rueducine.com-Mike-NicholsLe décès de Mike Nichols est selon moi une perte certaine d’un pan du cinéma américain. Un cinéma plutôt exigeant mais tourné vers le grand public.
Mike Nichols rencontre Elaine May à New York et avec elle se lance dans un duo comique. Cette association durera 4 ans de 1957 à 1961. Puis il joue mais surtout fait de la mise enscène au théâtre où il rencontre un certain succès.
Hollywood toujours à la recherche de nouveau talent lui font tourner un premier film. Le retentissant « Qui a peur de Virginia Woolf? » (« Who’s afraid of Virginia Woolf?« ) (1966) qui met en scène le couple Elizabeth Taylor-Richard Burton dans une scène de ménage dantesque. Adaptation d’une pièce de théâtre de Edward Albee qui ressemble furieusement à la vie amoureuse tumultueuse des deux stars du film. On peut dire que le coup d’essai est réussi.

Mike Nichols enchaîne avec rueducine.com-oscar1« Le lauréat » (« The graduate« ) (1967) sur la jeunesse de la bourgeoisie en Californie. Le film lance Dustin Hoffman qui devient star du jour au lendemain. Film mémorable de l’après code Hays avec une Anne Bancroft magnifique et les chansons de Paul Simon et Art Garfunkel « Sound of silence » et « Mrs Robinson ». Oscar pour du meilleur réalisateur.

En 1970 sort sur les écrans « Catch 22″ comédie de guerre qui rentre en concurrence avec « M.A.S.H. » de Robert Altman. Le public suit plutôt le film de Robert Altman que le sien qui de plus est mal accueilli par les critiques.

S’ensuit pour Mike Nichols une sorte de temps difficiles durant lesquels les tournages se suivent mais les succès point. « Ce plaisir qu’on dit charnel » (« Carnal Knowledge« ) (1971), « Le jour du dauphin » (« The day of the Dolphin« ) (1973), « La bonne fortune » (« The fortune« ) (1975). Mais cela lui permet de tourner deux fois avec Jack Nicholson avec lequel il aimera collaborer.

Après une longue traversée du désert sans tournage pour le grand écran il réapparaît avec « Le mystère Silkwood » (« Silkwood« ) (1983) avec Meryl Streep un drame en forme de thriller inspirée de la vie et de la mort étrange de Karen Silkwood militante anti nucléaire. C’est la première fois qu’il tourne avec Meryl Streep qui devient une actrice incontournable. Le film est un succès et relance la carrière de Mike Nichols.

Mike Nichols retrouve donc Jack Nicholson et Meryl Streep pour narrer les difficultés relationnelles d’un couple de journalistes. Le scénario de « La brûlure » (« Heartburn« ) (1986) écrit par Nora Ephron d’après son roman autobiographique.

Nous passerons sur le faiblard « Biloxi blues » (1988), car la même année Mike Nichols cartonne avec « rueducine.com-golden-globeWorking Girl » (1988). Film sur la vie trépidante des cadres d’entreprises à New York avec les jeunes loups aux dents acérées qui veulent prendre la place de leur supérieur. A part que l’affrontement se passe entre deux femmes. Melanie Griffith et Sigourney Weaver reçoivent respectivement le Golden globe du meilleur rôle féminin et du meilleur second rôle féminin. Golden Globe aussi du meilleur film.

En 1990 il tourne une satire sr Hollywood. Mère abusive, alcool, anti-dépresseurs et drogues. « Bons baisers de Hollywood » (« Postcards from the edge« ) est basé sur un scénario écrit par Carrie Fisher d’après son roman autobiographique qui raconte sa chute d’une carrière fulgurante. au générique le gratin du cinéma : Meryl Streep, Shirley MacLaine, Gene Hackman, Richard Dreyfuss, Dennis Quaid…

Le succès du film emmène naturellement Mike Nichols à enchaîner avec le tournage de « A propos d’Henry » (« Regarding Henry« ) (1991). Film pas très réussi. sur la vie d’un avocat qui bascule après avoir été victime d’une agression.

Trois ans plus tard le réalisateur se lance dans une variation fantastique de « Working Girl« . Il s’agit de « Wolf » (1994). Avec Jack Nicholson James Spader et Michelle Pfeiffer où course au pouvoir au sein d’une maison d’édition et loup-garou font au final un bon mélange. Le tout accompagné d’une somptueuse musique de Ennio Morricone.

Mike Nichols se tourne vers la comédie en adaptant la pièce de théâtre de Jean Poiret « La cage aux folles » et le scénario de Francis Veber pour le film éponyme de Edouard Molinaro. C’est Elaine May qui se colle au scénario américain. le film avec Gene Hackman et Robin Williams n’est pas une franche réussite pour le spectateur français mais cartonne au Etats-Unis.

Le réalisateur se tourne alors vers un autre genre : la satire politique. Et c’est un genre qui lui sied à merveille. « Primary colors » dont le scénario est à nouveau signé Elaine May d’après un roman du journaliste Joe Klein. Le film fait ouvertement allusion à la campagne de Bill Clinton de 1992 qui dut se dépêtrer de l’affaire Gennifer Flowers qui l’accusait d’avoir eu des relations intimes durant douze années. Un des meilleurs rôles de John Travolta et une Kathy Bates sensationnelle. Le film fait l’ouverture du Festival international de cinéma de Cannes en 1998.

Puis il tourne un film de science fiction « De quelle planète viens-tu? » (« What planet are you from?« ) (2000). Énorme échec critique et financier.

Il lui faudra 4 ans pour se remettre et tourner rueducine.com-BAFTA« Closer, entre adultes consentants » (« Closer« ) (2004) film dont j’ai trouvé le scénario trop alambiqué et bavard pour mettre en scène un chassé-croisé entre deux couples. Le film trouve cependant son public. Clive Owen reçoit le BAFTA et le Golden Globe du meilleur acteur.

La carrière de Mike Nichols achève sa carrière sur un chef d’oeuvre de la satire politique : « La guerre selon Charlie Wilson » (« Charlie Wilson’s war« ) (2007). Le scénario de Aaron Sorkin  basé sur la vie réelle d’un politicien texan qui aime le whisky et les petites pépées est extraordinaire. Avec un Tom Hanks des grands jours et une Julia Roberts superbe. Sans parler du regretté Philip Seymour Hoffman qui joue un espion mis au ban de la C.I.A et qui devient le conseiller du politicien sur le conflit en Aghanistan lors de l’invasion soviétique. Grande musique signée James Newton Howard.