ROBIN DES BOIS, PRINCE DES VOLEURS (Version longue : 155 minutes)
- Alan Rickman, Christian Slater, Daniel Peacock, Geraldine McEwan, Harold Innocent, Kevin Costner, Mary Elizabeth Mastrantonio, Michael McShane, Morgan Freeman, Nick Brimble, Sean Connery
- Kevin Reynolds
- Aventures, Cape et épée
- 1991
- Robin Hood, Prince of thieves
- USA
- John Watson, Pen Densham
- Michael Kamen
Synopsis
Jerusalem, 1194 pendant la troisième croisade un homme nommé Luxley arrive à s’échapper des geôles sarrasines où l’on y coupe les mains avec un certain entrain. Il n’a pu délivrer que deux codétenus. Mais un seul survivra. Un maure nommé Azeem qui jure à Robin de Luxley de rester à ses côtés jusqu’à ce qu’il puisse lui rendre sa dette en sauvant sa vie. Lorsqu’ils arrivent en Angleterre 4 mois plus tard, Robin trouve le château familial brûlé, le cadavre de son père pendu dans une cage métallique et le domestique de ce dernier les yeux crevés par les sbires du shérif de Nottingham qui complote contre le roi Richard Coeur de Lion…
CRITIQUE
Voici un Robin de Luxley beaucoup plus terne que celui d’Errol Flynn. Par chance le scénario l’affuble d’un maure. Par chance ce maure est joué par Morgan Freeman. Par chance encore les méchants sont un quatuor : L’évèque, le cousin du shérif de Nottingham, une sorcière et (last but not least) le shérif de Nottingham.
Ce dernier interprété par Alan Rickman (1946-2016) alterne avec bonheur la cruauté, la grandiloquence et le ridicule. Cet acteur shaekespearien s’en donne à coeur joie et pique la vedette à un Kevin Costner bien fade.
Il est souvent joint à une sorcière nommée Mortianna interprétée par Geraldine McEwan (1932-2015) elle aussi mémorable. Sorte de mère adoptive du shérif qui le pousse vers les maléfices, la trahison et au mariage avec Marianne.
Ces ajouts à l’histoire habituellement connue, sont celles qui font que le film ne sombre pas dans l’oubli.
Donc Kevin Costner nous fait un Robin des Bois très américain. Un peu raide.
Mais là où l’on perd en agilité entre le Robin des bois de Michael Curtiz et celui de Kevin Reynolds on y gagne au niveau des costumes. Ceux-ci sont bien plus crédibles que ceux de 1938.
Beaucoup des seconds rôles ont leur chance à l’écran et donnent aussi une saveur particulière au film.
La réalisation de Kevin Reynolds utilise volontiers des décors naturels. Parfois les éclairages de Douglas Milsome sont hasardeux et le rendu à l’écran par trop brumeux.
On pourra aussi regretter les inévitables (et anachroniques) explosions de barils de poudre qui n’ont aucune justification puisque la poudre à canon n’apparaît en Europe que deux siècles plus tard.
La surprise finale est assez jubilatoire notamment pour le cinéphile qui connaît le film « La rose et la flèche » (« Marian and Robin« ) (1976) de Richard Lester.
La musique de Michael Kamen est très efficace.
Celle qui accompagne la romance entre Robin et Marianne deviendra une chanson « tubesque » que l’on est pas obligé d’apprécier.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
Le mariage suivi de la tentative de viol entre le Shérif de Nottingham et Marianne. Un grand moment signé Alan Rickman qui mêle la violence, le pathétique et l’outrance.
L’ANECDOTE
Alan Rickman a demandé à ce que son rôle soit réécrit trouvant son personnage trop plat.
Depuis le film « Piège de cristal » (« Die hard« ) (1988) de John McTiernan on connaît les prédispositions de l’acteur à jouer les méchants. Kevin Reynolds a donc fait confiance à Alan Rickman lui laissant jusqu’à faire des improvisations sur le plateau.



