rueducine-com-michele-morgan-photoNée Simone Renée Roussel à Neuilly sur Seine, elle est l’aînée de 4 enfants d’une famille plutôt aisée jusqu’à la crise financière de 1929 qui touche la famille. Le père au chômage est contraint de quitter la région parisienne pour Dieppe.
L’adolescente Simone quitte le foyer pour aller retrouver celui des grands parents à Paris. Elle écume les quelques agences de casting et en 1935 tourne comme figurante dans « Mam’zelle Mozart » de Yvan Noé. Sur les conseils du réalisateur elle s’inscrit au cours Simon en 1936 tout en continuant les apparitions dans divers tournages.
En 1937 elle obtient son premier grand rôle dans un film de Marc Allégret « Gribouille« . Le film est un grand succès.
L’année suivante elle tourne le chef d’oeuvre « Le quai des brumes » (1938) de Marcel Carné. Les dialogues de Jacques Prévert marquent le film et la phrase « T’as d’beaux tu sais? » que lui dit Jean Gabin entre dans la mémoire du cinéma. Pendant le tournage les deux acteurs vivent un amour dont les journalistes ne cesseront de parler.
Les deux acteurs enchaînent avec « Le récif de corail » (1939) de Maurice Gleize. Film perdu puis retrouvé en 2002. Puis ils enchaînent avec « Remorques » de Jean Grémillon. Le tournage est interrompu par la guerre et la mobilisation de l’acteur et du réalisateur. Cependant au bout de quelques mois c’est la « drôle de guerre » et Jean Gabin parvient à obtenir une permission pour terminer le tournage. Mais la météo fait des siennes. Pas de gros temps. Le tournage est à nouveau interrompu par la défaite. Et quand Jean Gabin et Michèle Morgan s’envolent pour les Etats-Unis, le film n’est pas achevé. Quelques scènes manquantes seront tournées aux studios de Boulogne-Billancourt sans les deux vedettes, et le film sort en 1941 dans les salles avec un montage contenant des ellipses.
L’idylle entre les deux acteurs s’achèvent aux Etats-Unis. Michèle Morgan rencontre l’acteur William Marshall (1917-1994) et l’épouse, et naîtra un fils Mike Marshall.
Michèle Morgan accumule les erreurs aux Etats-Unis. Elle refuse des rôles, ne fait pas de progrès en anglais qui lui ôtent ses chances pour « Soupçons » de Alfred Hitchcock, où affiche des prétentions financières qui font renoncer les producteurs pour « Casablanca » de Michael Curtiz. On ne retiendra que « Passage to Marseille » (1944) de Michael Curtiz avec Humphrey Bogart. Mais ce film n’aura pas l’aura de « Casablanca« .
A la fin de la guerre Michèle Morgan rentre en France et tourne pour Jean Delannoy « La symphonie pastorale » (1946). Elle devient ainsi la première actrice récompensée au festival international du cinéma de Cannes.
Michèle Morgan tourne avec les plus grands réalisateurs du moment : Jean-Paul Le Chasnois, René Clément, Marc Allégret, Claude Autant-Lara, Sacha Guitry et René Clair. C’est avec ce dernier et son film « Les grandes manœuvres » (1955) qu’elle atteint le sommet de sa carrière. Son partenaire est Gérard Philippe (1922-1959) lui aussi au faîte de la gloire.rueducine.com-michele-morgan-photo-2
En 1957 et « Retour de manivelle » de Denys de la Patellière, elle change de registre et joue la femme fatale aussi belle que machiavélique. Durant cette période elle a quitté William Marshall pour l’acteur Henri Vidal. Celui-ci décède en 1959.
Elle rencontre Gérard Oury, alors acteur, (1919-2006) sur le tournage du film de André Cayatte « Le miroir à deux faces« . Ils vivront ensemble jusqu’au décès de Gérard Oury.
Mais la filmographie de l’actrice devient bien terne. On remarquera cependant « Benjamin ou les mémoires d’un puceau » (1967) de Michel Deville et « Le chat et la souris » (1975) de Claude Lelouch.
En 1971 elle est présidente du jury du festival de Cannes.