Synopsis

Petite ville du Missouri années 2010, Nick Dunne passe une partie de la matinée dans son bar avec sa sœur jumelle qui est la gérante. Mais un coup de fil de son voisin le fait revenir à la maison. Son chat est dehors. Nick rentre chez lui pensant y trouver Amy sa femme écrivaine. Mais des traces de lutte suspectes et la disparition d’Amy amènent Nick à appeler la police locale. Celle-ci ne tarde pas à arriver et commence immédiatement une enquête. Mais Nick est-il vraiment le mari amoureux de sa femme qu’il prétend être?…

CRITIQUE

Film hitchcockien en diable.

Les apparences sont trompeuses, les perversions sont multiples. Dans le couple formé par Nick et Amy, chez les parents d’Amy qui ont fait de leur fille une héroïne de papier.
Perversion des médias qui montent en épingle les faits divers et accusant tel ou tel sur la base de comportements avant que la moindre preuve ne soit mis en évidence. Puis reposant sur un piédestal celui que la veille encore ils vouaient à la chaise électrique.
Perversion du système judiciaire où avant qu’un avocat n’ouvre un dossier il commence par empocher la modique somme de 100 000$ et dont les actions ne méritent pas les sommes réclamées.
Perversion de l’Amérique en générale machine à fabriquer des psychopates, des asociaux, des déréglés sexuels, et de la violence en tous genres. Machine à fabriquer aussi de la misère par son système capitaliste débridé marginalisant ainsi une grande partie de la population.

Le portrait du couple et de l’Amérique sont un jeu de miroirs que David Fincher avec son indéniable talent met en images.
Sa caméra a bien sûr l’élégance qu’il a eu sur ses opus précédents « Seven » (1995) ou « Zodiac » (2007).

Gillian Flynn adapte elle-même le scénario sur la base de son roman. Magnifique travail.

 

Ben Affleck parvient malgré son physique lisse à faire de son personnage un homme ambigu. Qui devient même suspect au yeux de sa soeur jumelle.
Quant à Rosamund Pike à la blondeur hitchcockienne, incarne incroyablement une femme avec d’énormes failles psychologiques, manipulatrice de haut vol et psychopathe d’anthologie.

Il faut remercier Gillian Flynn et David Fincher pour ne pas avoir cédé à la tentation du happy-end.

La musique de Atticus Ross et Trent Reznor est très discrète. Quasiment un phénomène dans ces années de bruits et de fureurs musicales imposées par les Hans Zimmer, Klaus Badelt, John Powell et consorts.

 

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Nick en découvrant les objets que sa femme a acheté avec la carte bleue met comprend enfin l’étendue de la machination dont il est la victime. Le film bascule en faveur de Nick alors que jusqu’à présent, le spectateur le voyait de façon défavorable.

L’ANECDOTE

Flynn Gillian s’est vue reprocher par les féministes militant(e)(s) d’être trop proche des « thèses masculinistes » ainsi :  « Amy incarne le cliché patriarcal de la perversion féminine idéale, qui utilise la violence psychologique, prétendue arme favorite des femmes, pour humilier et blesser son mari. […] Nick apparaît comme un pauvre homme victime des femmes, de sa folle de bien-aimée d’abord, mais aussi du personnage-type de l’horrible harpie de journaliste qui l’accuse sans preuve devant des millions de téléspectateurs, et même de la policière avertie qui l’abandonne finalement à son triste sort. »
Ainsi va le monde…

NOTE : 16/20

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