstration. sans être un film indigne on est loin des réussites de Claude Sautet ou Jean-Pierre Melville.

En 1969 Lino Ventura participe au film célébrissime de Henri Verneuil, « Le clan des siciliens » il est entouré de Jean Gabin, Alain Delon, Amadeo Nazzari et Irina Demick. Au scénario on retrouve José Giovanni. La musique de Ennio Morricone ponctuée de guimbarde devient un tube. Et le film un des plus gros carton au box-office pour le réalisateur. Il incarne l’inspecteur Le Goff à la poursuite de Roger Sartet gangster en passe d’être condamné à mort qui s’évade grâce au clan Manalese et monte avec eux un vol audacieux de bijoux sur un avion entre Rome et New York. Le personnage de Le Goff a une musique qui le suit tout au long du film.
Cette même année 1969 il tourne son second film avec Jean-Pierre Melville. Un nouveau chef d’œuvre: « L’armée des ombres » d’après le roman de Joseph Kessel. Film sur les hauts faits de la résistance et sur les besoins homicides du secret dans cette guerre. Simone Signoret, Paul Meurisse, Jean-Pierre Cassel, Paul Crauchet, Christian Barbier et Serge Reggiani entourent Lino Ventura. L’assistant à la réalisation est un dénommé Bertrand Tavernier.

1970 Lino Ventura retrouve José Giovanni pour: « Dernier domicile connu« . Sûrement le meilleur film du réalisateur. Excellente chasse à l’homme dans Paris. La musique répétitive de François de Roubaix, épouse parfaitement les images. Avec Marlène Jobert.

1971 pour la dernière fois Lino Ventura rejoint Robert Enrico pour un film oubliable « Boulevard du rhum » avec Brigitte Bardot, Clive Revill, Jess Hahn et Guy Marchand.
Il part à New York tourner une superproduction sur la mafia italo américaine dans laquelle il interprètera l’implacable Vito Genovese. C’est Terence Young connu pour avoir tourné les trois premiers opus de James Bond qui réalis ce « Cosa Nostra-L’affaire Valachi » film didactique sur le fonctionnement de la mafia entre la fin des années 1920 et le milieu des années 1960.

1972 il tourne pour la première fois avec Claude Pinoteau dans « Le silencieux« . Clément Tibère un scientifique sous la contrainte dénonce des espions aux services secrets britanniques puis il est remis en liberté, tandis qu’on le fait passer pour mort. Mais le KGB ne prend pas à l’hameçon et la chasse à l’homme débute et s’achèvera tragiquement pour Clément Tibère. Avec Léa Massari et Suzanne Flon. Très bon film d’espionnage. Lino Ventura aborde des rôles où une fin tragique survient à ses personnages.

La même année il tourne une comédie jubilatoire de Claude Lelouch « L’aventure c’est l’aventure » sur 5 malfrats en mal de débouchés qui se reconvertissent dans le rapt lucratif: Rapt de stars ou de politiques. Avec Jacques Brel, Charles Denner, Charles Gérard et Aldo Maccione. Entre Lino Ventura et Jacques Brel s’en suivra une grande amitié comme celle qu’il a avec Georges Brassens qui quelques années plus tard enregistrera un disque de ses chansons de jeunesses dont les bénéfices iront à l’association fondée par Lino Ventura « Perce-neige » au profit de l’enfance inadaptée.

Il enchaîne en 1973 toujours avec Claude Lelouch, « La bonne année » où il joue un Arsène Lupin moderne qui sévit sur la Riviera. Avec Françoise Fabian, André Falcon et Charles Gérard.

Cette même année il ne quitte pas Jacques Brel puisqu’il fait pour lui une apparition pour lui dans « Far West » un film surréaliste et étonnant du chanteur.

Puis dans la comédie de Edouard Molinaro écrit par Francis Veber « L’emmerdeur » d’après sa pièce de théâtre, dans laquelle il interprète « l’emmerdé »: Milan un tueur à gage qui ne peut remplir son contrat à cause De François Pignon, un suicidaire dans la chambre voisine de son hôtel.

L’année suivante Lino Ventura retrouve Claude Pinoteau pour une chronique familiale qui révèle une future grande actrice du cinéma français: Isabelle Adjani. Ce film est « La gifle » Celle que donnera Jean Douléan (Lino Ventura)  à sa fille (Isabelle Adjani) la fera s’enfuir en Angleterre. Le film reçoit le prix Louis Delluc. Avec Annie Girardot, Francis Perrin, Nathalie Baye, Georges Wilson, Michel Aumont et Nicole Courcel.

1975 avec Patrick Dewaere il tourne pour « Adieu poulet » un film de Pierre Granier-Deferre sur deux flics qui enquêtent sur l’assassinat d’un colleur d’affiche et d’un policier. Victor Lanoux incarne le maire d’une grande ville (Rouen en l’occurrence) qui prend ses aises avec la loi. Julien Guiomar interprète le supérieur des deux flics. Film politique inspiré d’un fait réel et sur les années « Giscard » comme on savait en produire dans les années 1970 et dont le cinéma français semble avoir perdu la recette depuis 30 ans. Le duo Lino Ventura – Patrick Dewaere fait des étincelles.

