Synopsis

Texas, ville de Cottonwood Springs, le marshall Frank Patch est en place depuis bien longtemps. Il se fait vieux mais refuse de quitter son poste. Un soir le marshall abat un homme ivre, violent en légitime défense. Mais pour les édiles de la ville, c’est un mort de trop sur le compte de l’homme chargé de maintenir l’ordre et la loi. Ils aimeraient s’en débarrasser. Ceux-ci jugent que son efficacité indiscutable est par trop souvent au prix de la violence. Et ces manières n’ont plus lieu d’être dans une ville en plein développement économique…

CRITIQUE

Western peu connu, mais pourtant remarquable.

Malgré son titre français tiré dans un chapeau de références au western léonien « Pour une poignée de dollars » et des difficultés du tournage, le film est un bon western et une réflexion sur la fin des légendes dans l’ouest conquis, et qui ne demande plus qu’à prospérer.

Pour cela il faut mettre un beau mouchoir dans la poche au fond de laquelle s’entremêlent, sécurité, violence, corruption, chantage, lâcheté. Et pour que le capitalisme triomphe il a besoin d’un minimum de tranquillité.
Hors un marshall efficace mais avec des méthodes de pistolero, ne donnera jamais à la bonne ville de Cottonwood Springs cet air sexy nécessaire pour attirer les investisseurs.

Ainsi disparaissent les héros et leur légende dans un Ouest domestiqué et par un ultime grand baroud d’honneur.

Le scénario de Joseph Calvelli penche nettement du côté du marshall et de sa justice (certes expéditive) contre les capitalistes représentés comme des girouettes, des lâches et des comploteurs envers un ordre qu’ils avaient eux même plébiscité des années auparavant.

Film crépusculaire dans lequel Richard Widmark est absolument génial. Sa représentation du pistolero droit dans ses bottes est exemplaire et donne au film toute sa puissance.

Oliver Nelson signe une musique influencée par les airs qui en ces années déferlent sur les écrans dans les westerns italiens dits « spaghettis ». Et dont les chantres sont Ennio Morricone, Piero Piccioni, Bruno Nicolai et Luis Enriquez Bacalov.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Après la dernière tuerie, le marshall fraîchement marié se rend à l’église blessé sérieusement pour rendre hommage à la veuve de celui qu’il descendu au début du film et dont c’est la messe d’enterrement. Belle scène écrasée par le soleil.

L’ANECDOTE

Tourné par Robert Totten pendant 25 jours, Richard Widmark qui ne s’entendait plus avec le réalisateur demande son remplacement. C’est Don Diegel qui vient de signer « Police sur la ville  » (« Madigan ») (1968) et « Un shérif à New York » (« Coogan’s bluff« ) (1968) qui reprend le tournage pour 10 jours. Comme Don Siegel refusait d’endosser la réalisation du film quand Robert Totten avait tourné plus de la moitié du film. Robert Totten, lui, a refusé par amour-propre. Pour la première fois la Guilde des réalisateurs (DGA) autorise la sortie d’un film sous un pseudonyme: Alan Smithee. Ce pseudo resservira encore plusieurs fois.

NOTE : 15/20

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