Synopsis

Années 1990 dans une ville de province italienne, Luciano Sandulli professeur de littérature pour les classes de terminale et nègre d’un écrivain, perd son travail de nègre l’écrivain ayant selon ses dires retrouvé l’inspiration. Cela tombe mal car sa maison qui a une valeur historique tombe en ruine et il a besoin d’argent pour investir dans les travaux. Mais Cesare Botero un homme politique de la majorité et « ministre de la participation de l’Etat » le recrute pour lui écrire ses discours car des élections législatives se profilent. Luciano  rencontre à Rome le ministre Botero et accepte le travail proposé. Très vite, l’argent liquide tombe dans ses poches, sa maison est classée monument historique et sa femme reçoit une offre de mutation dans le meilleur collège de Rome…

CRITIQUE

Ce film s’adresse plutôt a des spectateurs initiés à la vie politique italienne.

Il dénonce des pratiques politiques (enrichissement personnel, caisses noires, clientélisme, collusion mafieuse, trafic de bulletins de vote, financement de partis illicite…) qui seront mises à jour quelques semaines après la sortie du film avec les enquêtes du pool judiciaire de Milan dit: « mains propres » (mani pulite), qui firent une série d’enquêtes nommées par l’organe de presse « La Reppublica » Tangentopoli.
Ces affaires mises à jour par le pool milanais de juges à la tête duquel on trouve Antonio di Pietro firent disparaître des partis historiques comme la Démocratie Chrétienne (DC) ou le Parti Socialiste Italien (PSI). Des hommes politiques furent déchus. Parmi eux Benito Craxi (PSI) dût fuir l’Italie.

Pour en revenir au film, Daniele Luchetti sur le ton de la comédie qui comme toujours en Italie prend un aspect noir, met à jour ce qui ne fait plus l’ombre d’un doute pour les italiens : leur système politique qui a connu 50 ans de pouvoir partagé entre la DC et des partis centristes ou réformistes est totalement vérolé par des hommes en place depuis trop longtemps, corrompus et déphasés face à la vie de leur concitoyens.

Daniele Luchetti fait appel au candide Silvio Orlando qui découvre de près ce système d’abord séduit par les facilités de vie qui lui tombe dessus. Cet acteur un peu lunaire fait profiter son personnage imprégné de littérature qui voyant la corruption régnante d’un monde sans culture finit peu à peu par se poser les bonnes questions et par refuser cette vie de voyou à col blanc.
Quant à Nanni Moretti en homme politique ambitieux, soupe-au-lait et qui fait tourner à plein rendement les trafics en tous genres hérités de ses prédécesseurs il est tout simplement excellent. La présence de Anne Roussel dans ce film où elle annone un italien scolaire est par contre plus énigmatique si l’on excepte les nécessités de la coproduction italo-française.

La bonne musique de Dario Lucantoni accompagne ce film salutaire.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Luciano Sandulli prend la place de Cesare Botero lors d’une permanence où il reçoit les doléances des concitoyens. Tous les petits arrangements, et trafics divers lui sautent à la figure. Silvio Orlando en fait un beau moment de comédie amère.

L’ANECDOTE

Daniele Luchetti a été l’assistant de Nanni Moretti sur les films « Bianca » et « La messe est finie« .

NOTE : 15/20

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