1 votes 3

Synopsis

Arthur un prisonnier à peine sorti du mitard savonne le sol de la prison faisant chuter un gardien chef. Aussitôt il y retourne. Cette motivation à passer son temps dans cet endroit redouté de tout taulard, tient du fait qu’il commencé à y creuser un tunnel. Anatole un complice creuse lui aussi depuis l’extérieur de la prison. Les deux tunnels devant se rejoindre. L’évasion réussie, Arthur propose à Anatole un gros coup : Piller les fonds de l’OTAN lors de son déménagement de Paris à Bruxelles. Dans le sud de la France Frankie Scannapieco membre éminent de la mafia reçoit chez lui le colonel Matthews qui propose, lui aussi, un énorme casse. Les discussions sur le partage sont difficiles, mais le deal se fait. Problème : Sofia la soeur de Frankie, pour échapper à sa prison dorée, s’entiche du colonel…

CRITIQUE

Après « Le corniaud » (1965) 10 millions d’entrées et « La grande vadrouille » (1966) 17 millions d’entrées deux cartons au box office, Gérard Oury peut financer son film suivant. Mais l’ambition du réalisateur est telle que la Gaumont doit s’adosser à la Paramount pour une grosse distribution aux Etats-Unis. Effectivement de grosses vedettes anglo saxones joent dans le film Eli Wallach et David Niven.
Gérard Oury ne se refuse pas grand chose. Un tournage en scope, trente semaines de tournage, une distribution des rôles pléthorique et Jean-Paul Belmondo et Bourvil deux des plus grosses vedettes françaises du cinéma de l’époque, un tournage en français puis en anglais pour le public anglo saxon, une copie de la statue de la liberté de plus de 13 mêtres, une animation supérieure à deux minutes (dans les années 1960 ça coûtait cher la minute).

Mais l’accumulation de moyens peut aussi devenir un handicap et faire perdre le sens de l’efficacité aux scénaristes, au réalisateurs ou au monteur. C’est le cas pour ce film. Le scénario comme souvent dans les films de Gérard Oury est basé des faits réels.
Ici deux : le déménagement en 1967 de l’OTAN de la France vers la Belgique, suite à la décision de Charles de Gaulle de sortir de la France du commandemant intégré de l’organisation, et l’attaque du train Glasgow-Londres en 1963.

Le scénario est très lent dans la mise en place du coeur du film (l’attaque du train Paris-Bruxelles. Il s’attarde sur des scènes qui auraient pu être bien plus courtes. Certains gags sont étirés (celui des fauteuils flottants dans la piscine du mafieux en est symptomatique ainsi que le feu d’artifice déclenché autour des ruines d’un château). Ainsi que la fin avec la mise en place sur le paquebot France de la réplique de la statue de la liberté.

Cela aurait pu être corrigé pendant le montage du film mais il n’en a rien été. C’est peut-être à ce niveau là que Gérard Oury a péché, et n’a pas su sacrifier quelques mêtres de bobines ainsi que quelques apparitions amicales de certains acteurs.
Cependant la réalisation de Gérard Oury fait honneur à ceux-ci en les filmant au plus près et leur donnant à chacun du grain à moudre.

L’animation a des aspects hybrides mi-psychédélique, mi-didactique elle s’insère mal dans le film. Et l’explication de la mise en oeuvre du casse implique une redondance lors des scènes avec le train.


Les scènes entre Bourvil et Belmondo manquent d’osmose, de liant, de contraste dans la caractérisation (ce qui peut sembler paradoxal) et qui marchait si bien avec le duo Bourvil – Louis de Funès.

Heureusement les acteurs sont très bien. Et Jean-Paul Belmondo montre qu’aucun genre de film ne lui est étranger. Et qu’il s’adapte à tous avec une aisance incroyable. Par un sens inné du timing et de l’improvisation, héritage de sa formation théâtrale, est capable de sauver une scène un peu balourde (le lit dans le camion) par une pirouette rapide en toute fin: un salut deux baise-main et hop!, on oublie tout ce qu’il y avait précédemment.
Silvia Monti, hélas joue les utilités sexy, mais son personnage qui semblait avoir une grande importance jusqu’au casse du train est totalement sacrifié par la suite.

Georges Delerue en petite forme sur ce film (ou avec la bride au cou) ne parvient pas à trouver une musique mémorable. Elle est fagocytée par la chanson « The brain » interprétée par le groupe The American Breed.

Le film ne plaît pas à la Paramount qui bien entendu le charcute en dépit du bon sens comme souvent dans les années 1960-1980 et le distribue en catimini. Résultat le film est un cinglant échec aux Etats-Unis.

En France le film fait 5 millions d’entrées ce qui est beaucoup. Bien que très en deçà des succès phénoménaux de ses deux films précédents.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Arthur est entré chez le colonel en passant par le balcon sur lequel un chat nommé « Pompon » a été laissé par ses propriétaires. Camouflé sous une table, la panthère du colonel qui a senti Arthur grogne. Ce dernier qui ne voit pas l’animal pense qu’il s’agit de Pompon. Avec peu d’effets Gérard Oury trouve son meilleur gag.

L’ANECDOTE

Gérard Oury racontait volontiers cette anecdote :

Un jour qu’Alain Poiré est de passage sur le plateau, Gérard Oury lui dit :

« C’est fou ce que je m’amuse !».

Ce à quoi le producteur lui répond :

« Tu as des amusements coûteux !».

NOTE : 11/20

 

Video & Photo

1 videos 13 photos

Write a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *