Synopsis

1873, dans une petite bourgade du Nouveau-Mexique, un métis est accoudé à un comptoir de bar. Personne ne veut le servir et le shérif présent dans le bar l’insulte par des propos racistes. Le métis l’abat, en situation de légitime défense et s’enfuit. Une chasse à l’homme est menée par un certain Quincey Whitmore, ancien capitaine de l’armée confédérée. Pour traquer l’indien, il ressort son haut d’uniforme et son chapeau. Il fait le tour des fermes alentours pour recruter des volontaires. Treize hommes se lancent à la poursuite de Chato…

CRITIQUE

Que dire de l’affiche française du film si ce n’est qu’elle est moche et reprendre l’affiche américaine aurait été de meilleur aloi; et que dire du titre du film si ce n’est que de collines il n’y en a guère, de collines il n’y en a pas !

Western violent, âpre et sec comme le sable de la province d’Almería où a été tourné le film.
Michael Winner donne à son héros treize répliques. En revanche les poursuivants sont bien plus bavards. Entre les souvenirs de la guerre de Sécession et une défaite difficile à avaler, les déclarations d’intention (mettre la main sur le métis et le pendre), les constats d’échec de leur tactique, tout cela nous donne un film contrasté selon le point de vue.

Le spectateur comprend très vite que Chato va les faire tourner en bourrique dans un premier temps. Au moment du viol de la femme de Chato et la mort brutale de son frère, il sait qu’il va les décimer. Chato quitte ses vêtements « civilisés » et son chapeau, pour le pagne indien et le bandeau.

Le film tient en haleine par la tension qu’il installe quand un ennemi invisible frappe quand il le décide.
Et en cela le film a certainement dû rappeler à certains américains les conditions de survie des G.I.’s dans la jungle vietnamienne.
L’intention de Michael Winner n’était peut-être pas de faire de ce film une parabole de la guerre du Vietnam qui pourtant est dans toutes les têtes. Les manifestations contre la guerre en 1971 deviennent de plus en plus nombreuses et rassemblent de plus en plus de participants (vétérans, familles de soldats et pacifistes).

Dans la bande des treize poursuivants, à force d’échecs et de pertes, certains aimeraient d’ailleurs arrêter les frais et rentrer au bercail. Mais Michael Winner montre que le fanatisme est le plus souvent ce qui l’emporte sur des esprits plus rationnels. Quitte à ce que le parti le plus exalté élimine les plus timorés.

Les scènes de violence sont légion et même lorsque celle-ci sont hors-champs (quand un des poursuivants est retrouvé mort, attaché et le bas-ventre brûlé) le spectateur ne peut que reconstituer ce qu’il n’a pas vu. En cela le film reprend les codes du western italien qui a réinjecté de la violence et du cynisme.
Parfois le sadisme est convoqué : un des poursuivants meurt dans une longue agonie suite à une blessure, Chato jette à la figure d’un des hommes un serpent à sonnette, qui le mord, et le regarde mourir. Le frère de Chato est blessé puis brûlé vif.

Le rôle de Jack Palance surprend parce qu’on aurait pu croire que ce serait lui le méchant du film, mais non, dans ce rôle ce sont trois frères racistes, ignobles et bas du front qui l’endossent. Il a un rôle de nostalgique parfois avec des sentences poétiques et il fait tampon entre les fous furieux et les moins investis dans la poursuite.
Charles Bronson, qui tourne pour la première fois avec Michael Winner, cinéaste britannique qui a fait carrière à Hollywood, trouve en ce réalisateur son futur pourvoyeur de rôles. Ils tourneront six films dont « Le flingueur » (« The mechanic« ) (1972), « Un justicier dans la ville » (« Death wish« ) (1974).

Les paysages arides de la province d’Almería jouent un rôle primordial. Michael Winner prend le temps de filmer des couchers de soleil magnifiques.

La musique de Jerry Fielding est très percussive et pas vraiment mélodique. Elle rappelle les instruments de musique indiens à base de tambours mais aussi les coups de fusil.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE 

La scène d’ouverture dans le bar. Les évènements se déroulent comme décrits dans le synopsis. Mais ensuite, le spectateur comprend que Chato savait qu’il serait mal reçu dans cette ville peuplée d’anciens sudistes, racistes et ségrégationnistes. Et qu’entrer dans ce bar et commander un whisky en présence du shérif de la ville était sûrement une provocation de sa part. L’énigme étant : dans quel but ?

L’ANECDOTE

On sait que les chevaux n’ont pas été traités dignement sur le tournage. Des câbles étaient attachés aux pattes des chevaux lancés au galop pour les faire chuter violemment au sol. Cette technique provoquait régulièrement des fractures des membres ou du cou. Plusieurs chevaux ont trébuchés, poussés volontairement le long de collines escarpées et rocheuses. Les chevaux gravement blessés lors de ces chutes non simulées étaient abattus ou euthanasiés directement sur le set.
Certains cadavres laissés aux vautours pour tourner les images des volatiles sur les chevaux.
Le tournage se passait hors juridiction de l’American Humane Association (AHA) association de défense des animaux. Le tournage s’est fait sans régulation et sans éthique vis-à-vis des chevaux.

NOTE : 14/20

Video & Photo

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