Synopsis

Gauthier Valence acteur dont la carrière est ascendante a décidé de monter la pièce de Molière « Le misanthrope ». Il veut pour partenaire Serge Tanneur. Mais il est retiré du métier d’acteur, et a fui Paris pour l’île de Ré. Gauthier veut faire l’aller retour dans la journée pour pouvoir assister à un repas important avec ses producteurs. Mais convaincre Serge Tanneur n’est pas chose aisée : malgré qu’Alceste soit le rôle dont il a rêvé toute sa carrière, celui-ci commence par lui dire non, puis à force d’insistance se met d’accord pour une lecture italienne le lendemain. Gauthier n’a plus qu’à annuler son repas et à se chercher un toit…

CRITIQUE

Si l’on excepte le passage en-costumé qui n’est pas si réussi, le film est une bonne comédie où l’on rit de bon cœur.

A la rencontre d’un acteur sur la voie de la misanthropie et retiré sur l’île de Ré, qui commence a être un peu désargenté, et un acteur à la gloire ascendante qui pour mettre du beurre dans les épinards tourne dans des séries télévisées un peu bécasses mais qui rencontrent un succès populaire. Cette popularité lui permettant de s’affranchir de ces tournages sans intérêt autres que financiers pour viser un des plus somptueux textes classiques et de la littérature en général.

Sur le plan de la réalisation peu de chose à dire.
Philippe Le Guay se contente de s’appliquer à filmer son scénario et ses deux acteurs qui se tournent autour. L’un a une idée bien arrêtée sur l’interprétation de la pièce, quand l’autre veut juste par admiration ramener avec lui à Paris celui qu’il est venu chercher. Mais les deux veulent jouer Alceste.

Vient se greffer sur le film quelques savoureuses scènes avec un marchand de biens immobiliers, un taxi dont la mère est malade, une belle italienne, une vasectomie ardemment désirée et une jeune actrice de films pornographiques qui relèvent la sauce et aèrent le film. Lui évitant d’étouffer le spectateur sur les seules répétitions de la scène 1 de l’acte 1 de la pièce de Molière.

Maya Sansa illumine de sa présence ce duo d’acteurs, et fait changer le sens de la gravitation du film. Les deux acteurs (Fabrice Luchini et Lambert Wilson) deviennent deux coqs qui tournent autour d’elle.
L’interprétation de Fabrice Luchini qui s’est assagi avec le temps et fait moins l’histrion qu’il y a quelques années auparavant, est tout à fait remarquable. Il incarne Alceste avec une belle aisance et se fait le défenseur de l’alexandrin avec panache.
Lambert Wilson en acteur en mal de reconnaissance intellectuelle, et à la vie privée compliquée, contraste merveilleusement avec son partenaire.

Reste l’île de Ré repaire de la bourgeoisie parisienne qui devient invivable en été tout en faisant flamber l’immobilier. Le tournage s’étant déroulé hors saison, on peut être séduit par le décor naturel.

La musique de Jorge Arriagada qui a certains accents (notamment ces magnifiques pizzicatii de cordes) de celles qu’à composées Paolo Buonvino, propose une BO de grande classe.

 

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Serge et Gauthier visitent une maison à vendre. La propriétaire italienne est dans les lieux. Et d’humeur massacrante. Quand l’agent immobilier les présente et lui dit qu’ils sont acteurs elle leur réplique qu’elle n’aime pas les acteurs. Il ne leur reste plus qu’à partir.

L’ANECDOTE

4ème film de Fabrice Luchini avec le réalisateur Philippe Le Guay. Il a tourné « L’année Juliette » (1995), « Le coût de la vie » (2002) et « Les femmes du 6ème étage » (2011). C’est lors d’une discussion entre l’acteur et le réalisateur sur leur dernier tournage que l’idée d’un film sur le personnage d’Alceste leur est apparue comme une évidence cinématographique.

NOTE : 15/20

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