En 1976 le grand réalisateur Francesco Rosi tourne « Cadavres exquis » et demande à Lino Ventura d’endosser le rôle principal. celui d’un inspecteur de police qui enquête sur des assassinats de hauts magistrats. Au fur et à mesure de son enquête il comprend qu’un coup d’Etat larvé se produit dans un but sécuritaire. Ce film est l’adaptation d’un écrit de Leonardo Sascia, écrivain dont l’œuvre est la dissection et la dénonciation de la mouvance mafieuse en Italie. Le scénario du film est co-écrit par un des plus grands scénaristes italiens Antonio « Tonino » Guerra et a déjà écrit plusieurs grands films pour Francesco Rosi qui avaient déja pour sujet la mafia: « L’affaire Mattei » (1972) et « Lucky Luciano » (1973). Avec Marcel Bozzufi, Charles Vanel, Max Von Sydow, Alain Cuny, Luigi Pistilli, Tina Aumont, Tino Carraro. Chef d’œuvre.

Tonino Guerra écrira en compagnie de Jean-Claude Carrière et Jacques Deray le scénario de « Un Papillon sur l’épaule » tourné en 1978. Film au début très énigmatique et dont la fin reste un mystère. La réalisation quant à elle est bien plate. Avec Claudine Auger, Paul Crauchet, Jean Bouise, Nicole Garcia, Laura Betti et Roland Bertin.

Nouveau grand film pour Lino Ventura: « Garde à vue » en 1981. Ce film de Claude Miller est un huis clos dans un commissariat. L’inspecteur Gallien qui enquête sur le crime de deux petites filles, convoque Jérôme Martinaud notable de la ville qui connaissait la fillette. Très vite Martinaud va être suspecté comme étant l’assassin d’autant que sa femme durant sa garde à vue vient l’accabler et qu’ensuite ce dernier se met à avouer. Jusqu’à l’arrestation du véritable meurtrier. De ce film ce n’est pas la prestation de Lino Ventura que l’on retient même si elle est impeccable. Ce sont les dialogues de Michel Audiard, et surtout la prestation incroyable de Michel Serrault qui se révèle dans un rôle dramatique. Avec Romy Schneider, Guy Marchand et Pierre Maguelon.

La même année il tourne « Espion lève-toi » pour Yves Boisset. Film plutôt réussi avec Michel Piccoli, Bruno Cremer, Bernard Fresson et Krystyna Janda. Il interprète un espion français en sommeil que l’on réactive. Mais qui le réactive et dans quel but? Ce film est célèbre aussi pour sa musique signée Ennio Morricone.

Lino Ventura ne déroge pas à la règle de tout grand acteur français populaire charpenté physiquement: Faire son Jean Valjean.
C’est ce que Robert Hossein grand spécialiste au théâtre, de spectacles pharaoniens lui propose en 1982. Pour que le film « Les misérables » puisque c’est de cela qu’il s’agit soit véritablement réussi il faut un inspecteur Javert et un Thénardier qui soient à la hauteur. C’est le cas grâce respectivement à Michel Bouquet et Jean Carmet. Ce film de plus de 3 heures est une réussite. Certes le roman de Victor Hugo est une base plus que solide mais la réalisation bénéficie de moyens financiers dignes qui permettent de reconstituer l’époque de façon saisissante. Et le scénario co-écrit par Alain Decaux scénariste attitré de Robert Hossein est solide comme un roc.

En 1983 Lino Ventura interprète pour la première fois un personnage historique. Il retourne en Italie pour un hommage cinématographique au général Carlo Alberto Dalla Chiesa. C’est le réalisateur Italien Giuseppe Ferrara qui fait appel à lui pour incarner les cent jours d’espoirs dans la lutte contre la mafia qu’ont vécu la Sicile et l’Italie. Dans ces « Cent jours à Palerme » (« Cento giorni a Palermo« ) (1984) Si la réalisation est sèche, quasi journalistique l’hommage n’en demeure pas moins présent et l’incarnation du général par Lino Ventura tout à fait remarquable.

Il enchaîne avec un film de José Giovanni pour « Le ruffian » hélas le film n’est pas à la hauteur. Si le début est plutôt dépaysant et réussi sur le plan cinématographique, au bout d’une demie heure il y a sérieusement du mou dans la corde à nœuds et la chasse au trésor devient un bourbier insondable. La faute à un scénar dilettante. Les acteurs font leur possible. Claudia Cardinale est dans un personnage hautement improbable, et Bernard Giraudeau joue un ex-pilote paraplégique avec conviction. La musique western de Ennio Morricone arrive (un peu) à faire passer la pilule.
en 1984 ultime grand rôle pour Lino Ventura dans un film de Claude Pinoteau intitulé « La 7ème cible« . Film qui mêle enquête espionnage et politique. La musique de Vladimir Cosma y trouve à la fin une place prépondérante: Ivry Gitlis y interprète le violon solo et le compositeur dirige l’orchestre philarmonique de Berlin. Avec Léa Massari, Jean Poiret, Elizabeth Bourgine, Béatrice Agenin, Jean-Pierre Bacri et Roger Planchon.

Roger Hanin tourne un film de gangster intitulé « La rumba » en 1987. Il demande à son ami Lino Ventura de bien vouloir y faire une apparition de vieux truand. Celui-ci accepte. Ce sera son ultime rôle au cinéma.

Il décède le 22 octobre de cette année. Le cinéma français perd un acteur charismatique et un homme d’exception.

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