Synopsis

Vienne (Autriche) 1957, Maximilian Theo Aldorfer, le gardien de nuit d’un hôtel de luxe, reconnaît en une cliente femme de chef d’orchestre une ancienne détenue juive avec laquelle il a eu des relations sadomasochistes. Lucia Atherton c’est ainsi qu’elle se nomme l’a aussi reconnu. Maximilian Theo Aldorfer qui officiait dans la SS appartient a un groupe d’anciens nazis qui tentent d’échapper à la justice internationale en faisant disparaître des preuves de leur culpabilité dans l’extermination des juifs dans les camps. Tandis que Lucia, laisse son mari poursuivre sa tournée, Maximilian assassine un témoin de ses exactions…

CRITIQUE

Si le film a fait scandale à son époque, avec le recul, on peut dire que Liliana Cavani et ses scénaristes Barbara Alberti et Italo Moscati ont tout fait pour.

Introduire des relations d’amour déviantes entre un bourreau nazi et sa victime juive, il fallait oser à peine 30 ans après le traumatisme de la guerre de 1939/1945 et des plaies encore béantes, les témoins de l’holocauste étant toujours vivants.
Faire le scandale cela peut être salutaire mais encore faut-il avoir un but. Les auteurs veulent ils démontrer que l’âme humaine est à la base perverse même chez les victimes de personnes dont la perversion confine à la folie meurtrière.
Alors l’exercice est maladroit. D’autant que si sur le fond (la nécessité de faire scandale) on peut encore trouver quelque excuse, sur la forme, la maladresse ressemble furieusement à de l’amateurisme.

Liliana Cavani est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, sabotant tout sur son passage. On a vraiment du mal à supporter les flashbacks tellement ils sont mal fichus et d’une esthétique douteuse.
De plus la psychologie du personnage qu’interprète Charlotte Rampling est selon moi assez sommaire.
De même la réunion d’anciens cadres nazis vivant à Vienne à demeure semble hautement improbable. Ces gens là avaient plutôt à cœur de se terrer ou de se fondre dans la masse, non pas de se réunir qui plus est en Europe.

Le film souffre aussi du fait que le spectateur a bien du mal a s’identifier à l’un ou l’autre des personnages. Ce manque de reconnaissance de nous mêmes dans les personnages, nous emmène sur une vision clinique de faits sexuels sans la moindre connotations érotiques. Et ça c’est pas vraiment jouissif.

La fin du film est elle aussi hautement improbable: le portier de nuit se baladant avec sa victime consentante en costume SS dans les rues de Vienne.
Le film a deux points forts d’une part la composition de Dirk Bogarde qui est exceptionnelle, d’autre part (à l’exception des flashbacks) la photographie de Alfio Contini dans les gris d’une Vienne décrépite.

La musique de Daniele Paris valse lentement avec une orchestration qui rappelle la musique juive (clarinette, et petite percussion).

 

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

Lucia alors prisonnière dans un camp, chante et danse pour les cadres nazis du camp, le torse nu une casquette de l’armée allemande sur la tête, un pantalon d’homme qui tient par des bretelles. Le summum du mauvais goût.

L’ANECDOTE

Bien entendu le film fut un tollé général. Et un succès en salles.

LA NOTE : 12/20

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