MAFIA TUE SEULEMENT L’ÉTÉ (LA)
- Alex Bisconti, Antonio Alveario, Barbara Tabita, Claudio Gioé, Cristiana Capotondi, Ginevra Antona, Maurizio Marchetti, Ninni Bruschetta, Pierfrancesco Diliberto, Roberto Burgio, Rosario Lisma, Totò Borgese
- Pierfrancesco Diliberto
- Biographie, Comédie dramatique, Mafia
- 2013
- La mafia uccide solo d'estate
- Italie
- Pierfrancesco Diliberto
- Santi Pulvirenti
Synopsis
Arturo est un petit palermitain. Il a été conçu la nuit du pendant le massacre de Viale Lazio durant laquelle meurt Michele Cavatoio dit « Le Cobra » pour son arme de poing. Il est baptisé par le père Giacinto très lié au mafieux Vito Ciancimino et qui mourra 10 ans plus tard assassiné. Son premier mot il le sort alors que le père Giacinto venu bénir la famille quitte l’appartement. Il pointe du doigt le pretre qui s’en va et dit « Mafia ». Il apprend certains meurtres d’un policier et d’un journaliste. Mais on lui dit que ce n’est pas la mafia mais qu’ils couchaient avec des femmes qu’ils ne devaient pas fréquenter. Arturo est à l’école primaire et tombe amoureux de la belle Flora. Mais il est aussi un fan de Giulio Andreotti…
CRITIQUE
Le film de Pierfrancesco Diliberto étonne par son ton. Mélanger la comédie et les assassinats « politiques » de la mafia sicilienne dans les années 1970-1990 relève de la gageure. Défi relevé et réussi.
Le film ne tombe jamais dans la caricature et les scènes des méfaits de la mafia sont filmées « sérieusement ». La comédie tourne autour de ces scènes qui égrènent la vie d’un gamin amoureux d’une camarade de classe.
Le film respecte donc les victimes de la mafia (notamment par le biais des images d’archives, insérées au bon moment dans le film). La mort des victimes se passe hors-champs.
Seule la mort du député européen Salvo Lima qui avait des accointances mafieuses est filmée et soulignée d’une valse intentionnellement ridicule.
Pierfrancesco Diliberto fait donc « un tri » des morts. Les mafieux et corréligionnaires vs ceux qui les pourchassent et les morts collatérales.
Il ajoute son grain de sel dans la destruction de l’image de Giulio Andreotti, politicien de la Démocratie Chrétienne indéboulonnable et ministre multicarte (intérieur, finance, défense, commerce artisanat et industrie, budget, relations extérieures et 3 fois président du conseil des ministres) entre les années 1955 et 1992.
PIF (tel est le surnom de scène du réalisateur) présuppose que l’éducation des italiens sur l’histoire politique et de la mafia sicilienne est acquise. Et donc parsème son film d’évènements, en principe connus de tous, sans s’appesantir. Ce qui lui permet de vite repasser sur le ton de la comédie romantique.
Il signe ainsi un film atypique mais remarquable d’intelligence qui démontre par la bonne humeur que c’est la mafia qui a régi les vies des siciliens depuis les années 1960.
Très bonne musique de Santi Pulvirenti.
LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE
Suite à la mort violente de son ami Salvo Lima, Giulio Andreotti réagit depuis Rome. La froideur du politique semble contredire les paroles émises. L’oraison funèbre d’Andreotti est totalement lunaire. Ces images d’archive insérées dans le film prennent une dimension politique et historique qu’elles n’avaient pas à chaud. Elles annoncent la perte d’influence de la DC sur la vie politique et l’opération judiciaire Tagentopoli qui les semaines suivantes va mettre à bas la première République italienne et emporter la DC (et autres partis) dans les décombres de l’histoire.
L’ANECDOTE
Le film connaît une reconnaissance critique et publique. Le réalisateur est primé et le scénario reçoit un Golden Globe.
NOTE : 16/20