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Synopsis

Amérique, après la proclamation d’indépendance du 4 juillet 1776. Tout juste mariés, Lana et Gilbert Martin partent dans la vallée de la rivière Mohawk avec quelques affaires et une vache. La maison Gilbert est rustique et petite et dès le premier soir un orage les accueille. L’arrivée impromptue d’un indien christianisé nommé Bec d’Aigle et ami de Gilbert terrorise Lana qui ne sait si elle va pouvoir vivre dans ces conditions de dureté et de précarité. Les colons restés fidèles aux Britanniques et dirigés par William Caldwell, utilisent les Indiens pour mettre la vallée à feu et à sang et chasser les colons qui veulent l’indépendance, lesquels ont créé une milice dans laquelle Gilbert s’enrôle. Les Martin très vite perdent maison et récolte et doivent trouver refuge chez une vieille dame qui les accueille contre du travail…

CRITIQUE

On aurait pu appeler ce film « Naissance d’une nation ». Mais depuis 1915 et D. W. Griffith le titre était déjà pris.

John Ford laboure ses thèmes favoris: La suprématie du destin de la communauté sur le destin individuel. Mais aussi l’image de ce que sont les Etats-Unis pour John Ford:  un pays multi ethnique mais dont chaque membre de la communauté est prêt à défendre le drapeau.
Effectivement le film montre comment des colons fermiers se défont de l’emprise coloniale britannique pour parvenir à l’indépendance, par le courage et le sacrifice dans une guerre fratricide et qui mèle les tribus indiennes dans ce conflit, comme main d’oeuvre de violence.
La présentation du drapeau à la fin du film est en cela remarquable.

Il faut ajouter que le film est tourné en 1939. Le conflit en Europe contre l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste va bientôt débuter et John Ford donne l’impression de dire à ses compatriotes, à travers ce film qui exalte la résilience, le combat et la victoire sur le mal, qu’il va falloir se préparer à des temps difficiles de sacrifices.

En 1939 John Ford ne considère que les indiens ayant fait l’acte de christianisation comme Bec d’Aigle, les autres ne sont encore que des sauvages pourvoyeur de mort violente.
Ce discours changera en 1956 avec son chef d’oeuvre « La prisonnière du désert » (« The searchers« ) et de façon encore plus claire dans son dernier western « Les cheyennes » (« Cheyenne autumn« ) en 1964.

John Ford s’appuie sur Henry Fonda qui à l’époque est son acteur fétiche jusqu’au « Massacre de Fort Apache » (« Fort Apache« ) (1948) où il semble qu’un passage de flambeau ait eu lieu entre Henry Fonda et John Wayne. L’importance des seconds rôles est toujours la règle pour ce film. Edna May Oliver, Ward Bond ainsi qu’Arthur Shields ont des rôles clefs dans le récit. Ils sont aussi les vecteurs de comédie.

Pour son premier film en technicolor, on peut dire que le réalisateur maîtrise parfaitement l’éclairage des scènes et les jeux de contrastes sur la photographie.
La bande annonce est en noir et blanc.

La musique d’Alfred Newman est dans les canons de l’époque sur le plan orchestral. On détachera cependant une illustration époustouflante dans le paragraphe suivant.

LA SCÈNE D’ANTHOLOGIE

La course poursuite à pied à travers forêts et plaines de Gilbert Martin par trois indiens. Moment intense de suspens. Photographie superbe. Et accompagnement musical remarquable.

L’ANECDOTE

Pour donner plus de sens spectaculaire à son film, John Ford utilise la technique du plan large et fixe avec au premier plan les assaillants qui surgissent à l’écran. Puis qui avancent vers le Fort tout en haut de l’image, puis occupent ainsi le second plan au fur et à mesure, et enfin la quasi entièreté de l’image.
Messieurs les agités de la caméra prenez-en de la graine!

NOTE : 16/20

Video & Photo

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